Deux peintures de l’école anglo-chinoise du XIXe siècle aux enchères à Vannes

20/11/2019

Provenant de la collection familiale du peintre Albert Marquet, deux peintures de l’école anglo-chinoise du XIXe siècle seront mises en vente par Jack-Philippe Ruellan le 23 novembre à Vannes. Dévoilant des scènes de la vie quotidienne, elles témoignent de la mode des « China Trade Paintings », peintures de l’école anglo-chinoise prisées aux XVIIIe et XIXe siècles.

 

La mode des « China Trade Paintings »

Au XVIIIe siècle, alors que le marché des objets exotiques est en plein essor en Europe, des ateliers mêlant des peintres locaux et occidentaux se forment dans les comptoirs et connaissent un succès fulgurant. Installés à Hong Kong, Macao ou Canton, ils reçoivent de nombreuses commandes de la part de riches colons ou Chinois, et exportent leurs œuvres en Europe pour les commanditaires qui, faute de pouvoir voyager, se plaisent à rêver de cette Chine, source de bien des fantasmes. « A l’initiative des Anglais, ces peintures, dites de l’école anglo-chinoise ou « China Trade Paintings », correspondaient parfaitement au goût de l’époque pour les œuvres liées aux voyages, explorations et conquêtes, et seront très à la mode jusqu’à la fin du XIXe siècle », explique Pierre Ansas, expert en arts asiatiques. « Aussi, pour répondre à cette forme demande, plusieurs artistes pouvaient travailler sur une même peinture. Parmi eux, on connaît notamment l’Anglais George Chinnery (1774-1852), installé à Macao, ou encore le peintre orléanais Auguste Borget (1808-1877), à qui l’on doit de nombreuses vues de Canton, Macao et Shanghai. »

 

Ecole Anglo-Chinoise, peinture à l’huile sur toile figurant des dames recevant un dignitaire discutant devant un pavillon sur un bateau de fleurs, la barge et son conducteur passant devant des bâtiments où flottent des drapeaux britannique et hollandais, représentant probablement les factoreries (comptoirs) de Canton, vers 1880, 51 x 64.5 cm. Estimation : 4 000 – 5 000 euros.

 

Des peintures décrivant le quotidien de riches chinois

Huiles sur toile, ou gouaches aquarellées sur papier, ces œuvres représentaient principalement des vues de port ou des scènes de la vie quotidienne, à l’image des deux toiles, provenant de la collection familiale d’Albert Marquet et peintes autour de 1880, qui seront mises en vente le 23 novembre à Vannes. « Ce sont des peintures figuratives très descriptives, quasi photographiques, dans lesquelles on découvre les occupations quotidiennes de riches chinois. » Ainsi, l’une figure des dames recevant un dignitaire sur un bateau de fleurs, quand l’autre donne à voir un groupe d’hommes attablés, dégustant du riz et fumant la pipe, sous un saule pleureur symbole de longévité. « De nombreux détails sont apportés pour témoigner des coutumes locales, à l’image des pots de fleurs qui illustrent la préférence chinoise pour les plantes en pot plutôt qu’en pleine terre. »

 

Ecole Anglo-Chinoise, peinture à l’huile sur toile figurant un groupe d’hommes attablés dégustant du riz et fumant la pipe, dans un pavillon au bord de l’eau, une servante apporte des tasses de thé. Au second plan, un saule pleureur et pins de longévité animent les berges, vers 1880, 51 x 64.5 cm. Estimation : 4 000 – 6 000 euros.

 

Deux toiles estimées à plus de 4 000 euros

Si les vues de port sont davantage prisées, ces deux toiles, d’une grande qualité d’exécution, devraient séduire les collectionneurs anglais, portugais, hongkongais ou encore singapouriens, particulièrement férus de « China Trade Paintings ». « Nous les avons estimées autour de 4 000 euros, mais leur prix pourraient nous surprendre, certaines peintures anglo-chinoises s’envolant parfois jusqu’à 30 000 euros. »

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