Du meuble de provenance royale aux fauteuils les plus communs, le marché du mobilier XVIIIe s’étire entre enchères millionnaires et invendus. Résultats de ventes, estimations et avis de deux experts pour faire le tri.
A Saint-Germain-en-Laye, le 25 novembre, une commode ayant appartenu à Louis XV et estampillée de Charles Cressent est mise en vente avec une estimation de 500 000 à 700 000 euros. A Versailles, le 26 novembre, une paire de chaises royales d’époque Louis XVI, attribuées à Georges Jacob et provenant du Château de Fontainebleau, est proposée par la maison Osenat entre 15 000 et 20 000 euros. A Paris, la FAB (Fine Art La Biennale) accueille des stands dédiés au XVIIIe siècle… Les meubles du Siècle des Lumières sont décidément au cœur de l’actualité. Faut-il pour autant en déduire que ce marché a le vent en poupe ? Selon Pierre-François Dayot, expert de la commode de Cressent, « il existe un intérêt en ce moment pour le mobilier XVIIIe, le marché semble assez stable et solide, mais la hiérarchie est respectée entre les meubles d’exception et les choses plus courantes ». Pour preuve, les estimations de la vente de la collection Fink à Saint-Germain-en-Laye : 500 000 à 700 000 euros pour la commode Cressent, et 3 000 à 5 000 euros pour une autre commode, d’époque Louis XVI et joliment marquetée, mais sans provenance prestigieuse.
Commode par Charles Cressent (1685-1768). Epoque Louis XV. H : 89 cm – L : 149 cm – P : 66 cm. Estimée entre 500 000 et 700 000 euros. En vente à Saint-Germain-en-Laye le 25 novembre.
« Le marché était très fort dans les années 1980-1990, avec des prix certainement trop élevés pour des petits meubles, et il est plutôt baissier depuis les années 2000, même si chaque année des pièces formidables sortent, ajoute l’expert, et ces très gros prix permettent au reste du marché de se structurer ». Pierre-François Dayot fait notamment référence ici à la vente de la collection Rothschild, orchestrée en octobre dernier à New York, au cours de laquelle des fauteuils ayant appartenu à Jeanne Dubarry se sont envolés à plus de 6 millions de dollars…
Importante paire de chaises royales attribuées à Georges Jacob et provenant du château de Fontainebleau. Attribuées à Georges Jacob. Epoque Louis XVI. H : 88,5 cm, L : 51 cm. Collection Larminet-Davioud. Provenance : Château de Fontainebleau à la fin de l’Ancien Régime. Estimée entre 15 000 et 20 000 euros. En vente à Versailles le 26 novembre.
Des meubles de prestige plébiscités à l’international
L’expert Guy Delmas parle de son côté d’un « marché à deux vitesses, d’un côté les meubles de prestige qui répondent à plusieurs critères, qualité de fabrication, pedigree et historique, avec si possible la marque au W de Versailles, et de l’autre les meubles courants qui ne trouvent plus acquéreur, même si il y a eu un petit sursaut pendant la pandémie ». Pour la première catégorie, les acheteurs sont internationaux, et prêts à mettre le prix pour avoir un petit bout d’histoire de France. Dans les mois à venir, les soubresauts de l’actualité internationale peuvent néanmoins peser sur ces acheteurs, en particulier pour ceux venus du Moyen-Orient.
Le marché des meubles XVIIIe plus courants est en revanche essentiellement français, et moins actif. Résolument optimiste, Pierre-François Dayot veut croire que le XVIIIe siècle commun peut encore séduire : « Bien sûr, ce ne sont pas des opportunistes ou des spéculateurs, mais nous avons des acheteurs cultivés qui achètent une ou deux pièces pour leurs intérieurs ».
À condition bien sûr que ces intérieurs puissent accueillir des meubles aux proportions différentes des meubles d’aujourd’hui.« L’achat classique d’une commode, de deux fauteuils et d’une table bouillotte n’existe plus, les intérieurs sont plus minimalistes, observe Guy Delmas, le secrétaire, l’armoire ont souvent perdu leur place, remplacés par un bureau, et un dressing… » Il se désole de voir que les sièges d’époque Louis XV ou Louis XVI en mauvais état ne trouvent plus acquéreur, car les frais pour les restaurer dépassent largement leur valeur. Et suggère de sauver les armoires XVIIIe, qui se trouvent parfois à moins de 300 euros en ne conservant que les portes, et en les adaptant sur des dressings modernes…
Par SALLE DES VENTES DE CHINON S.A.R.L à Chinon
le 29/11/2023 : Paire de chaises à dossier cabriolet en hêtre mouluré et sculpté, reposant sur quatre pieds mouvementés. Le dossier, la traverse et les raccordements sculptés de fleurettes.
