Le 30 juin 2014 | Mis à jour le 1 juillet 2014

Le lit impérial de Madame Mère aux enchères

par Interencheres

[Le lot du jour] Entre 1804 et 1814, période du style Empire et règne de Napoléon Bonaparte, l’Empereur impose un style massif et imposant, reflet du pouvoir impérial et de son prestige. L’antique, présent depuis Louis XVI, est alors à son apogée, comme en témoigne le hiératisme de l’architecture et du mobilier Empire. Cette tendance se retrouve également dans les intérieurs bourgeois et dans la chambre à coucher où les lits étaient vus de côté et placés dans des alcôves habillées de mousselines et de soieries. Typique de ce style, Maître Jean-Emmanuel Prunier mettra en vente le dimanche 6 juillet 2014 à Louviers, un rare lit-bateau de 1812-1815 ayant appartenu à Maria-Letizia Ramolino (1750-1836), la mère de Napoléon Ier.

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Pour contribuer à la monumentalité du mobilier, le bois avait une importance capitale. Il devait être de qualité, c’est pourquoi les ébénistes employèrent couramment l’acajou. « Notre lit-bateau fut fabriqué avec l’un des plus beaux : un acajou blond vraisemblablement de Cuba ou de Saint-Domingue », précise Maître Jean-Emmanuel Prunier. En forme de nef de bateau, il arbore de grandes surfaces sobres, des chevets à enroulements symétriques, des colonnes et des pilastres posés sur une estrade. Le bois apparaît donc massivement, sans marqueterie et sans fioriture.

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Seuls quelques bronzes à la fois mates et brillants ornent généralement le mobilier de manière ponctuelle. Les sculptures sont ciselées avec finesse et d’une excellente composition. « Elles sont de qualité équivalente à celle de Thomire », précise le commissaire-priseur, en référence au grand maître bronzier Pierre-Philippe Thomire (1751-1843). Au centre d’une couronne de laurier est représenté un aigle, emblème de l’Empereur et de la Rome impériale. Des chars tirés par des lions, des palmes grecques et des têtes de béliers ornant les chevets à enroulements sont d’autres symboles de l’art antique.

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Ce lit s’inscrit parfaitement dans cette mouvance artistique. Il vient du palais Bonaparte de Rome de Madame Mère avant d’appartenir à la collection de Mancel Coti, un grand marchand de Paris des années 1950. Grand mobilier de cour, il a également fait l’objet d’une exposition à la biennale des antiquaires en 1967 à Paris.Dormir dans les bras de Morphée n’aura jamais été aussi royal avec ce lit estimé 4 000 euros…

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Lien vers l’annonce de cette vente aux enchères

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