L’atelier de l’illustrateur Auguste Roubille aux enchères à Deuil-la-Barre

24/01/2020

Le 28 janvier à Deuil-la-Barre, plus de soixante-dix œuvres de l’atelier d’Auguste Roubille seront dispersées aux enchères par Valérie Régis. L’occasion de découvrir le travail de ce peintre, dessinateur, décorateur et graveur qui marqua la Belle époque par ses illustrations et caricatures mêlant au grotesque et à l’humour, un goût pour les compositions stylisées et élégantes.

 

Auguste Roubille, un « divertisseur artiste »

Décorateur, illustrateur, caricaturiste, peintre et graveur, Auguste Roubille est de ces artistes aux multiples talents, capable de traduire aussi bien le burlesque d’un spectacle de cirque, que de dessiner la silhouette gracieuse d’une élégante, parée de ses plus beaux atours. Ainsi apparaît-il tel un « divertisseur artiste », sous la plume du poète et critique d’art Tristan Klingsor (1874-1966) : « Du décorateur, Roubille a conservé l’amour de la simplification et tout en même temps l’amour de l’harmonie des lignes et des couleurs. Il n’est pas tant un montreur de grossières tares physiques poussant le grotesque jusqu’à la cruauté, qu’un peintre épris de formes amusantes et de couleurs choisies ; il n’est ni prédicant, ni philosopheur, ni même satirique : il se contente d’être un divertisseur artiste. »

 

Auguste Roubille (1872-1955), « Le cirque », 1925, gouache sur papier signée et datée en bas à droite. Probablement un projet d’illustration. Papier légèrement jauni. Tâches et manques. H : 57 L : 40 cm. Estimation : 50 – 80 euros.

 

Les dernières œuvres de l’atelier mises en vente à Deuil-la-Barre

« Auguste Roubille est l’un des plus grands illustrateurs du début du XXe siècle, détaille Jules Régis, collaborateur au sein de l’étude Deuil-la-Barre Montmorency. Il a exposé à de nombreuses reprises à Paris et a travaillé pour les journaux les plus en vue de son époque, de Fantasio à L’Assiette au Beurre. » Aujourd’hui, ses œuvres sont conservées dans de prestigieux musées tels que le musée d’Orsay, tandis que la famille gardait encore précieusement des peintures, dessins et gravures inédites. « Une première partie du fonds d’atelier a été dispersée en 1977 et nous présenterons le 28 janvier à Deuil-la-Barre la deuxième et dernière partie. Elle comprend notamment des œuvres qui n’étaient jusqu’alors jamais sorties du cercle familial. »

 

Georges Goursat, dit Sem (1863-1934) et Auguste Roubille (1972-1955), « Sem au bois », ou « Le Retour des Courses », ouvrage publié en 1907. Estimation : 500 – 800 euros.

 

Un album réalisé avec le caricaturiste Sem

De son travail demeurent des Unes de journaux satiriques, des dessins de plantes et animaux croqués au gré de pérégrinations au Jardin d’Acclimatation, des peintures de femmes parées à la dernière mode ou de scènes d’amour au parc. « Estimé entre 500 et 800 euros, le lot le plus attendu de la vente est un album réalisé avec l’illustrateur et caricaturiste Marie Joseph Georges Goursat dit Sem (1863-1934). Publié en 1907, il comprend un panorama lithographique en couleurs de neuf mètres de long avec une maquette de calèche en bois exceptionnelle, et met en scène les figures les plus en vue du Paris de la Belle Epoque, revenant de l’hippodrome du bois de Boulogne. Paul-César Helleu, ami proche de Sem et portraitiste des élégantes, y est notamment représenté, ainsi que l’écrivain Colette accompagnée de son mari Willy. Un exemplaire similaire est aujourd’hui conservé au musée Bonnat-Helleu de Bayonne. »

 

Auguste Roubille (1872-1955), « L’absinthe », c.1900, huile sur panneau. H : 27 L : 21,5 cm. Panneau légèrement cintré. Estimation : 200 – 300 euros.

 

Des toiles estimées à moins de 300 euros

Seront également dispersés des lots de dessins estimés à partir de 50 euros et regroupés par thèmes – oiseaux, vaches, chevaux, automobiles, sports, voyages… – des projets inédits pour des couvertures de journaux, ainsi que des tableaux, estimés à moins de 300 euros. « Ces tableaux sont de très belle facture et dévoilent les sources d’inspiration de l’artiste, qui reprend notamment l’un des chefs-d’œuvre de Manet avec son Absinthe peinte autour de 1900. Nous avons estimé cette huile sur panneau entre 200 et 300 euros, mais elle devrait donner lieu à une belle bataille d’enchères. »

 

Découvrez nos coups de cœur de la vente de l’atelier d’Auguste Roubille

 

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