Le commissaire-priseur Denis Herbette investira l’hôtel Lutetia le temps d’une vente aux enchères le 24 novembre à Paris. Il présentera dans ce lieu mythique de la capitale ses « Morceaux choisis », dont un rare coffret attribué à Pierre Gole, l’ébéniste de Louis XIV, et un Agneau de François-Xavier Lalanne.
« Nous souhaitons voir du monde et créer une émulation », annonce Denis Herbette à l’approche de sa vente « Morceaux choisis » du 24 novembre. Le commissaire-priseur et son équipe ont décidé de quitter, le temps d’une vacation, leur hôtel des ventes de Doullens, dans la Somme, pour s’établir au cœur de la capitale. Ils investiront un écrin de choix : l’hôtel de luxe Lutetia, un chef-d’œuvre de l’Art nouveau niché dans le quartier de Saint-Germain-des-Près. « Nous avons sélectionné les plus belles pièces qui nous ont été confiées ces derniers mois et elles seront sublimées lorsqu’elles rejoindront ce lieu mythique parisien ». L’hôtel avait déjà servi d’écrin à une vente aux enchères en 2019 organisée par Pierre-Guilhem Métayer. L’établissement, soucieux de se réinventer après quatre ans de rénovation, dispersait à cette occasion une partie de son mobilier et de sa décoration.
D’Antonio Susini à Barthélémy Prieur, une collection de bronzes anciens
Une dizaine de collections ont été réunies, couvrant un large pan de l’histoire de l’art. « Un grand collectionneur belge nous a confié quatorze bronzes, datant du XVIe au XVIIIe siècle. Il est rare de réunir autant de bronzes anciens de cette qualité. Ils ont été acquis au cours des cinquante dernières années à l’occasion de grandes ventes internationales », détaille Denis Herbette. Ces bronzes, représentant des chevaux ou des scènes mythologiques, sont principalement issus d’écoles françaises et italiennes. Parmi eux, un Cheval au pas est attribué à l’entourage du sculpteur florentin maniériste Antonio Susini (1558-1624) et un Cheval cabré à la crinière tressée partage de nombreuses similitudes avec les œuvres équestres de Barthélémy Prieur (1536-1611), le sculpteur attitré du roi Henri IV, dont il façonna le buste autour de 1600 (Ashomolean Museum d’Oxford). « On retrouve sa façon de représenter des nœuds dans la queue et la crinière et la patine rougeâtre est également caractéristique du travail de son atelier », précise le commissaire-priseur, ajoutant que le bronze, estimé entre 10 000 et 15 000 euros, n’est autre qu’une réduction du même cheval cabré conservé, suite à la donation Rothschild, au musée du Louvre.
[A gauche] Suiveur de Barthélémy Prieur (1536-1611), « Cheval cabré à la crinière tressée ». Italie du Nord ou France. XVIIe siècle. Hauteur : 35 cm. [A droite] Entourage d’Antonio Susini (1558-1624), « Cheval au pas ». Bronze à patine brune sur un socle en marbre blanc. Italie du Nord. Fin XVIe siècle. Hauteur : 6,5 cm.
Un coffret attribué à Pierre Gole, l’ébéniste de Louis XIV
Du Grand Siècle français, une autre pièce se distingue : un rare coffret attribué au maître hollandais Pierre Gole (1620-1684), l’ébéniste du roi Louis XIV. Le coffret, avec son placage d’écaille rouge et d’ivoire, et sa riche garniture de bronzes, évoque les pièces de mobilier luxueuses en marqueterie que Pierre Gole fournit au château de Versailles au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle. « Estimé entre 50 000 et 70 000 euros, ce coffret tout à fait exceptionnel est probablement de provenance royale au regard de la fleur de lys qui, surmontée d’une couronne encadrée de deux faunes échevelés, orne le dos de la pièce ».
Coffret Louis XIV attribué à Pierre Gole (1620-1684) à couvercle bombé en placage d’écaille rouge et d’ivoire et garniture de bronzes. Fin XVIIe siècle. L.35, P.23, H.16 cm. Estimé entre 50 000 et 70 000 euros.
Un Agneau de Lalanne et des meubles Art déco
Toujours du côté de l’art ancien, la vente dévoilera également une rare tapisserie des Flandres du XVIe siècle (15 000 – 20 000 euros), de nombreuses pièces de curiosités, des tableaux de Johann Julius Heinsius ou Marie-Geneviève Bouliard, ainsi qu’une collection d’objets d’arts asiatiques, à l’instar d’un ensemble de huit panneaux en laque de Chine du XIXe siècle. Les arts du XXe siècle seront quant à eux représentés par François-Xavier Lalanne, avec un Agneau en bronze patiné et béton epoxy de 1999 (300 000 – 350 000 euros), Emile-Jacques Ruhlmann, avec un guéridon colonnette Art déco en loupe d’amboine de 1920 (30 000 – 50 000 euros), Pierre Jeanneret, avec un ensemble de fauteuils et meubles ou encore Philippe Hiquily, avec un rocking-chair en laiton et acier épousant la silhouette d’une figure féminine (30 000 – 35 000 euros). La vente sera précédée d’une exposition dans l’enceinte de l’hôtel Lutetia les 22, 23 et 24 novembre au matin, et sera retransmise le jour J en live sur Interencheres.
