Le 13 mars 2024 | Mis à jour le 14 mars 2024

Les soldats de plomb, des pièces de collection recherchées aux enchères

par Magazine des enchères

Depuis 200 ans, les enfants sont les généraux d’armées de plomb très sophistiquées, élaborées par de nombreux fabricants. Leurs anciens jouets sont devenus des pièces de collection recherchées. Retour sur la saga de ces petits soldats à travers un florilège des prochaines ventes aux enchères.

 

L’histoire des soldats de plomb débute au XIXe siècle. C’est l’entreprise française Lucotte qui fixe le standard de 54 mm de hauteur pour ses soldats, une taille qui devient dès lors la norme pour tous ceux qui proposent des figurines en étain et plomb en trois dimensions. « Ensuite, pendant plus d’un siècle, le grand fabricant historique sera CBG, une entreprise fondée en 1825, qui devient CBG Mignot en 1903 », précise Frédéric Marchand. Le spécialiste s’est chargé de l’expertise des 250 lots de la vente qu’animera le commissaire-priseur Antoine Petit le 16 mars à Epernay.

 

Les soldats de plomb CBG, Elastolin et Britain

La vacation prévue à Epernay compte plusieurs soldats fabriqués par CBG, une entreprise qui a la particularité d’avoir produit, avec toujours beaucoup de soin, à la fois des figurines militaires et civiles (personnages de la ferme, du zoo…), offrant ainsi une image en trois dimensions de la société du moment. Pour exemples dans la vente du 16 mars : un lot composé d’un attelage à quatre chevaux « promenade aux Tuileries » et d’un diorama sur le tennis des années 1960 (80 à 100 euros) côtoie un ensemble de 15 figurines de soldats d’Infanterie du Premier Empire (100 à 120 euros). 

Mais attention, ces figurines en ronde bosse de 54 mm ne sont pas seules sur le marché ! « Il faut également citer la marque allemande Elastolin, qui a produit des petites figurines en composition, un mélange de plâtre, de sciure de bois et de colle », ajoute Frédéric Marchand. Ces jouets ont notamment servi d’outils de propagande durant la Seconde Guerre mondiale, à l’image du lot comprenant 52 figurines de l’armée allemande et deux maréchaux Goering (20 à 300 euros). 

N’oublions pas non plus Britain, « un fabricant anglais qui décide au début du XXe siècle que pour économiser sur le métal, il va produire des sujets creux en demi-ronde bosse », détaille l’expert. Britain s’est spécialisé dans les deux guerres mondiales, et est à l’origine du lot de soldats anglais et chameaux présenté au cours de la vente (40 à 50 euros). 

 

 

Les peintures fines, un univers à part

L’experte Virginie Ouzhene a de son côté travaillé avec la maison Phidias sur la vente du 19 mars. Elle tient à mettre en valeur l’univers très particulier des figurines « peintures fines » : « C’est un mouvement qui commence à se développer dans les années 1930 et prend de l’ampleur dans les années 1950, des artistes décident de peindre eux même à la main les figurines qu’ils font fabriquer. »

Parmi les plus recherchés, elle cite Métayer, Renaud ou encore Ballada. Guy Renaud est, dans cette vente, l’auteur de 25 figurines et lots très détaillés, avec une prédilection pour les représentations de chouans : personnage au drapeau de La Rochejaquelein portant l’inscription « Vive Louis XVII » (70 à 80 euros) ou figurine du général royaliste Monsieur de Charette (70 à 80 euros). « Guy Renaud sculptait, moulait et peignait ses figurines, ajoute l’experte, il respectait très scrupuleusement les détails des uniformes et ne faisait jamais d’erreur. » Ces artistes travaillaient parfois sur commande, réalisant des scènes complètes de batailles ou d’événements historiques, mais leur production est restée limitée : « Il existe une scène représentant un chouan abattu dans une barque avec un prêtre, je l’ai vue en photo, mais jamais en vrai », regrette Virginie Ouzhene. 

 

 

Les figurines des guerres napoléoniennes, une valeur sûre

« Le Premier Empire, les guerres napoléoniennes, c’est le plus demandé, estime Frédéric Marchand, car cela concerne les passionnés d’histoire, les amateurs de Napoléon, ceux qui s’intéressent au militaria, aux jouets, ceux qui veulent créer des dioramas de scènes de bataille… » Il souligne que le rapport de valeur entre figurines anciennes et récentes est en général de 1 à 5 : autour de 25 euros pour un piéton CBG et 6 euros pour un Del Prado. Et que les prix montent un peu lorsqu’il s’agit de batailles méconnues, telles que la guerre du Tonkin (années 1880).

Pour Virginie Ouzhene, « le marché s’essouffle un peu sur les modèles plus courants, y compris les Lucotte ou les CBG. En revanche, les peintures fines sont recherchées par les historiens, les militaires, et les grandes familles qui souhaitent des pièces portant leur blason… Et certaines s’envolent jusqu’à plus de 1 000 euros ! » Dans sa vente du 3 octobre dernier, Phidias a effectivement adjugé un chevalier portant l’étendard de Louis Ier de Bourbon sculpté et peint par Roman Ruchkin à 1 400 euros. 

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