Le 22 avril 2020 | Mis à jour le 22 avril 2020

Alexandre Landre : « Avec le confinement, les ventes aux enchères live sont indispensables pour les petites structures. »

par Diane Zorzi

Comme plusieurs de ses confrères, Alexandre Landre organise depuis la mi-mars l’ensemble de ses ventes aux enchères exclusivement sur Internet. Une technologie que le jeune commissaire-priseur, installé en Bourgogne, juge vitale en ces temps de confinement.

 

« Après l’annonce du confinement, je n’ai pas dormi pendant plusieurs jours. » Le 16 mars, les mesures prises par le gouvernement français pour faire face à l’épidémie de coronavirus inquiètent Alexandre Landre. A la tête d’une petite structure installée à Semur-en-Auxois, en Bourgogne, le jeune commissaire-priseur doit organiser sa grande vente trimestrielle la semaine suivante. « Elle était prévue le 29 mars et elle était déterminante pour mon activité. Elle devait me permettre de payer l’ensemble des charges et de conserver un peu de trésorerie d’avance. Il était donc vital pour ma structure de la maintenir. »

Comme plusieurs de ses confrères, Alexandre Landre a décidé d’organiser, le temps du confinement, l’ensemble de ses ventes en 100 % live. Un exercice auquel il s’est prêté le 29 mars avec succès. « Avec le confinement, les ventes aux enchères live sont indispensables pour les petites structures. Bien sûr, c’est un peu troublant au début d’organiser une vente sans public, seul face caméra. Mais les enchérisseurs étaient nombreux et la vente a très bien fonctionné, avec des lots adjugés sur le live à plusieurs milliers d’euros, comme une boîte en écaille du XVIIIe siècle qui s’est envolée à plus de 5 000 euros. »

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« C’était un peu troublant au début d’organiser une vente sans public, seul face caméra. Mais les enchérisseurs étaient nombreux et la vente a très bien fonctionné, avec des lots adjugés sur le live à plusieurs milliers d’euros. »

 

Fort de ce succès, le commissaire-priseur organisera deux nouvelles ventes en « live confiné » les 24 et 26 avril prochains. « Je ne présente pas tous les lots qui étaient initialement prévus car il est par exemple difficile de vendre une voiture de collection sans présentation préalable au public. Mais j’ai décidé tout de même d’y intégrer de très belles pièces comme le tableau de Jean Dufy (1888-1964), estimé à plus de 20 000 euros. » Découverte lors d’un inventaire, la toile, qui sera bientôt répertoriée dans le volume III du catalogue raisonné, dévoile un sujet atypique dans l’œuvre du peintre. « Jean Dufy, qui est le frère du célèbre Raoul Dufy, est particulièrement connu pour ses scènes de cirque, mais ici il a représenté une maison de village du Limousin où il avait l’habitude de séjourner. » S’agit-il de sa propre demeure ? Le mystère demeure entier, mais nul doute que la toile, par la singularité de son sujet, intéressera nombre d’amateurs.

 

Jean Dufy (1888-1964), Maison de village du limousin, huile sur toile signée en bas à droite. Dimensions: 60 x 73 cm. En vente le 26 avril à Semur-en-Auxois. Estimation : 20 000 – 30 000 euros.

 

Le 26 avril, les collectionneurs pourront également découvrir l’œuvre de l’artiste bourguignon Jean Burkhalter (1895-1982), à travers un paysage estimé entre 4 000 et 6 000 euros. « Il est de la même génération que Jean Dufy et a participé à l’Union des artistes modernes. Il fait partie de ces artistes de l’école moderne dont la cote, encore raisonnable, devrait progresser ces prochaines années. »   

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Jean Burkhalter (1895-1982), Paysage, huile sur toile, signé en bas à gauche et daté 53. Dimensions : 90 x 130 cm. En vente le 26 avril à Semur-en-Auxois. Estimation : 4 000 – 6 000 euros.

 

Grâce aux ventes 100 % live, Alexandre Landre, entrepreneur dans l’âme, envisage ainsi les prochains mois avec sérénité. « Lorsque je me suis installé à Semur-en-Auxois, j’ai traversé tous les aléas des commencements, avec les premières angoisses de trésorerie, et le live n’existait pas au sein de la structure. Nous réalisions même les PV à la main. Cela nous prenait six heures pour 100 lots ! Il m’a fallu revoir entièrement l’organisation. C’était un travail complexe mais essentiel. Les ventes aux enchères live sont pour nous une véritable bénédiction et la situation actuelle en est un témoignage probant. »

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