Le 23 novembre à Vannes, un plat, réalisé en Chine entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle pour la famille impériale du Vietnam, a pulvérisé son estimation, fixée autour de 5 000 euros. Sous le marteau de Jack-Philippe Ruellan, il a trouvé preneur à 186 000 euros.
Dédiée à l’art d’Asie, la vente organisée par Jack-Philippe Ruellan le 23 novembre à Vannes a été le théâtre d’une envolée d’enchères exceptionnelle. Estimé autour de 5 000 euros, un plat chinois a été adjugé à 186 000 euros (frais compris), suscitant la surprise des collaborateurs de la maison de vente et de leur expert Pierre Ansas. « Je n’aurais jamais imaginé qu’il atteigne un tel prix, confie ce dernier. Nous espérions au mieux 30 000 euros, mais nous avions fixé l’estimation autour de 5 000 euros car il était dans un état absolument déplorable ! »
Si de nombreux enchérisseurs ont manifesté leur intérêt, la bataille s’est finalement jouée à partir de 48 000 euros entre deux collectionneurs vietnamiens, dont l’heureux acquéreur qui était représenté sur place par un intermédiaire. « Le marché des arts asiatiques, et plus encore celui de la céramique, est très récent et depuis un ou deux ans les prix nous échappent. » « Le Vietnam a quant à lui le vent en poupe », souligne Delphine Kahl, collaboratrice au sein de la maison Ruellan. « Les Vietnamiens achètent ces dernières années les objets, les laques, les œuvres qui constituent leur patrimoine. »

Le plat en porcelaine avait été réalisé en Chine entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle pour le prince héritier Nai-Fu de la dynastie impériale vietnamienne Nguyen. Il arborait un décor bleu sur fond blanc figurant deux dragons évoluant parmi des nuages. « Cette adjudication étonnante s’explique notamment par la dimension exceptionnelle du plat (32,3 cm de diamètre), explique l’expert. Habituellement, ces plats sont assez petits. » Belle surprise donc pour la maison de ventes, l’expert, mais aussi le vendeur d’origine bretonne qui n’a pas manqué d’assister au spectacle.