Porteuses d’histoire, les monnaies anciennes font également office de valeur refuge pour les investisseurs suivant la hausse du cours de l’or. Découvrez les valeurs sûres du marché de la numismatique, des monnaies gauloises et grecques aux monnaies royales et chinoises, et suivez les conseils de l’experte Françoise Berthelot-Vinchon pour bien démarrer sa collection.
« Tout se vend très bien dans notre univers en ce moment », se félicite l’experte Françoise Berthelot-Vinchon. Elle organise plusieurs fois par an, avec la maison Phidias, des ventes fleuves de plusieurs centaines de pièces.
Les raisons de cet engouement sont moins joyeuses : « dans les temps incertains, les monnaies anciennes font office de valeur refuge, plusieurs siècles après leur émission, elles ont toujours de la valeur… ». La hausse du cours de l’or, du fait des incertitudes internationales, doit également être calculée : « les monnaies que nous proposons en vente valent bien plus que leurs poids en or car elles sont porteuses d’histoire, mais pour les pièces anecdotiques, leur valeur est estimée en fonction du cours de l’or, particulièrement élevé en ce moment puisque nous sommes à plus de 90 000 euros le kilo ».
Les prix des monnaies gauloises grimpent
Quelques tendances se dessinent dans cet univers qui n’est pas à l’abri des modes. A la hausse, les monnaies gauloises, en or, argent, bronze ou électrum (alliage naturel d’or et d’argent). « Ce sont les seuls témoins de l’histoire des gaulois, cette civilisation n’a pas laissé d’écrits. Avec un minimum d’outils, les gaulois ont interprété les monnaies grecques et ont su se montrer très inventifs ».
Pour exemple, en décembre dernier, un Bituriges Vivisci de la région de Bordeaux, IIIe ou IIe siècle av. J.-C à l’imitation du statère de Philippe de Macédoine, était adjugé 3 968 euros par la maison Phidias. En mai, l’experte avait estimé entre 8 000 et 10 000 d’euros une Vénètes de la région de Vannes, IIe siècle av. J.-C en or, illustré d’une belle représentation de cheval marin.
Par PHIDIAS à Paris le 04/12/2024 : BITURIGES VIVISCI région de Bordeaux IIIe siècle – IIe siècle avant J.-C.
Large tête laurée à droite de type apollinien, les cheveux bien rangés en mèches. R/. Bige de chevaux conduit à droite par un aurige. Dessous, trident. II sous une ligne de base.
DT 3612 ; BN 3432 ; Sills 9 ; Castelin (Zurich) 370
Statère d’or « au trident ». (8,42 g) Type de Pons Saint Eanne du Trésor dit de Gironde.
Rare. Flan large. Très bel exemplaire.
Par PHIDIAS à Paris le 21/05/2025 : VÉNÈTES Région de Vannes IIe siècle avant J.-C. Tête à droite, les cheveux disposés en rouleaux et sommée d’un cheval marin. Cordon perlé au pourtour. R/. Cheval androcéphale conduit à droite par un aurige tenant le vexillum. Dessous, personnage ailé couché à terre. */* DT 2115 et ss ; LT 6830 Statère d’or « au cheval marin ». (7,17 g) Monnaie rare et bien centrée. Très beau.
Par PHIDIAS à Paris le 21/05/2025 : VÉNÈTES Région de Vannes IIe siècle avant J.-C.
Tête à droite, les cheveux disposés en grosses mèches et sommée d’un sanglier en cimier à droite.
Au pourtour, cordon perlé dont les extrémités sont terminées par de petites têtes humaines.
R/. Cheval androcéphale sans aurige galopant à droite, la chevelure disposée en trois grosses mèches
rebiquées. Dessous, rouelle bouletée à quatre rais.
