Le 5 septembre à Lyon, une toile de Prosper Lafaye a été préemptée pour plus de 30 000 euros par le musée des Beaux-Arts d’Orléans. Le tableau, dont il existe une seconde version conservée au château de Versailles, mettait en scène la princesse dans son Salon gothique du Palais des Tuileries.
Avant de faire du vitrail sa technique de prédilection, Prosper Lafaye (1806-1883) s’illustra en peinture, à travers des scènes de bataille exécutées pour le Musée de l’Histoire de France à Versailles, ou encore des portraits de la famille d’Orléans. En 1842, l’artiste reçoit ainsi de Louis Philippe la commande d’un portrait posthume de sa fille cadette, Marie d’Orléans (1813-1839). Conservé aujourd’hui au château de Versailles, le tableau fut décliné en une seconde version, mettant en scène la princesse dans son célèbre Salon gothique, situé au rez-de-chaussée du Palais des Tuileries. « Plus qu’une simple reconstitution, cette œuvre propose une évocation du refuge de Marie d’Orléans, ainsi que celle de l’époque des années 1830, en matière d’Art et de décoration intérieure », détaille René Millet, expert en tableaux anciens. « Le plafond à caissons est de style Renaissance, le mobilier rappelle celui des Flandres des XVIe et XVIIe siècles, tandis que quelques meubles, authentiques ou non, sont d’inspiration gothique, un style remis au premier plan par le romantisme et qui apporte à la scène une résonance patriotique et religieuse. »


Un portrait de Marie d’Orléans, une artiste accomplie
Présentée aux enchères le 5 septembre dernier à Lyon par la maison de ventes Bérard-Péron, la toile avait trouvé preneur à 31 926 euros sur le live d’Interencheres, avant que le musée des Beaux-Arts d’Orléans n’use finalement de son droit de préemption. Avec cette nouvelle acquisition, le musée d’Orléans, qui couvre une large part de l’histoire de l’art, du XVIe siècle à nos jours, complète ainsi sa riche collection dédiée aux artistes du XIXe siècle et comptant des œuvres majeures signées des peintres Delacroix, Boudin, Chassériau, Corot ou Courbet, ainsi que des sculpteurs Triqueti, Pradier, Préault ou David d’Angers. Ce dernier fut d’ailleurs l’un des maîtres de Marie d’Orléans. « La princesse étudia auprès de lui la sculpture, après avoir été l’élève du peintre Ary Scheffer, précise le spécialiste. Elle fut proche des principaux artisans du romantisme et sa notoriété en tant que sculptrice se répandit rapidement avant qu’elle n’épouse le duc Alexandre de Wurtemberg en 1837 et qu’elle ne s’éteigne en 1838, atteinte de phtisie.» La toile vendue à Lyon témoignait des talents de la jeune femme, dévoilant, au centre de la composition, une statue de Jeanne d’Arc, thème qui lui inspira maintes sculptures.
