Modiste à Paris dans les années 1930, Louise Boulanger (1878-1950) a fait l’acquisition tout au long de sa vie de nombreuses œuvres d’art classiques et modernes. Le 30 juin à Saint-Jean-de-la-Ruelle, une partie de sa collection était dispersée aux enchères, dont des pièces adjugées jusqu’à près de 25 000 euros et signées Jean Dunand, Henri Simmen et Richard Guino.
Apprentie au sein d’une maison de couture dès l’âge de 13 ans, Louise Boulanger (1878-1950), née Melenot, fait ses gammes auprès de la grande couturière française Louise Chéruit, avant d’ouvrir son propre salon en 1927, comptant parmi ses clients des célébrités telles que Marlène Dietrich. « Elle fait partie de cette génération de créateurs qui ont véritablement changé la silhouette de la femme au début du XXe siècle, en proposant des vêtements plus fluides et décontractés », explique Matthieu Semont qui présentait aux enchères le 30 juin à Saint-Jean-de-la-Ruelle une sélection d’œuvres d’art provenant de la collection de cette modiste active à Paris durant l’entre-deux-guerres.
Des pièces signées de grands artistes décorateurs, de Jean Dunand à Henri Simmen
Conservées jusqu’alors précieusement par les arrière-petites-filles de Louise Boulanger, les pièces de la collection témoignent des goûts éclectiques de la créatrice. Du mobilier classique, de style Louis XVI, et une paire de flambeaux en bronze doré du début du XIXe siècle provenant du palais des Tuileries côtoyaient ainsi des œuvres signées de grands noms de l’art moderne. « Nous présentions notamment une belle table en bois laqué de Jean Dunand (1877-1942) (adjugée à 20 262 euros frais compris), un vase de Georges Bastard (1881-1939) qui s’illustra dans les années 30 par son travail de l’ivoire brut (19 034 euros), une coupe en cuivre martelé de Jean Serrière (1893-1968) qui exposa au Salon des Artistes Décorateurs et collabora même à certains meubles d’Eugène Printz, ainsi qu’un très beau vase en grès d’Henri Simmen (1880-1963) (21 122 euros). » Arborant une couleur rouge orangé éclatante obtenue à partir de la plaquemine, la céramique est caractéristique du style oriental que l’artiste adopte à la suite d’un voyage en Extrême-Orient où il découvre les techniques d’émaillage chinoises, coréennes et japonaises.
Par PHILOCALE à Saint-Jean-de-la-Ruelle
le 30/06/2020 : Paire de flambeaux à canéphores à l’antique en bronze ciselé et redoré supportant un bouquet de trois lumières, reposant sur une colonne tronquée cannelée à base circulaire à degrés.
Marques d’inventaire : TU couronné 12824 et 27524 sous la base.
Attribué à François Rémond, circa 1800
H. : 44 cm L. 29 cm
Provenance : palais des Tuileries où notre paire de flambeaux est inventoriée en 1833.
Note :
Notre paire de flambeaux est une variante du modèle original attribué au doreur parisien François Rémond (1747-1812), reçu maître en 1774 et au fondeur François-Aimé Damerat, reçu maître en 1781, dont les premières livraisons au marchand-mercier Dominique Daguerre sont enregistrées en 1784.
Le 10 avril 1784 Rémond demande 1100 livres » Pour fourniture d’une paire de petits flambeaux à 3 figures et Corbeille, sur un pied à trois Consolles » (AN, 183 AQ 2, p.41), et au mois de juillet, 800 livres pour la livraison » d’une paire de petits flambeaux à Groupe de figures « .
Le 23 mars 1785, une paire est livrée au Comte d’Artois pour le palais du Temple au prix de 950 livres et le 16 mai 1786, la princesse Kinsky en acquiert une paire pour son hôtel de la rue Saint-Dominique. Ces deux dernières paires furent confisquées lors de la Révolution et l’une fût envoyée au palais du Luxembourg puis aux Tuileries. Les deux paires sont aujourd’hui conservées à la Wallace Collection sans qu’il ne soit possible de les distinguer.
Dans les années 1790, un modèle avec quelques variantes voit le jour, en particulier au niveau de la base qui devient circulaire à trois degrés supportant une colonne tronquée cannelée. Si les trois figures sont toujours exécutées par François Damerat, la nouvelle base et le panier sont réalisés par Leboucher. Une paire apparaît le 30 août 1796, lors de la dispersion de la collection de Monsieur Tavernier de Boullongne.