*/* DT 2103 ; LT cf 6726
Statère d’or « à la roue ». Classe III. (7,63 g)
Type extrêmement rare. Légère éraflure sur une mèche de l’androcéphale. Superbe. Voir le lot
Par PHIDIAS à Paris le 21/05/2025 : ROYAUME DES SÉLEUCIDES
SÉLEUCUS Ier NICATOR 312 – 281
Tête d’Héraclès à droite, coiffée de la peau de lion. R/. Zeus
aëtophore assis sur un trône, tenant un aigle et un long sceptre.
Devant, tête casquée d’Athéna et sous le siège, croissant. Dans le
champ, YKO.
*/* Newell (Pergame) p.18, 5.11 ; Sear 308b
Tétradrachme d’argent du type d’Alexandre le Grand frappé
sous Philétaire* en 281 avant J.-C. (16,84 g)
Rare. Superbe.
*Philétaire est né vers 343 avant J.-C. et mort en 263 avant J.-C. Il fut gouverneur de la cité de Pergame et le fondateur de la dynastie hellénistique des Attalides, nommée ainsi d’après le nom de son père, Attale. Gouverneur d’Antigone le Borgne puis de Lysimaque, il impose l’indépendance de Pergame et pose les bases de la dynastie attalide en pratiquant l’évergétisme. Voir le lot
Par PHIDIAS à Paris le 21/05/2025 : ÎLE DE THRACE – THASOS 411 – 350
Satyre nu, ithyphallique, à demi-agenouillé à gauche, tenant un
canthare. R/. A[ – I]N. Amphore.
*/* Pozzi 1123
Obole d’argent. (0,72 g)
Patine irisée. Très beau.
Les satyres sont des créatures de la mythologie grecque. Associés aux féminines Ménades, ils forment le « cortège dionysiaque », qui accompagne le dieu Dionysos. Ils sont à l’origine représentés comme des créatures anthropomorphes à jambes de chevaux et oreilles de chevaux, souvent ithyphallique, avant d’être soit dé-bestialisé, soit transformés en hybrides mi-bouc. Voir le lot
Les monnaies royales, des valeurs sûres
Autre domaine actuellement en forme, les monnaies grecques. « C’est toujours un monnayage attractif, avec assez peu de moyens ils ont sorti des monnaies absolument exceptionnelles », admire Françoise Berthelot-Vinchon. Ces pièces font partie des monnaies les plus anciennes et sont souvent ornées de scène mythologiques, de nymphes, de dieux… Dans la vente orchestrée par Phidias le 21 mai dernier, on retrouvait ainsi une tête d’Héraclès sur un tétradrachme d’argent royaume des Séleucides (adjugé 1 984 euros), ou un satyre nu sur une obole d’argent de l’île de Thrace (adjugé 248 euros). Enfin, les monnaies royales à l’image des souverains français confirment leur place de valeurs sûres de ce marché. Chaque souverain en a fait frapper, et les infinies variétés de dessins, d’ateliers, de détails passionnent les amateurs.
Les enchères s’envolent pour les monnaies chinoises du XXe siècle
Mais faisons un saut dans les siècles pour arriver directement à d’étonnantes monnaies chinoises du XXe siècle, qui ont bousculé la vente de décembre dernier chez Phidias. « Il n’y en a pas beaucoup sur le marché, alors dès que nous en présentons, les enchères d’envolent », constate l’experte. Elle avait ainsi estimé autour de 200 euros un dollar fantaisie en argent à l’effigie du président Tsao Kun, commémorant l’adoption de la nouvelle Constitution… Il a été adjugé pour 32 240 euros.