Par SVV Denis HERBETTE à Paris
le 24/11/2022 : RUHLMANN Emile-Jacques. (1879-1933). GUERIDON COLONNETTE en loupe d’amboine et os. Estampillé RUHLMANN sous la base. Circa 1920. Diam.79,5 H.50. Provenance : collection privée Paris. Bibliographie : Pour le modèle Florence CAMARD, Ruhlmann Paris 1983, page 283. RUHLMANN un génie de l’Art Déco, catalogue de l’exposition, Musée des Années 30, Boulogne-Billancourt, 15 novembre 2001, page 138 et 188. Modèle référencé sous le N° 1017AR dans les archives Ruhlmann, Musées des Années 30, Boulogne Billancourt. Voir le lot
Par SVV Denis HERBETTE à Paris
le 24/11/2022 : JEANNERET Pierre. PAIRE DE FAUTEUILS en teck. Fauteuil dit « Cane and teak wood armchair » en teck massif avec assise et dossier en cannage tressé. Circa 1955-56. H.75 L.53 P.51. Provenance : Résidences universitaires de Panjab University, secteur 14 et bâtiments administratifs de Chandigarh, secteur 1. Référence : Catalogue Raisonné du Mobilier Jeanneret Chandigarh par Jacques Dworczak, page 103 réf.PJ-010105. Voir le lot
Par SVV Denis HERBETTE à Paris
le 24/11/2022 : JEANNERET Pierre. MEUBLE BAS DE RANGEMENT double face en teck massif. Circa 1960. H.83 L.168 P.30. Provenance : Bâtiment de l’école d’architecture de Chandigarh, secteur 12 et Panjab Secretariat Administration de Chandigarh, secteur 1. Référence : Catalogue Raisonné du Mobilier Jeanneret Chandigarh par Jacques Dworczak, page 287 réf.PJ-050204. Voir le lot
Par SVV Denis HERBETTE à Paris
le 24/11/2022 : ÉCOLE FRANCAISE fin XVIIIè. « Etude d’oiseaux exotiques sur des branches d’arbre feuillagées ». Paire d’huiles sur toile (réentoilées) formant pendant. H.48 L.36. Voir le lot
Par SVV Denis HERBETTE à Paris
le 24/11/2022 : HEINSIUS Johann Julius. (1740-1812). « Portrait de la famille Ruyant de Cambronne ». Huile sur toile dans un important cadre. Signée et datée en bas à gauche J.N. Heinsius pinxit 1774. Porte au dos du châssis une inscription ancienne, probablement du XIXè à l’encre brune décrivant et identifiant les modèles représentés sur le tableau. H.120 L.151. Provenance : Dans la famille des portraiturés et par descendance au propriétaire actuel. Exposition : Probablement Lille, Salon de l’Académie des Arts 1774, numéro 29. – Marly-le-Roi – Louveciennes, Musée des Beaux Arts « L’enfant chéri au siècle des Lumières » en 2012 numéro 8. Littérature : Ce portrait de famille, achevé en 1774 est une œuvre audacieuse et exceptionnelle dans la production du peintre d’origine allemande Johann Julius Heinsius essentiellement connu pour ses portraits en buste. Dans ce grand tableau, il nous propose une image touchante et intime, proche des portraits de famille réalisé par Nicolas Bernard LEPICIÉ ou Elisabeth VIGÉE LE BRUN. La scène évoque les retrouvailles de Monsieur de CAMBRONNE avec son épouse, ses 4 enfants, son frère et sa belle-sœur, à l’issu d’un séjour réalisé à la garnison de NANCY. Une inscription sur le châssis daté du XIXè identifie d’ailleurs chacun des modèles. Voir le lot
Par SVV Denis HERBETTE à Paris
le 24/11/2022 : ÉCOLE FRANCAISE du XVIIIè. « Grand portrait de famille représenté sur un fond de paysage près d’une draperie. Les 2 jeunes filles tiennent un perroquet pour l’une et une coupe de fleurs pour l’autre ». Grande huile sur toile dans un beau cadre ancien. H.113 L.147. Voir le lot
Par SVV Denis HERBETTE à Paris
le 24/11/2022 : IMPORTANTE REPRESENTATION d’un bodhisattva assis en position de « délassement royal » (rajalilasana), sur le dos d’un lion ou d’un qilin à la tête relevée couché sur un rocher. Le bodhisattva le plus fréquemment représenté assis sur un lion est Wenshu / Manjushri, mais certains aspects de Guanyin / Avalokiteshvara étant également parfois associés à cet animal. il est délicat de se prononcer avec certitude sur l’identification de celui-ci. Une cavité dans le dos a dû servir à abriter une forme de consécration. Bois avec restes de diverses couches de polychromie, anciens accidents et manques visibles. Chine dynastie Qing. H.108 cm. Provenance : Collection privée française. Expert : Jean-Luc ESTOURNEL. Voir le lot
