Le 29 mars 2022 | Mis à jour le 29 mars 2022

L’atelier du peintre surréaliste Lucien Mathelin dispersé aux enchères à Paris

par Magazine des enchères

Le 31 mars à Paris, Guillaume Crait et Thomas Müller disperseront aux enchères une centaine de tableaux provenant de l’atelier de Lucien Mathelin. L’occasion pour les enchérisseurs de plonger dans l’univers atypique de ce peintre surréaliste du XXe siècle qui n’a eu de cesse d’utiliser les images pour dénoncer des faux-semblants et les impostures de la société contemporaine.

 

Issu d’une famille d’artistes d’origine belge, Lucien Mathelin (1905-1981) livre sa première toile à l’âge de 15 ans et fréquente très tôt les intellectuels et personnalités artistiques de son temps, à l’instar des musiciens Arthur Honegger et Marcel Landowski. Familier du mouvement Dada et des surréalistes, il impose un regard ironique et contestataire sur le monde, usant d’associations symboliques d’idées et d’images pour dénoncer les faux-semblants et impostures. « Il remet en question les relations que nous avons aux choses, aux institutions ou aux habitudes, se servant de l’humour comme exhausteur de goût et révélateur de comportements absurdes. Certaines de ces œuvres ne sont pas sans rappeler la causticité, la verve mais également la poésie singulière de Marcel Duchamp ou René Magritte. Sa fille Marie définit son art comme un “surréalisme trompe-l’œil” », détaille l’experte Pauline Chanoit.

 

Lucien Mathelin, un artiste contestataire

En 1970, Lucien Mathelin réalise l’une de ses séries les plus subversives, les Monumensonges, qu’il expose en 1971 au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. « Le peintre représente avec irrévérence une série de monuments de la capitale, comme l’Opéra de Paris dévasté devant un tas d’instruments en lambeaux, l’Hôtel de Ville cerné de déchets et couronné d’une bouteille de vin ruisselante ou encore le Sacré-Cœur de Montmartre établi sur une montagne rouge-sang et présenté comme un gâteau d’anniversaire… » Au sein de cette série, deux toiles représentant L’Arc de Triomphe et L’Élysée indignent l’opinion publique, jugées attentatoires au Chef de l’Etat et au Soldat Inconnu. Si les toiles sont décrochées sur ordre du Préfet de Paris, l’audace et le talent de l’artiste sont salués par la critique. 

 

Lucien Mathelin (1905-1981), Le Triomphe de la mort, 1971, huile et technique mixte sur toile. 117 x 150 cm. Estimation : 400 – 600 euros.

 

Les chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art revisités avec humour 

Ce goût de la contestation et de l’humour-franc marque également la série des Détournements d’œuvres en péril. Dans cette ultime série de tableaux, Lucien Mathelin s’amuse à détourner les grands chefs d’œuvres de l’histoire de l’art avec ironie. Ainsi, la Joconde est vêtue d’un short, les paysans de Millet subissent la pollution industrielle alors que l’Odalisque de Boucher est plongée dans la lecture des Malheurs de Sophie. Autant d’œuvres témoignant de l’esprit fantasque et provocateur de Lucien Mathelin qui seront dispersées aux enchères le 31 mars prochain à Paris, à l’occasion de la vente de son atelier.

Enchérir | Suivez la vente de l’atelier de Lucien Mathelin le 31 mars en live sur interencheres.com

 

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