Par PHIDIAS à Paris le 21/05/2025 : LOUIS XV 1715 – 1774
LUD XV D G FR ET NAV REX. Sa tête à gauche,
ceinte d’un bandeau. JCR sur la tranche du cou. Renard,
marque de M. Renard de Petiton. R/. SIT NOMEN
DOMINI BENEDICTUM. Quintefeuille, marque de
Georges Roëttiers et millésime. Écu de France ovale,
couronné, entre deux rameaux d’olivier. Dessous, lettre
d’atelier. Tranche inscrite en relief, DOMINE SALVUM
*/* Dy 1681 ; Gad 314
Pré-série du Demi-écu d’argent au bandeau 1741 Paris. (14,72 g)
Première année de frappe pour ce type. Superbe. Voir le lot
Par PHIDIAS à Paris le 21/05/2025 : LOUIS XVI 1774 – 1793
LUD XVI D G FR ET NAV REX. Ancre, marque de
François Séguy. Son buste nu à gauche. DUVIV. Sur la tranche du
bras. R/. CHRS REGN VINC IMPER. Pichet, marque Jean
Jacques Biollay. Millésime en fin de légende. Deux écus
rectangulaires aux armes de France et de Navarre. Dessous, lettre
d’atelier. Tranche fleuronnée.
*/* Fr 475 ; Dy 1710 ; Gad 361
Louis d’or au buste nu 1788 La Rochelle. (7,63 g)
Flan miroir. Superbe.
Exemplaire du Trésor de Vendée (1993)
Trésor de l’amiral du Chaffault dit « Trésor de Vendée ». Louis Charles du Chaffault de Besné était officier de marine au service de Louis XVI. Il se retire au château de Meslay près de Montaigu en Vendée. Il touche alors une pension de 9000 livres. En 1793, son château est pillé et brulé. L’amiral du Chaffault a 85 ans lorsqu’il est arrêté et emprisonné à la prison de Luzançay où il meurt en 1794. Avant le début des guerres de Vendée, il avait décidé de cacher et d’enterrer toutes ses richesses. Deux siècles plus, un de ces trésors a été mis au jour. Voir le lot
Par PHIDIAS à Paris le 21/05/2025 : CHARLES X 1824 – 1830
CHARLES X ROI DE FRANCE. Tête nue à droite,
au-dessous signature MICHAUT et T cursif. R/. Écu
de France couronné, entre deux branches de laurier,
et accosté de 40 F. Dessous , ancre 1830 et A. Tranche
inscrite en relief DOMINE SALVUM FAC REGEM.
*/* Fr 547 ; Gad 1105a
40 Francs or 1830 Paris. (12,94 g)
Avec son brillant d’origine. Très rare. Superbe exemplaire. Voir le lot
Par PHIDIAS à Paris le 5/12/2024 : CHINE République – TSAO KUN Président
10 octobre 1923 – 2 novembre 1924
Buste de Tsao Kun de face en habits civils.
R/. Deux drapeaux croisés. Dav 231
Dollar argent (1923) commémoratif de l’adoption de la
nouvelle Constitution. (26,81 g)
Superbe.
Exemplaire Collection du Dr J.-P. G. (avril 1975) n°358
Débuter une collection en privilégiant les classiques
Avant tout achat, « mon premier conseil serait d’être très attentif à l’état de conservation, explique l’experte. Je recommande d’être vigilant en achetant en-dessous de Superbe ou Très Beau dans la classification usuelle, car même si les prix peuvent être intéressants pour des monnaies en mauvais état, le problème se posera au moment de la revente ».
Ensuite, sa recommandation est de partir des classiques : « par exemple un tétradrachme d’Athènes ou un Alexandre le Grand pour les monnaies grecques, ces pièces restent accessibles. Côté monnaies françaises, un écu d’or de Charles VI, une monnaie belle et abordable autour de 500 euros, et pour les monnaies royales, les testons en argent sont une belle porte d’entrée ! ». D’origine italienne, le teston apparaît pour la première fois en France en 1514, et a été frappé jusqu’en 1641 moment où cette monnaie est démonétisée par Louis XIII. A l’effigie d’Henri II ou Charles IX, ces pièces sont estimées moins de 500 euros en général. « Une collection classique consiste aussi à rassembler tous les portraits de Louis XIV. Il a régné assez longtemps pour avoir eu de nombreuses représentations, de l’enfant au vieillard… », termine Françoise Berthelot-Vinchon. Elle présentait justement le 21 mai dernier une monnaie royale très originale : un écu d’or Louis XVIII Roi de France, sans marque d’atelier (adjugé 24 180 euros). Il s’agit d’un essai, dont il n’existe que très peu d’exemplaires.
