Samedi dernier à Mayenne, Maître Pascal Blouet dispersait plus de quatre cents albums, dessins ou affiches signés des plus grands noms de la bande dessinée. Parmi eux, deux dessins originaux d’Enki Bilal se sont envolés à près de 60 000 euros, confirmant la place croissante qu’occupe l’artiste contemporain ces dernières années sur le marché de la bande dessinée.
Des calques originaux d’Enki Bilal adjugés à 25 420 et 34 100 euros
Le dessinateur et scénariste de bande dessinée Enki Bilal n’en finit pas de faire grimper les enchères. Le 21 septembre, sous le marteau de Maître Pascal Blouet à Mayenne, deux calques originaux provenant de l’album Bleu sang ont pulvérisé leurs estimations, fixées entre 12 000 et 15 000 euros. Adjugés respectivement à 25 420 et 34 100 euros (frais compris), ils rejoignent le top 5 des plus beaux résultats enregistrés pour des calques originaux de l’album Bleu sang, dont le record s’élève à 49 500 euros (Paris, 2016).

Bleu sang, un album clé dans la carrière d’Enki Bilal
« Sur le marché de la bande dessinée, les dessins originaux, considérés comme la source de la création, se vendent beaucoup plus cher que les albums, même si certains d’entre eux, tels que les ouvrages de Tintin tirés à peu d’exemplaires, peuvent atteindre des prix très importants, explique Maître Pascal Blouet. Et dans la carrière d’Enki Bilal, les dessins provenant de l’album Bleu sang sont particulièrement recherchés. » Edité en 1994, Bleu sang raconte, en 41 dessins sur calque, 10 peintures acryliques et 77 courts textes, l’histoire d’amour de Jill Bioskop et Alcide Nikopol, le couple préféré d’Enki Bilal. « Ils avaient fait l’objet, avant l’édition de l’ouvrage, d’une importante exposition organisée en 1994 à la galerie de Christian Desbois à Paris, marquant leur entrée dans le monde de l’art. »

Du dessinateur de bande dessinée à l’artiste contemporain
Si la cote d’Enki Bilal ne cesse de progresser ces dernières années, c’est justement parce que le dessinateur a fait son entrée dans le monde de l’Art. Peintre, cinéaste, autant que dessinateur, il s’est imposé comme un artiste à part entière, en se libérant du cadre étroit du marché de la bande dessinée. Ses dessins se collectionnent désormais comme des œuvres d’art et répondent à la loi du marché de l’art contemporain, plus qu’à celle du marché de la bande-dessinée. « Enki Bilal est une figure à part dans le monde de la bande dessinée et il est devenu l’un des dessinateurs contemporains les plus convoités, détaille le commissaire-priseur. Les collectionneurs, principalement français, sont particulièrement actifs et n’hésitent plus à pousser les enchères bien au-delà des estimations. » Ainsi, le record s’élève-t-il à 354 892 euros (frais compris) pour un dessin, particulièrement abouti et réalisé à l’acrylique, encre de chine et gouache sur papier, vendu en 2015 à Hong Kong.