Le 4 janvier 2022 | Mis à jour le 4 janvier 2022

Des souvenirs de l’orfèvre de Napoléon Ier dispersés à Angers

par Diane Zorzi

Des souvenirs provenant de la descendance de Martin-Guillaume Biennais seront dispersés aux enchères le 19 janvier à Angers. Une collection exceptionnelle comptant une trentaine de pièces signées et attribuées à ce maître orfèvre, fournisseur attitré de l’Empereur Napoléon Ier.

 

L’histoire de Martin-Guillaume Biennais (1764-1843) a de quoi faire pâlir les entrepreneurs les plus chevronnés de nos sociétés modernes. Ce modeste artisan originaire de Normandie a connu une ascension sociale fulgurante au cours de la période napoléonienne. En dépit des troubles révolutionnaires, il tente sa chance à Paris où il est reçu maître tabletier et installe son enseigne Singe violet rue Saint-Honoré, à quelques encablures du Palais des Tuileries. Il tire parti de la suppression du système corporatif en étendant son activité à l’ébénisterie et s’attire bientôt les faveurs d’une clientèle fortunée. Ses petits objets en bois précieux ou encore ses boîtes en acajou séduisent les personnalités les plus illustres de son époque, à l’instar du général Bonaparte à qui Biennais vend à crédit un nécessaire avant son départ pour la campagne d’Italie. Sous le Consulat, il devient son fournisseur attitré, tandis qu’il adjoint à ses qualités de « Marchand tabletier – ébéniste et éventailliste » celle d’orfèvre. « Il restera pendant tout l’Empire le fournisseur de l’Empereur, de la famille impériale et des cours européennes », détaillent les commissaires-priseurs Xavier de la Perraudière et Florian d’Oysonville qui disperseront le 19 janvier à Angers une centaine de souvenirs exceptionnels provenant de la descendance de Biennais.

 

 

Des bustes inédits de la famille impériale

Parmi les quelques 150 lots de la vente, une trentaine sont signés ou attribués à Martin-Guillaume Biennais, dont un nécessaire de voyage témoignant de la qualité d’exécution grâce à laquelle Biennais sut s’attirer les faveurs de la cour. Cette merveille d’ébénisterie en acajou renferme un ensemble d’ustensiles et pièces d’orfèvrerie en argent et arbore sur sa platine l’illustre signature « Biennais » (estimée 20 000 – 25 000 euros). A ses côtés, une série de trois bustes, dite des « Napoléonides », donne à voir les portraits de la famille impériale, à l’instar d’un rare modèle en cire rose représentant Joachim Murat (8 000 – 12 000 euros). « Ces trois modèles étaient restés dans les collections familiales de l’orfèvre et étaient inconnus jusqu’à ce jour, précisent les commissaires-priseurs de la maison de vente Deloys. Ils furent réalisés après le second mariage de l’Empereur. Le Dr Guy Ledoux-Lebard a recensé vingt-huit exemplaires de ces bustes, notant également l’existence de modèles en cire rose de dimensions légèrement supérieures pour la fonte, dont seuls trois sont référencés : Jérôme, Marie-Louise et Caroline. Nos bustes sont donc des redécouvertes. Le modèle représentant Murat a quant à lui probablement précédé la fonte du buste conservé au musée Napoléonien d’Antibes. »

 

Martin Guillaume Biennais (1764-1843). Rare modèle en cire rose du buste de Joachim Murat au grand cordon. Socle acajou au Chiffre de Murat. Probablement le modèle précédent la fonte de celui conservé au musée Napoléonien d’Antibes. Estimation : 8 000 – 12 000 euros.

 

150 pièces exceptionnelles provenant de la descendance de Martin-Guillaume Biennais

Avec ces pièces signées ou attribuées à Biennais seront dispersés des objets d’époque ayant appartenu à Biennais ainsi qu’à sa descendance. « Tous ces objets ont la même provenance que la fameuse feuille de laurier de la couronne du sacre de Napoléon vendue aux enchères en 2017. » Réalisée en 1804 par Biennais, cette feuille de laurier devait à l’origine orner la Couronne du Sacre de l’Empereur Napoléon Ier, avant qu’elle ne soit retirée de l’illustre attribut avec cinq autres feuilles, toutes offertes respectivement aux six filles de l’artiste. Cette pièce exceptionnelle avait pulvérisé son estimation, fixée entre 100 000 et 150 000 euros, trouvant preneur à 650 000 euros en 2017 à Fontainebleau, sous le marteau de Jean-Pierre Osenat. La vente du 19 janvier devrait à son tour réserver de belles surprises, la figure de Biennais ayant récemment bénéficié d’un coup de projecteur à la faveur d’une exposition organisée à la Maison des Caillebotte, à Yerres. De nombreux documents et chefs-d’œuvre de tabletterie, d’orfèvrerie et d’ébénisterie révélaient au grand public la carrière exceptionnelle de cet artisan et entrepreneur hors du commun. 

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