Nos luminaires semblent être la dernière évolution de ce modèle, Rémond conserve la base circulaire et le panier de vannerie portant fleurs et fruits mais remplace les trois figures féminines par une femme de face vêtue à l’antique et adjoint à la bobèche un bouquet de trois lumières sur lequel l’influence de l’égyptomanie est déjà présente.
Bibliographie :
– Christian Baulez Le luminaire de la princesse Kinsky, L’Estampille/L’Objet d’art, 247, mai 1991, p.84-99.
– P. Hugues, The Wallace Collection, III, Londres, 1996, pp.1259-1263.
Provenance : collection Suzanne Boulanger, modiste à Paris dans les années 30. Voir le lot
Par PHILOCALE à Saint-Jean-de-la-Ruelle
le 30/06/2020 : Jean DUNAND (1877-1942)
Table d’appoint en bois laqué noir à plateau carré et angles en pans coupés. Large ceinture quadrangulaire, piètement d’angle à jambes triangulaires pleines sur patin métallique. Signée du cachet Jean Dunand laqueur sous le plateau.
Haut. 60 cm – plateau : 34,5 x 34,5 cm
Bon état général, petits sauts de laque et petits coups au piètement et en bordure du plateau, petites restaurations en bordure du plateau.
Provenance : collection Louise Boulanger, modiste à Paris dans les années 30.
Bibliographie : Félix Marcilhac, Jean Dunand vie et oeuvre, Les Éditions de l’Amateur, Paris, 1991, modèle à dimension différente référencé sous le n° 400 et reproduit p. 248.
Cette table sera reproduite dans l’ouvrage à paraître aux Éditions Norma sur Jean Dunand en novembre 2020, par Félix & Amélie Marcilhac. Voir le lot
Par PHILOCALE à Saint-Jean-de-la-Ruelle
le 30/06/2020 : Jean SERRIÈRE (1893-1968)
Coupe campaniforme en dinanderie à jambe centrale galbée et base circulaire en léger gradin. Décor en argent coulé de trois jeunes femmes nues assises sur fond martelé de cuivre patiné, frise de rectangles en partie haute et de demi-cercles en partie basse. Signé du monogramme sous la base.
Haut. 20,5 cm
Bon état général, col légèrement cabossé à deux endroits.
Provenance : collection Louise Boulanger, modiste à Paris dans les années 30, acquise par cette dernière à la galerie Hébrard, rue Royale à Paris, qui, chaque année, expose les créations de Serrière.
Bibliographie : L.-Ch. Watelin, » Jean Serrière, peintre et batteur de métal « , L’art & les artistes, Paris, 1924, Tome IX, notre coupe reproduite p. 319.
Jean Serrière (1893-1968)
Né à Nancy en 1893, Jean Serrière arrive à Paris en 1900 pour faire ses études à la Palette et l’Académie Lejeune. Dès 1921 il expose au Salon des Artistes Décorateurs, pour y présenter des dinanderies et ses premiers émaux. De 1920 à 1933 il participe aux expositions permanentes chez Hébrard à Paris, collaborant même à certains meubles d’Eugène Printz
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Par PHILOCALE à Saint-Jean-de-la-Ruelle
le 30/06/2020 : Georges BASTARD (1881-1939)
Vase en taille directe en ivoire à corps conique et épais, col arrondi. Signé du monogramme de l’artiste, daté 1930 et marqué en toutes lettres G. Bastard.
Haut. 16,3 cm Poids : 2150g
Bon état général, petites traces d’humidité et de saleté en partie interne.
Provenance : collection Louise Boulanger, modiste à Paris dans les années 30. Voir le lot
Par PHILOCALE à Saint-Jean-de-la-Ruelle
le 30/06/2020 : Henri SIMMEN (1880-1963)
Vase couvert en grès à corps sphérique godronné et petit col rentré à épais émail rouge orangé. Couvercle d’origine floriforme en ébène sculpté (manque un élément central). Signé sous la base.
Haut. 8,6 cm
Bon état général, manque
Provenance : collection Louise Boulanger, modiste à Paris dans les années 30.