Par PHIDIAS à Paris le 21/05/2025 : ROYAUME DE MACÉDOINE
ALEXANDRE III LE GRAND 336-323
Tête d’Héraclès à droite, coiffée de la peau de lion nouée sous
le menton. R/. Zeus aëtophore assis à gauche, tenant un aigle et
un long sceptre. Derrière, . Dans le champ à
gauche, tête d’aigle.
*/* Price 51
Tétradrachme d’argent frappé en Macédoine. (17,16 g)
Patine irisée. Très beau. Voir le lot
Par PHIDIAS à Paris le 21/05/2025 : CHARLES IX 1560-1574
CAROLVS VIIII D.G.FRAN.REX. Son buste lauré et cuirassé à gauche. Lettre d’atelier sous le buste.
R/. +SIT. NOMEN. DOMINI. BENEDICTVM Millésime en chiffres romains en fin de légende.
Écu de France couronné accosté de deux C couronnés.
*/* Dy 1063 ; Gad (Sb) 429
Teston (2e type) 1563 Toulouse (9,33 g)
Teston (2e type) 1566 Toulouse (9,45 g)
Deux monnaies en argent.
T.B. et Très beau.
On joint le double-sol parisis (2e type) 1571 Limoges. Rare. Voir le lot
Par PHIDIAS à Paris le 21/05/2025 : LOUIS XVIII 8 juillet 1815 – 16 septembre 1824
LOUIS XVIII ROI DE FRANCE. Sa tête nue à droite. Dessous, MICHAUT F. R/. Écu de France couronné accosté de 40 – F, dans une couronne formée de deux branches de laurier. Dessous, millésime. Tranche inscrite en creux : (lis) DOMINE SALVUM FAC REGEM. Pas de différents et pas de lettre d’atelier.
*/* Gad 1089 ; Maz 720 ; VG 2425
Essai 40 Francs or 1816 Concours de Michaut. (13,08 g)
Type adopté. Flan bruni. Infimes traces de frottement. Superbe exemplaire.
Auguste Francois Michaut est né à Paris le 29 septembre 1786 et mort à Versailles le 26 décembre 1879. Il fut graveur des monnaies de France et des Pays-Bas, médailleur et sculpteur français. Son père Jean, associé à son frère Jean Baptiste, est fondeur d’objets d’arts et ciseleur rue du Temple. Il entre à l’École des Beaux-arts de Paris vers 1804. Ses goûts le portent d’abord vers la sculpture. Ses premiers maîtres sont les sculpteurs François-Frédéric Lemot et Jean-Guillaume Moitte. Il est admis à concourir au grand prix de Rome en 1809. Mais sa mauvaise santé due à une maladie de poitrine l’oblige à renoncer à la sculpture. Il se tourne alors vers la gravure en médaille. André Galle (dit « Galle l’aîné ») lui en enseigne les bases. Sa signature de graveur est « Michaut F. », et son différent, une lampe romaine sur une ancre. Voir le lot
Par PHIDIAS à Paris le 21/05/2025 : IIIe RÉPUBLIQUE 1870 – 1940
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. Buste coiffé de Marianne à gauche. Au-dessus, une étoile. R/. R-F de part et d’autre d’une torche entre branches de chêne et d’olivier . Dessous, CENT FRANCS et millésime entre deux différents. À droite, le mot ESSAI. Tranche inscrite en relief, LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ.
*/* Gad 1141 ; VG 2519 ; Maz 2558
Essai 100 Francs or de C. Guilbert du Concours de 1929. (6,58 g)
Seulement 9 exemplaires frappés.
Extrêmement rare. Superbe. Voir le lot