Le 13 janvier 2021 | Mis à jour le 13 janvier 2021

Félix Del Marle, un peintre futuriste français redécouvert en Mayenne

par Diane Zorzi

Le 17 janvier en Mayenne, Pascal Blouet présentera aux enchères quatre œuvres inédites de Félix Del Marle. L’occasion de redécouvrir cet artiste méconnu, seul peintre français à avoir rallié le mouvement futuriste.

 

Le 20 février 1909, les lecteurs du Figaro découvraient en Une de leur journal le manifeste du poète italien Filippo Tommaso Marinetti, entérinant l’acte de naissance du Futurisme. Parmi les onze volontés adressées à « tous les hommes vivants de la terre », l’éloge d’une civilisation urbaine, marquée par l’avènement des machines et transports – « Nous déclarons que la splendeur du monde s’est enrichie d’une beauté nouvelle : la beauté de la vitesse. » Volontiers provocateur, le Futurisme rassemble nombre d’écrivains et peintres tels que Giacomo Balla, Umberto Boccioni, Carlo Carrà ou Gino Severini qui empruntent les styles divisionnistes et cubistes pour glorifier, au gré d’un agencement de formes et de couleurs, l’énergie nouvelle du monde moderne. Ce mouvement essentiellement Italien et Russe compte parmi ses membres un seul peintre français : Félix Del Marle (1889-1952) qui, convaincu par ce nouvel art de vivre, rédige sa propre tribune dans le Paris-Journal du 10 juillet 1913 : le « Manifeste futuriste à Montmartre ». Un artiste méconnu que le commissaire-priseur Pascal Blouet et les experts du cabinet Perazzone-Brun invitent à redécouvrir le 17 janvier prochain en Mayenne et en live sur Interencheres, à l’occasion de la vente de quatre œuvres inédites sur le marché, estimées de 8 000 à 20 000 euros.

 

Quatre œuvres inédites de Félix Del Marle aux enchères en Mayenne

Exécutés entre 1912 et 1915, ces pastels, encre et fusain témoignent de la fascination de Félix Del Marle pour la vie moderne, dont il représente les nouveautés technologiques et industrielles. Ainsi sa Trémoutarde, rythme est inspirée d’un court métrage muet français réalisé par le comédien Georges Monca en 1908 et sorti en 1915, tandis que ses Station de métro Montparnasse et Métro, gare d’Orléans évoquent les nouveaux réseaux de transport en commun qui naissent dans le Paris de la Belle Epoque. Des plaques de métro, une horloge, un escalier, des structures métalliques, un homme à quai, des journaux, disloqués à la manière cubiste, y sont enchevêtrés au sein d’une même composition, sous la forme de motifs géométriques indépendants les uns des autres. L’œuvre ne donne dès lors plus à voir un fragment du réel, mais « une synthèse de ce dont on se souvient et de ce que l’on voit », dans laquelle chaque objet révèle par ses lignes une sensation de dynamisme et de mouvement – la vitesse des nouveaux transports, le défilement des images cinématographiques ou la danse animée d’une Patineuse, dévoilant simultanément son visage et l’arrière de son corps. Autant de procédés destinés à « faire vivre le spectateur au centre du tableau » et qui valurent à Félix Del Marle d’être exposé à plusieurs reprises aux côtés de ses pairs, du 30e Salon des Artistes Indépendants à l’exposition « Cubisme, Orphisme, Futurisme » de la galerie bruxelloise Giroux en 1914.

Enchérir | Suivez la vente Félix Del Marle du 17 janvier en live sur interencheres.com

 

Haut de page

Vous aimerez aussi

Le matériel d’une école de cirque en vente dans le Gers

Le 13 janvier 2021 | Mis à jour le 13 janvier 2021

Suite à une liquidation judiciaire, l’intégralité du matériel d’une école de cirque sera dispersée aux enchères le 15 janvier à Vic-Fezensa, dans le Gers. Au programme : 193 lots destinés […]

Défilé de ventes Militaria

Le 7 janvier 2021 | Mis à jour le 7 janvier 2021

Les passionnés de Militaria et souvenirs historiques auront le choix parmi une quarantaine de ventes organisées en ce début d’année 2021. Au programme, des casques, insignes, affiches ou médailles datant […]