Descendant d’une célèbre dynastie d’horlogers, Léon Leroy (1876-1961) s’est imposé parmi les fabricants et marchands d’horlogerie les plus renommés de la première moitié du XXe siècle et a réuni, tout au long de sa vie, montres et documents exceptionnels retraçant l’histoire de son métier. Sa collection sera dispersée aux enchères à Paris le 26 juin à l’occasion de la traditionnelle vente de juin de la maison Chayette et Cheval, Charlotte van Gaver, dédiée à l’horlogerie et aux sciences annexes.
Leroy & Cie : l’horlogerie de luxe à la française
La maison Leroy a profondément marqué l’histoire de l’horlogerie, du XVIIIe siècle à nos jours. Cette longue lignée d’inventeurs et marchands français a imposé sa signature au fil du temps, faisant de Leroy & Cie l’une des marques les plus renommées de l’horlogerie de luxe. Grand Prix de l’Exposition Universelle de Paris de 1900, la montre « Leroy 01 » s’est imposée, par sa technologie complexe et inventive, comme la référence en matière d’horlogerie, avant qu’elle ne soit détrônée en 1989 par la montre gousset « Calibre 89 » signée de l’horloger suisse Patek Philippe. En 1900, l’entreprise est alors tenue par Louis Leroy et son jeune frère Léon (1876-1961) qui l’a rejoint un peu plus tôt en tant qu’associé. Installée boulevard de la Madeleine à Paris, elle compte des clients prestigieux, de Franklin D. Roosevelt à Antoine de Saint-Exupéry, Marcel Proust ou Henri Matisse. A la mort de Louis Leroy en 1935, Léon transfère la boutique rue du Faubourg Saint-Honoré où elle restera le siège de la société jusqu’à ce que celle-ci soit cédée dans les années 1980 à un groupe installé en Suisse.

Les dernières pièces de la collection privée de Léon Leroy en vente le 26 juin
De 1885 à sa mort en 1961, Léon Leroy participa activement au rayonnement mondial de l’entreprise. Il constitua dans le même temps une collection de montres et documents exceptionnels retraçant l’histoire de son métier. « Une première vente de cette collection avait eu lieu en mars 1982 sous le marteau d’Hervé Chayette, mon prédécesseur. Aujourd’hui, nous nous apprêtons à disperser les dernières pièces qui subsistent », explique Charlotte van Gaver, commissaire-priseur au sein de la maison parisienne Chayette & Cheval, qui dispersera aux enchères le 26 juin prochain à Paris et en live sur interencheres.com, des livres, documents, correspondances, montres, chronomètres de marine et gravures provenant de cette prestigieuse collection familiale, à l’occasion de la traditionnelle vente de juin dédiée à l’horlogerie et aux sciences annexes.

Une bibliothèque de référence et des montres retraçant l’histoire de l’horlogerie
« Les ouvrages présentés à la vente constituent l’une des bibliothèques les plus importantes consacrées à l’horlogerie », détaille Anthony Turner, expert en horlogerie et montres de collection. A leurs côtés, des portraits d’horlogers et savants offrent un témoignage de la décoration intérieure de la maison familiale des Leroy, de même qu’un bureau à cylindre (estimé 600 – 800 euros) utilisé par Léon Leroy invite à pénétrer son appartement parisien. « Datées du XVIIe au XXe siècle, les montres que nous présentons révèlent quant à elles le souci de Léon Leroy de constituer une collection retraçant toute l’histoire de l’horlogerie. Elles sont en outre accompagnées des notes manuscrites de la main de Léon Leroy. »

Des pièces exceptionnelles estimées jusqu’à 5 000 euros
Par leur mécanisme innovant, de nombreuses pièces de la collection firent l’objet d’expositions. C’est le cas notamment de la montre à détente en argent (estimée 1 200 – 1 500 euros) signée Théodore Leroy (1827-1899) qui fut présentée, près d’un an après son invention, à l’exposition de la Chronométrie en 1935. « Il s’agit du mécanisme le plus complexe et précis que l’on puisse mettre dans une montre, explique l’expert. Elle fut fabriquée par le père de Léon en 1847, à la fin de son apprentissage chez le chronométrier Simon Vissière (1822-1887). » La montre à virgule décimale en argent (estimée 4 000 – 5 000 euros), datée autour de 1795, figura quant à elle dans la section rétrospective de l’Exposition du Décor moderne, de l’horlogerie et de la bijouterie, au Musée Galliera en 1921. « Cette montre purement décimale est très rare et aurait appartenu, d’après la fiche de Leroy et la tradition familiale, à Louis Antoine Léon de Saint-Just (1767-1794), un acteur important de la Révolution française. » Autre pièce d’exception, la montre à verge cruciforme (estimée 3 000 – 4 000 euros) offre un témoignage du style néo-renaissance qui apparaît au cours de la première moitié du XIXe siècle, tandis qu’une montre à cylindre en or (estimée 1 200 – 1 500 euros) révèle, à son ouverture, une miniature signée Wegner Alexandre Matveyevitch (1824-1894), peintre et membre de l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg à qui l’on doit de nombreux portraits de la famille impériale et de la noblesse russes. « Cette vente est une occasion unique d’acquérir une pièce provenant directement de la collection privée de cette dynastie de fabricants et marchands au nom prestigieux et à la renommée internationale. »