Epoque Louis XV
Haut. 83.5 cm
Usures, restaurations, renforts métalliques des pieds Voir le lot
Par OGER ET BLANCHET à Paris
le 04/12/2023 : Suite de six chaises à dossier plat en hêtre mouluré ; pieds cambrés terminés en enroulements.
Époque Louis XV (piqures et accidents).
Garniture de velours de laine vert à larges motifs floraux.
Légères usures.
101 x 53 x 54 cm. Voir le lot
Par SVV FARRANDO à Paris
le 06/12/2023 : 229. Chaise à dossier violonné en cabriolet en bois relaqué
crème reposant sur quatre pieds cambrés sommés de
motifs en éventail.
Époque Louis XV.
(Petits accidents).
H : 91 cm – L : 54 cm – P : 58 cm Voir le lot
Par Daguerre Val de Loire à Amboise
le 26/11/2023 : FAUTEUIL, d’époque Louis XVI. FAUTEUIL, d’époque Louis XVI, en bois naturel mouluré et sculpté, il repose sur quatre pieds cannelés et fuselés.
Estampille de J. L. BOULARD (Jean Baptiste Boulard reçu Maître le 17 Avril 1754). Voir le lot
Par BERARD – PERON à Corbas
le 25/11/2023 : Paire de FAUTEUILS cabriolet en noyer à dossier mouvementé, à décor de noeuds, garnis de soierie saumon à décor floral polychrome. Epoque Transition Louis XV-Louis XVI. H. 92 cm. Modèle de Gény à Lyon.Taches, restaurations. Voir le lot
Par BERARD – PERON à Corbas
le 25/11/2023 : Petite COMMODE en noyer ouvrant à trois tiroirs en ceinture, les montants arrondis, dessus de bois, garniture de bronzes dorés. Epoque Louis XV. 76 x 100 x 58 cm. Petits accidents. Voir le lot
Par BERARD – PERON à Corbas
le 25/11/2023 : Paire d’ENCOIGNURES de forme triangulaire, plaquées de palissandre, bois de rose et satiné, à décor marqueté en cubes, à pans coupés marquetées de colonnes simulées. Dessus de marbre brèche rouge restaurés. Epoque Transition Louis XV-Louis XVI. 88 x 71 x 44 cm. Petits accidents. Voir le lot
Par BERARD – PERON à Corbas
le 25/11/2023 : BUREAU de pente en noyer ouvrant à un abattant démasquant six tiroirs et un secret, posant sur des pieds cambrés. Époque Louis XV. 96 x 93 x 51 cm. Manques et accidents. Voir le lot
Par BERARD – PERON à Corbas
le 25/11/2023 : TABLE à gibier en noyer posant sur quatre pieds cambrés à pans terminés par des sabots de biche. Epoque Louis XV. Dessus de marbre brèche postérieur. 71 x 60 x 88 cm. Voir le lot
Les arts décoratifs du XVIIIe siècle toujours recherchés
Du côté des arts décoratifs, la situation est plus positive : « Les sculptures, les miroirs, les arts de la table, les pendules… Tout cela se maintient assez bien, estime Guy Delmas. Par exemple, un joli miroir d’1,80 mètre, époque Régence avec une belle dorure, peut valoir autour de 3 500 euros ». Dans les ventes à venir, quelques lots confirment son analyse : une bourdaloue en porcelaine de Vincennes, datée 1748-1750, est estimée entre 15 000 et 20 000 euros chez Pescheteau-Badin le 28 novembre, tandis qu’une pendule de la fin du XVIIIe siècle, en marbre et bronze, est évaluée entre 2 500 et 3 000 euros chez May et Associés le 28 novembre.
Par SVV Pescheteau-Badin à Paris
le 28/11/2023 : Vincennes
Bourdaloue à colimaçon en porcelaine tendre de forme ovale imitant un nautile, l’anse en forme
de branche à fond pourpre et or, à décor polychrome de bouquets de fleurs et insecte, filet or sur
le bord.
Marqué : LL entrelacés et point en bleu.
XVIIIe siècle, vers 1748-1750.
L. 21 cm.
Une égrenure.