Par SVV Denis HERBETTE à Paris
le 24/11/2022 : FRANÇOIS-XAVIER LALANNE. (1927-2008). « Agneau ». 1999. Bronze patiné et béton epoxy, Daté 1999, avec la marque du fondeur Blanchet fondeur et numéroté 144/500 sous le museau. 51 x 59,5 x 14,5 cm ; 20 Va x 23 3/8 x 5 3/4 in. 1999. patinated bronze and epoxy stone. Dated 1999, with the foundry’s mark Blanchet Fondeur and numbered 145/500 under the muzzle. Provenance : Galerie Guy Peters, Belgique. Acquis de la précédente par l’actuel propriétaire. Une attestation de l’artiste sera remise à l’acquéreur. Bibliographie : Daniel Marchessau, Les Lalanne, Paris, 1998, p. 37 Daniel Abadie, Lalanne(s), Paris, 2008, p.188. Les Lalanne at Fairchild, catalogue d’exposition, Paul Kasmin Gallery, 30 novembre 2010 -1 avril 2011. Coral Gables, 2010, pp. 6-7, 9,10-11. Paul Kasmin. Claude and François-Xavier Lalanne, Art, Work, Life, New-York, 2012, p.178. Les Lalanne, Fifty years of work, 1964 — 2015, catalogue d’exposition, Paul Kasmin Gallery, 26 mars —2 mai 2015, New York, pp.71, 88-89,106, 108-109,146, pour un modèle comparable. François-Marie Banier et Jean-Gabriel Mitterrand, François-Xavier Lalanne, Montreuil, 2018, pp. 40-41. Adrian Dannatt, François-Xavier and Claude Lalanne, ln the Domain of Dreams, New York, 2018, pp. 86,181-182 et 192 François-Marie Banier et Jean-Gabriel Mitterrand, La Maison-atelier de Claude et François-Xavier Lalanne, Montreuil, 2018, pp. 48, 49 et 53.
Rapport de condition pour l’agneau de LALANNE.
Cette œuvre se présente en bel état général. Il n’y a aucun manque ou accident visible.
Il doit être toutefois précisé :
A la patte avant gauche, dans la partie haute, une micro fissure en surface de 5cm environ
Elle se présente sans aucune profondeur et n’altère pas la pièce.
A la patte arrière gauche, dans la partie médiane, une micro fissure en surface de 4,5cm environ. Elle se présente de la même manière sans aucune profondeur et n’altère pas la solidité de la pièce.
Il est confirme que le justificatif de tirage est bien le 144 sur 500. Cette pièce est accompagnée de son certificat d’époque de la main de l’artiste. Voir le lot
Par SVV Denis HERBETTE à Paris
le 24/11/2022 : ÉCOLE D’EXTREME ORIENT fin XVIIIè début XIXè. « Vue générale de la ville de Canton avec l’animation sur le port ». Gouache. H.33 L.57. Voir le lot
Par SVV Denis HERBETTE à Paris
le 24/11/2022 : ADNET Jacques. (1900-1984). BUREAU de forme demi-lune en bois noirci et parchemin. Il est toutes faces. Il ouvre dans la partie gauche par une large porte et dans le caisson de droite, 3 tiroirs et une tablette. (Quelques usures). Circa 1930-40. L.159 H.73 P.42. Voir le lot
Par SVV Denis HERBETTE à Paris
le 24/11/2022 : AMPHORA. SPECTACULAIRE VASE en céramique émaillée représentant un cacatoès se posant sur une branche fleurie. Signé. Bel état. Circa 1900. H.62 L.36. Voir le lot
Par SVV Denis HERBETTE à Paris
le 24/11/2022 : HIQUILY Philippe. (1925-2013). ROCKING’CHAIR. Laiton et acier. Pièce unique signée. H.35 L.41 P.18. Cette œuvre a été authentifiée par le Comité HIQUILY. Un certificat d’authenticité pourra être obtenu auprès du Comité à la demande de l’acquéreur et à sa charge. Littérature : La figure féminine est le thème central de l’œuvre de Philippe HIQUILY. L’artiste puise dans les Arts de civilisations millénaires pour la représenter. Il s’inspire aussi bien des idoles des îles des cyclades en Grèce que des figures féminines de l’Art Africain. Ces multiples influences le conduisent à imaginer des figures hiératiques aux mandibules d’insectes à têtes miniscules en contraste avec un corps large dont les attributs sont exacerbés. Voir le lot