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Trois panneaux en acajou de Richard Guino
Estimés de 2 000 à 5 000 euros, trois panneaux en acajou dévoilaient quant à eux le travail personnel de Richard Guino (1890-1973), célèbre pour avoir collaboré à l’œuvre sculptée d’Auguste Renoir. Formé auprès de Maurice Denis et Aristide Maillol, ce sculpteur français d’origine espagnole s’illustra à travers diverses techniques, de la taille du bois et du marbre, au modelage de la céramique, produisant des œuvres sensuelles peuplées de figures féminines inspirées de la mythologie grecque. « Les panneaux que nous présentions étaient réalisés en bas et haut-relief et représentaient l’Abondance, Pan et une bacchante ainsi que l’Amour et Vénus. »
Par PHILOCALE à Saint-Jean-de-la-Ruelle
le 30/06/2020 : Richard GUINO (1890-1973)
Abondance. Panneau en bas-relief quadrangulaire en acajou blond sculpté en taille directe d’un décor en haut relief dans un médaillon circulaire. Signé dans le décor.
60 x 60 cm
Bon état général, quelques fissures, panneau renforcé d’une lame de fer forgé au dos.
Provenance : collection Louise Boulanger, modiste à Paris dans les années 30.
Bibliographie : François Fosca, » Guino « , L’art & les artistes, Paris, 1922, Tome IV, p. 72 pour un autre exemple de bas-relief de l’artiste réalisé pour une bibliothèque.
Richard Guino (1890-1973)
Venu de Gérone en Catalogne espagnole, Richard Guino assiste d’abord aux cours du père de Picasso à l’École des Beaux-Arts de Barcelone avant de s’installer à Paris, encouragé par Maillol dont il suit les cours ainsi que ceux de Maurice Denis.
Il expose ensuite dans plusieurs galeries et entre 1913 et 1918, il collabore à l’oeuvre sculptée de Renoir tout en poursuivant son oeuvre personnelle. Il produit, outre des sculptures, de nombreuses céramiques émaillées et des éléments de mobilier. A partir de 1922 et pendant plus de dix ans, la Manufacture nationale de Sèvres édite ses céramiques en grès et en biscuit.
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Par PHILOCALE à Saint-Jean-de-la-Ruelle
le 30/06/2020 : Richard GUINO (1890-1973)
Pan et une bacchante. Panneau en bas-relief quadrangulaire en acajou blond sculpté en taille directe d’un décor en haut relief dans un médaillon circulaire. Signé dans le décor.
75 x 75 cm
Bon état général, quelques fissures, panneau renforcé d’une lame de fer forgé au dos.
Provenance : collection Louise Boulanger, modiste à Paris dans les années 30.
Bibliographie : François Fosca, » Guino « , L’art & les artistes, Paris, 1922, Tome IV, p. 72 pour un autre exemple de bas-relief de l’artiste réalisé pour une bibliothèque.
Richard Guino (1890-1973)
Venu de Gérone en Catalogne espagnole, Richard Guino assiste d’abord aux cours du père de Picasso à l’École des Beaux-Arts de Barcelone avant de s’installer à Paris, encouragé par Maillol dont il suit les cours ainsi que ceux de Maurice Denis.
Il expose ensuite dans plusieurs galeries et entre 1913 et 1918, il collabore à l’oeuvre sculptée de Renoir tout en poursuivant son oeuvre personnelle. Il produit, outre des sculptures, de nombreuses céramiques émaillées et des éléments de mobilier. A partir de 1922 et pendant plus de dix ans, la Manufacture nationale de Sèvres édite ses céramiques en grès et en biscuit. Voir le lot
Par PHILOCALE à Saint-Jean-de-la-Ruelle
le 30/06/2020 : Richard GUINO (1890-1973)
Amour & Vénus. Panneau en bas-relief quadrangulaire en acajou blond sculpté en taille directe d’un décor en haut relief dans un médaillon circulaire. Signé dans le décor.
60 x 60 cm
Bon état général, quelques fissures, panneau renforcé d’une lame de fer forgé au dos.
Provenance : collection Louise Boulanger, modiste à Paris dans les années 30.
Bibliographie : François Fosca, » Guino « , L’art & les artistes, Paris, 1922, Tome IV, p. 72 pour un autre exemple de bas-relief de l’artiste réalisé pour une bibliothèque.
Richard Guino (1890-1973)
Venu de Gérone en Catalogne espagnole, Richard Guino assiste d’abord aux cours du père de Picasso à l’École des Beaux-Arts de Barcelone avant de s’installer à Paris, encouragé par Maillol dont il suit les cours ainsi que ceux de Maurice Denis.
Il expose ensuite dans plusieurs galeries et entre 1913 et 1918, il collabore à l’oeuvre sculptée de Renoir tout en poursuivant son oeuvre personnelle. Il produit, outre des sculptures, de nombreuses céramiques émaillées et des éléments de mobilier. A partir de 1922 et pendant plus de dix ans, la Manufacture nationale de Sèvres édite ses céramiques en grès et en biscuit. Voir le lot