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Par Hôtel des Ventes de Clermont-Ferrand – S.A.R.L à Clermont-Ferrand
le 23/11/2023 : Pendule portique en marbre et bronze reposant sur 4 colonnes et une base incurvée. Le mouvement signé de Rocquet à Paris indique les heures, les minutes, les jours de la semaine. Epoque Louis XVI
(échappement modifié)
haut : 70 – long : 43 cm Voir le lot
Par SARL MAY ASSOCIES à Roubaix
le 28/11/2023 : Pendule ovale en marbre blanc bronze patiné et bronze ciselé doré figurant une femme à l’Antique et un faune.
Cadran signé Lieutaud Paris.
Décor de guirlandes de roses, attributs de l’Amour et frise de putti.
Fin du 18ème siècle.
Dim. : 42 x 29 x 15 cm
(mouvement non garanti) Voir le lot
Par GALERIE DE CHARTRES – Mes GODY-BAUBAU – MAICHE – RIVIERE à Chartres
le 25/11/2023 : CARON
Ménagère en argent 1er titre 950 millièmes, modèle rocaille Louis XV, comprenant :
Douze couverts de table ;
Douze couverts à dessert ;
Douze cuillers à café ;
Douze couteaux de table, manches argent fourré, lames acier ;
Six couteaux à dessert, manches argent fourré, lames acier ;
Une Louche.
Poids des couverts : 3650 g – Poids brut des couteaux : 1140 g
Dans leur coffret. Traces d’usage.
Expert : Paul-Louis Flandrin Voir le lot
Par BERARD – PERON à Corbas
le 25/11/2023 : VERSEUSE de forme balustre en argent, bec verseur à décor de rocaille, posant sur trois pieds à coquille déchirée, anse latérale en bois noirci, fretel en rocaille ajourée. Poinçon de Maître : Jacques Charles Chambert, reçu Maître à Versailles en 1760. Epoque Louis XV. Poids brut : 596 g. H. 22 cm. Usures, petite fente au manche. Voir le lot
Par BERARD – PERON à Corbas
le 25/11/2023 : MIROIR en bois doré et sculpté, à fronton à décor de coquille, rocailles et feuillages. Epoque Louis XV. 100 x 61 cm. Petits manques et accidents, glace piquée. Voir le lot
Par BERARD – PERON à Corbas
le 25/11/2023 : PENDULE en bronze doré et marbre blanc à décor d’un amour tenant un coq sur une sellette, encadrant le mouvement à cadran émaillé blanc signé Durand à Paris, posant sur plinthe et pieds patin. Époque Louis XVI. 38 x 31 x 15 cm. Manque le balancier. Voir le lot
Par BERARD – PERON à Corbas
le 25/11/2023 : Paire de CHANDELIERS en bronze doré à fût balustre torsadé à décor de coquilles, et volutes. Epoque Louis XV. H. 27 cm. Voir le lot
Par BERARD – PERON à Corbas
le 25/11/2023 : Paire d’APPLIQUES en bronze doré à deux bras de lumière, à décor Rocaille. Epoque Louis XV. H. 32 cm. Binets rapportés. Voir le lot
Par BERARD – PERON à Corbas
le 25/11/2023 : MIROIR de mariage en bois stuqué et doré à décor de frises de perles et de feuillages, fronton ajouré à guirlande de lauriers, feuillages et colombes s’embrassant. Époque Louis XVI. Petits manques et accidents, tain rapporté. Voir le lot
Par DE BAECQUE et Associés à Lyon
le 25/11/2023 : Écritoire portatif de forme rognon en placage de bois de rose, la monture et les pieds en bronze, avec son sablier.
Époque Louis XV
L. 14 cm BL
Manque le couvercle de l’encrier.
Nous joignons un porte-plume porte-crayon en deux parties. Voir le lot
Par OGER ET BLANCHET à Paris
le 04/12/2023 : Baromètre-thermomètre en bois sculpté et doré ; à l’amortissement des cornes d’abondance et feuilles de lauriers ; le cadran flanqué de branchages de chêne ; culot à canaux.
Fin de l’époque Louis XVI
(accidents et manques).
H : 100 cm. Voir le lot
Par LIMOGES ENCHERES S.A.R.L à Limoges
le 30/11/2023 : Important lustre en laiton et pampilles de verre, éclairant à 18 bras de lumière. Style Louis XV, XXe. H. 130 cm Voir le lot
Par SAS Alexandre Landre NANCY à Strasbourg
le 26/11/2023 : Paire de candélabres en bronze doré à cinq feux. Ils reposent sur quatre petits pieds courbés et terrasse mouvementée. Fût torse soutenant quatre branches en rinceaux feuillagés et tige centrale au naturel. Travail de style Louis XV. Hauteur : 55.5 cm Voir le lot