Le 25 novembre 2019 | Mis à jour le 15 mars 2024

Château Latour en guerre : quand une vente aux enchères mêle de grands vins à une page de l’Histoire

par Audrey Ottonelli

Tous les amateurs de vins connaissent les bouteilles de Bordeaux Château Latour, Pauillac, 1er cru. La maison, aujourd’hui propriété de l’homme d’affaires François Pinault, produit des crus à la renommée internationale depuis 1855. Le 28 novembre à Nantes, une bouteille de Château Latour de 1918, ainsi qu’une verticale de huit bouteilles de la maison, des millésimes 1938 à 1945, seront présentés aux enchères. Une vente exceptionnelle mêlant grands crus et Histoire.

 

Une collection de Château Latour, témoin de la Seconde guerre mondiale

Une collection de huit bouteilles de Bordeaux Château Latour, Pauillac, 1er cru, des millésimes 1938 à 1945 (estimée entre 5 000 et 8 000 euros), sera proposée à la vente le 28 novembre à Nantes. « Ce ne sont pas forcément des crus très rares mais ils sont exceptionnels par leur contexte : la Seconde guerre mondiale, détaille Gilles du Pontavice, expert en vins. Ce sont des années difficiles durant lesquelles le vignoble souffre du manque de personnel, de verre, de sulfate de cuivre et de soufre pour traiter les sols, ou encore de bouchons et de plomb pour les capsules ». En 1940, 67 tonneaux sortiront de la maison malgré le contexte et le déferment allemand dans les vignobles de renom. « Les millésimes 1942 et 1943 ont comme particularité d’être mis en bouteilles dans des bouteilles de récupération ». La bouteille de 1945 figure quant à elle parmi les millésimes les plus recherchés. « Ce millésime est exceptionnel car la récole a été particulièrement restreinte et concentrée en 1945. En effet, seulement 54 tonneaux de 900 litres ont été produits contre 100 en 1939. En 1945, la région bordelaise a connu un hiver très froid avec de la neige, suivi d’un printemps particulièrement doux, ponctué  à nouveau de neige et de gel, avant un été caniculaire marqué par un déficit en eau. Ces conditions météorologiques difficiles intervenant sur fond de suicide d’Adolf Hitler, de capitulation allemande et de libération. » A noter qu’un Bordeaux de la même maison, mis en bouteille en 1918 et évalué entre 800 et 1 000 euros, sera également proposé à la vente.

 

Un magnum Dom Pérignon de 1961

Lors de cette vente, 555 lots seront présentés. Sancerre, Saint-Emilion Cahors, Médoc ou encore Monbazillac, Pommard, Châteauneuf-du-Pape et Sauternes… autant de bouteilles essentiellement issues de collectionneurs privés de Loire-Atlantique et de Vendée, mais également de restaurateurs et de caves à vins du même secteur géographique. « Deux autres bouteilles sortent du lot. La première, une Hermitage La Chapelle, Paul Jaboulet Aîné, de 1961. Elle fait partie d’une des douze meilleures bouteilles du XXe siècle. C’est assez rare de la trouver en vente », souligne l’expert. Pour ce lot, la mise à prix débutera à 8 000 euros. Enfin, l’autre merveille est un magnum de champagne Dom Pérignon de 1961 – « un grand millésime, une bouteille remarquable, estimée entre 900 et 1 300 euros ».

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