Une gouache inédite de Le Corbusier estimée à plus de 60 000 euros

20/05/2020

Une gouache inédite et spectaculaire signée Le Corbusier sera présentée aux enchères par la maison Ader le 3 juin en live depuis Paris. Estimée à plus de 60 000 euros, elle s’inscrit dans la célèbre série des « Taureaux » qui occupa l’artiste à partir de 1951.

 

La pièce phare de la vente de dessins modernes du 3 juin

Prévue initialement en mars, en marge du Salon du dessin, la vente de dessins modernes organisée par la maison Ader aura finalement lieu le 3 juin prochain en live sur interencheres.com depuis Paris. Aux côtés de rares feuilles signées Raoul Dufy, Yu Sanyu, Georges Rouault ou encore František Kupka, plusieurs œuvres de Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier (1887-1965), seront dispersées, dont une gouache monumentale (111 x 70 cm) datée de 1963. Haute en couleurs, cette œuvre fait partie de la série des « Taureaux » que l’artiste initie en 1951. « Nous sommes ici très loin du purisme des années 20, explique le commissaire-priseur de la maison Ader, Xavier Dominique. L’œuvre est marquée par de fortes réminiscences du Cubisme, avec dans le même temps un clin d’œil à l’art abstrait à travers une composition très structurée à l’arrière-plan. »

Enchérir | Voir la vente de dessins modernes du 3 juin

 

Charles-Édouard Jeanneret dit Le Corbusier (1887-1965), Taureau, 24 février 1963. Collage de pièces de papier coloré et de papier gouaché rehaussé à l’encre sur traces de construction au fusain sur vélin fort. Signé et daté en bas à gauche. 111 x 70 cm. Estimation : 60.000 à 80.000 euros

 

Un collage de la série des « Taureaux » daté de 1963

Associant des formes souples et anguleuses, usant de couleurs vives, l’œuvre révèle l’une des techniques chères à l’artiste lors des dernières années de sa vie : le collage. « Avec ce collage de pièces de papier coloré et de papier gouaché, rehaussé à l’encre, et sur lequel apparaissent des traits de construction au fusain, on retrouve sa manière très artisanale de poser les éléments. On y reconnaît la tête de taureau, qui, dans cette version, est parfaitement lisible, ainsi que les formes qui font partie de la cosmogonie corbuséenne habituelle des années 1950, et ne représentent rien de très précis. » En guise de bordure à droite apparaît enfin une série de motifs symboliques, regroupant plusieurs éléments – le végétal avec une feuille de chêne, le monde marin avec un coquillage, le minéral avec un cristal ou encore l’humain avec la main. « Cette frise évoque une bordure de tapisserie et nous invite à imaginer que ce collage était destiné à être retranscrit en une œuvre plus monumentale, comme une fresque ou une tapisserie », poursuit le commissaire-priseur.

 

Découvrez l’interview de Xavier Dominique sur la gouache de Le Corbusier © Ader

 

Une œuvre inédite estimée à plus de 60 000 euros

Estimée entre 60 000 et 80 000 euros, cette gouache est inédite sur le marché. « Les œuvres de cette période des années 1950-1960 sont particulièrement recherchées et il est rare de voir des œuvres de Le Corbusier aussi spectaculaires. » Provenant d’une collection particulière, le collage arbore en outre son cadre d’origine que l’artiste conçu sur le modèle d’une boîte. A noter qu’un certificat d’Eric Mouchet, spécialiste de Le Corbusier, sera remis à l’heureux acquéreur.

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