Jusqu’à 245 000 € pour une toile d’un suiveur de Fragonard et un cuivre du maître flamand Osias Beert

06/03/2020

A Paris et Saint-Martin-Boulogne, une toile d’un suiveur de Fragonard et un cuivre du peintre flamand Osias Beert, dit L’Ancien, ont pulvérisé leurs estimations, adjugés à 245 760 et 107 300 euros, tandis qu’à Vendôme le Nationalmuseum de Stockholm remportait pour 43 200 euros un autoportrait de la Finlandaise Maria Wiik. Découvrez les résultats enregistrés dans les maisons de ventes du 24 février au 1er mars 2020.

 

Un bouquet de fleurs d’Osias Beert adjugé à 107 300 euros

Le 29 février à Saint-Martin-Boulogne, dans le Pas-de-Calais, un cuivre du peintre flamand Osias Beert, dit « L’Ancien » (1580-1624), a pulvérisé son estimation haute, fixée à 30 000 euros, trouvant preneur à 107 300 euros (frais compris), lors d’une vente organisée par Julien Debacker et Anne Richmond. Figurant un Bouquet de fleurs, il évoquait un épisode célèbre de l’histoire économique, la « tulipomanie ». « La montée des prix exorbitante des plantes à bulbes, dans le premier tiers du XVIIe siècle en Flandres, mena à la première bulle spéculative, puis à l’effondrement des cours en 1637 et à la ruine des investisseurs, détaillent les experts du cabinet Turquin. Au centre, l’une des fleurs les plus chères de l’époque, la tulipe « vice-roy », blanche striée de rouge, dont on rapporte qu’un seul bulbe se serait échangé contre 2500 florins de l’époque, une véritable fortune. Autour sont disposés cinq jonquilles, un crocus et d’autres tulipes rouges encore fermées, et un bleuet, symbole de pureté. Mais les fleurs ne sont belles que quelques instants. Comme la rose à gauche, elles fanent rapidement. Le papillon, animal éphémère par excellence, fait référence à la fragilité de notre existence. Il s’agit de symboles des « vanités » présents dans la plupart des natures mortes de cette époque. Tout aussi précieuse et luxueuse, la céramique chinoise Wan-Li blanche et bleue, à décor de feuilles, est quant à elle posée sur l’entablement. » Reçu maître à Anvers en 1602, Osias Beert est considéré comme l’un des précurseurs de la première génération des peintres de nature morte, accordant à ce genre une place prépondérante. Resté longtemps méconnu, il est redécouvert au XXe siècle suite à la publication d’un article de Curt Benedict publié en octobre 1938 dans l’Amour de l’Art, « Un peintre oublié de natures mortes ».

 

Une toile d’un suiveur de Fragonard adjugée à 245 760 euros

A Paris, le 27 février, c’est une école française du XIXe siècle d’un suiveur de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) qui créait la surprise. Estimée entre 2 000 et 3 000 euros, elle s’est envolée à 245 760 euros (frais compris), sous le marteau de David Nordmann, de la maison de ventes Ader. Cette peinture, titrée La Gimblette, reprenait l’un des motifs célèbres du maître, dévoilant une jeune femme jouant dans son lit avec son chien en lui tendant un gâteau sec appelé gimblette, une spécialité d’Albi. Elle avait été vendue à deux reprises, en 1961 puis en 1971 au Palais Galliera à Paris, présentée d’abord comme étant attribuée à Fragonard, avant d’être expertisée comme une copie exécutée d’après l’artiste. « Le tableau a ensuite été perdu et Pierre Rosenberg l’a reproduit dans le catalogue raisonné de 1989 en précisant qu’il refusait de se prononcer sur son attribution, n’ayant pu le revoir depuis plusieurs années », détaille Julie Ducher, experte au cabinet Turquin. « En l’état actuel, nous ne l’aurions donc pas décrit autrement qu’en tant qu’école française du XIXe siècle. »

 

Un Autoportrait de Maria Wiik acheté pour 43 200 euros par le Nationalmuseum de Stockholm

A Nancy, une icône égypto-romaine du IIe siècle après J.-C., présentée par la maison de ventes Nabécor, s’est envolée quant à elle à 73 680 euros (frais compris), tandis qu’à Vendôme, sous le marteau de Philippe et Aymeric Rouillac, un Autoportrait de Maria Wiik (1853-1928) était remporté pour 43 200 euros (frais compris) par le Nationalmuseum de Stockholm. Présenté avec une dizaine d’autres tableaux de l’artiste finlandaise, il provenait directement de sa famille et était daté autour de 1886. « Entre son autoportrait de jeunesse au crayon réalisé vers 1870 et conservé au musée municipal d’Helsinki, et son autoportrait de 1917 présenté à l’Ateneum d’Helsinki, notre autoportrait de trois-quarts figure l’artiste en pleine maîtrise de son art, détaillent les commissaires-priseurs. Son visage éclairé depuis le bord supérieur gauche résume tout le travail de l’artiste sur la lumière et traduit l’influence de ses voyages à Paris et en Normandie. Cette toile majeure ouvre d’ailleurs l’ouvrage qui lui est consacré en 1954 par Pia Katerma. »

 

Découvrez notre sélection de résultats du 24 février au 1er mars 2020 dans notre galerie en image ci-dessous. Tous les prix de la galerie sont indiqués hors frais de vente.

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