Après l’importante exposition qui lui était consacrée jusqu’en février 2017 au musée des beaux-arts de Nancy, Emile Friant (1863-1932) sera à nouveau à l’honneur lors de la vente du fonds Jean-Louis Burtin (1878-1940), organisée par Maître Perrin samedi 17 juin 2017 à Nancy et sur le Live d’Interencheres.Plus de 250 œuvres, estimées de 10 à 200 euros, éclairent le travail préparatoire et l’œuvre gravé du peintre naturaliste lorrain, médaillé à l’Exposition universelle de Paris de 1889 pour son huile sur toile La Toussaint.
Une collection intime
Auteur des décors de nombreux édifices nancéiens, le sculpteur Jean-Louis Burtin (1878-1940) collectionne toute sa vie les œuvres que son ami Emile Friant lui dédicace. Paysages à l’huile, études d’autoportraits, portraits et souvenirs en tous genres, à ces œuvres sur papier s’ajoutent également des photographies plus personnelles, sur lesquelles l’artiste pose en costume d’académicien ou à bord d’une montgolfière. Un voyage intimiste qui s’achève par un portrait de l’artiste sur son lit de mort, que le peintre de l’Ecole de Nancy, Henri Royer (14869-1938) dessine le 9 juin 1932.
Un legs majeur
La vacation se poursuit avec l’oeuvre gravé. A la mort d’Emile Friant, Jean-Louis Burtin devient, avec la ville de Nancy, le légataire de ses gravures. « Je n’ai jamais vu autant d’œuvres d’Emile Friant en une même vente, s’enthousiasme le commissaire-priseur. L’ensemble de gravures provenant du legs complète la collection conservée par le second légataire, le Musée des beaux-arts de Nancy. Celui-ci devrait d’ailleurs prendre part à la vente. » Comme celles conservées au musée, chaque gravure est pourvue du cachet « Collection E. Friant », apposé au revers à côté d’un numéro d’inventaire. Le peintre lorrain confia même à Jean-Louis Burtin, par testament, la réalisation du catalogue de son œuvre gravé, tâche qui sera toutefois reprise par le célèbre critique d’art Arsène Alexandre (1859-1937).
A partir de 1900, la gravure occupe une place grandissante dans la production d’Emile Friant. A travers la technique de l’eau-forte et de la pointe sèche, son style réaliste et son dessin minutieux s’épanouissent pleinement dans ses portraits, ses scènes intimes ou ses allégories politiques. L’artiste décline dès lors un même sujet en plusieurs gravures quasiment identiques. « Cette vente éclaire son travail. On se rend compte qu’il multiplie les étapes avant d’obtenir une version définitive. Les gravures sont ainsi numérotées en fonction de l’état et du nombre de tirages. » Fonctionnant le plus souvent de manière autonome, ses lithographies témoignent d’un goût pour l’éclectisme, caractéristique des œuvres produites au tournant des XIXe et XXe siècles.
Emile Friant (1863-1932). Souvenir de Tunis. Fusain, signé en bas à droite et titré. 32 x 49 cm.
Emile Friant (1863-1932). Paysage montagneux. Huile sur papier, signée en bas à droite et datée « 1877 ». 24 x 32 cm. (manque aux angles et élément scotché en bas à gauche).
Emile Friant (1863-1932). Etude de robes. Dessin, signé en bas à droite. 31 x 46 cm.
Emile Friant (1863-1932). Honneur à ces vaillants. Ensemble de 15 épreuves, dont huit signées et annotées par Friant au crayon et une signée par le préfet en hommage à Friant. 50 x 65 cm.
Emile Friant (1863-1932). Quatre calques de report, notamment pour l’oeuvre « Au fond du vieux parc ». 73 x 60 cm.
Emile Friant (1863-1932). Portrait de femme. Mine de plomb, signé en bas à droite. 29 x 22 cm.
Emile Friant (1863-1932). Réunion de deux gravures: « Mandoliniste de face ». Eau-forte signée au crayon dans la marge, « à mon ami Waltner affectueusement 10 épreuves ». 18 x 13 cm. (cuvette) + « Conversation » 1908. Gravure signée au crayon dans la marge, « 9 épreuves, à mon ami Waltner, affectueusement. » 12 x 8 cm. (cuvette).
Emile Friant (1863-1932). Vue de jardin. Huile sur papier, signée en bas à gauche et datée « 1877 ». 23 x 31 cm. (déchirure en bas à droite).
Photographie figurant Emile Friant en montgolfière depuis la Place Stanislas. Titrée « Accours en ma nacelle » et signée au crayon par Friant. 23,5 x 29,5 cm.
Emile Friant (1863-1932). Portrait d’homme levant son verre. Trois gravures, les deux premières marquées au crayon « 1er état » puis « 2e état »; la troisième signée au crayon et marquée « bon à tirer 24e état ». Cuvette: 18 x 16,5 cm.
Emile Friant (1863-1932). « Deux graveurs ». 1913. Gravure signée en bas dans la marge, « tiré à 10 épreuves ». 23,5 x 15,5 cm. (cuvette)
Emile Friant (1863-1932). Portrait de Roger Marx. Gravure signée, titrée et datée « 1906 » dans la planche. Signée dans la marge au crayon et marquée « bon à tirer ». Cuvette: 24,5 x 18,5 cm.
Emile Friant (1863-1932). « Madame Ghyslaine de l’Odéon » 1931. Gravure contre-épreuve unique. 25,5 x 22 cm. (cuvette).
Emile Friant (1863-1932). Buste Montmartrois. Gravure signée au crayon dans la marge, titrée et marquée « à mon ami Waltner affectueusement 2e planche ». Cuvette: 16 x 13 cm.
Emile Friant (1863-1932). Portrait de Victor Prouvé. Gravure signée dans la marge, « à mon ami Waltner affectueusement » et « tirage 1911 1er état 15 épreuves nouvelles et dernières ». 12 x 8 cm. (cuvette).
Emile Friant (1863-1932). Un conseil. Gravure monogrammée dans la planche et datée « 1913 ». Signée au crayon dans la marge et marquée « 1930, Un conseil, 2ème planche, modèle nu, 8ème état 3 épr n°1 ». Cuvette: 28 x 17,5 cm.
Emile Friant (1863-1932). « Le turban, 1929 ». Gravure signée en bas dans la marge, « 4e état 4 ép n°3 ». 32 x 18,5 cm. (cuvette).
Emile Friant (1863-1932). « 2e page de croquis ». Gravure datée « 1927 » dans la planche. Signée au crayon dan sl amarge, titrée et marquée « 6ème état épreuve unique ». Cuvette: 26 x 21,5 cm.
Emile Friant (1863-1932). Première page de croquis. Gravure signée dans la marge et « 3e état 2 épreuves », « à mon ami Waltner affectueusement ». 20 x 14 cm. (cuvette).
Emile Friant (1863-1932). « La France reçoit dans ses bras l’Alsace et la Lorraine ». Lithographie, signée et datée « 1916 » dans la planche. 65 x 85 cm.