Le 5 juin 2023 | Mis à jour le 7 juin 2023

Les Arts d’Asie en majesté

par Magazine des enchères

Chaque année, à l’approche de l’été, les Arts d’Asie animent les ventes aux enchères tout au long de la première quinzaine de juin. Tour d’horizon à travers une sélection d’œuvres vendues du 7 au 17 juin. 

 

Les peintres du Vietnam

Commençons notre tour d’horizon avec les 304 lots proposés le 6 juin par Cannes Enchères, venus de plusieurs collections privées. Il s’agit en majorité de pièces chinoises de diverses époques. L’expert Jean Gauchet signale en particulier « une exceptionnelle boîte en laque trois couleurs, portant une marque et datation cyclique Wanli et datée 1595, estimée 40 0000 à 60 000 euros ». Le motif de dragons affrontés, représentés sur le couvercle en relief devrait particulièrement retenir l’attention, tout comme la provenance très documentée. Cette boîte a en effet été rapportée par l’officier de marine Henri Huchet de Cintre à l’occasion d’une mission dans les mers de Chine au XIXe siècle, et elle est restée dans sa famille depuis. 

Dans cette vente figure également un portrait contemporain d’une jeune vietnamienne par Mai Trung Thu (1906-1980) estimé entre 20 000 et 30 000 euros. Ce peintre appartient au groupe des artistes formés à l’Ecole des Beaux Arts d’Indochine fondée par Victor Tardieu en 1925. Comme un certain nombre de ses compatriotes (dont Le Pho et Vu Cao Dam), il s’est ensuite installé à Paris, et a participé à de nombreux salons et expositions, développant un style entre les deux cultures extrêmement séduisant. Les cotes de ces peintres du Vietnam à l’histoire particulière ne cessent de monter depuis quelques années. A noter que deux œuvres exceptionnelles de Vu Cao Dam animeront quant à elles les enchères le 11 juin à Montpellier. Cette vente, orchestrée par la maison Farran, fera l’objet d’un prochain article dans Le magazine des enchères.

 

Mai Trung Thu (1906-1980). « Portrait d’une jeune vietnamienne », 1934. Pastel et crayon sur papier. Daté et signé en bas à gauche, encadré sous verre. 43 x 34 cm. Estimation : 20 000 – 30 000 euros.

 

Des porcelaines chinoises

Revenons aux arts anciens avec la vente du 8 juin mise en ligne par l’étude Millon. Le même expert a travaillé sur ce catalogue de 465 lots, et il retient cette fois « un vase en porcelaine monochrome « clair de lune » portant une marque Yongzheng (80 000 à 120 000 euros), rare à la fois pour la couleur, la signature et l’époque ». À noter que l’époque Yongzheng est comprise entre 1678 et 1735, et que le « clair de lune » correspond à une glaçure bleu clair. 

Un autre lot de cette vente, bien plus abordable, mérite également l’attention : il s’agit d’un écran de table en laque chinois du XVIIIe siècle (4 000 à 6 000 euros). Jean Gauchet remarque à son sujet « la présence de deux techniques de laques, la première dite qianjing consistant à utiliser plusieurs couleurs, et la seconde dite tianqui, consistant à inciser la surface entre chaque couleur pour ajouter de l’or ». La résultat donne un décor double face, oiseaux au-dessus des branches d’un côté, branche de pin de l’autre, en noir et rouge lumineux. 

Et pour encourager de nouvelles vocations de collectionneurs, il faut signaler dans cette vente la présence d’un bel ensemble de porcelaines bleu et blanc du XVIIIe siècle. Pour ces potiches, jardinières, bols ou vases, les estimations débutent autour de 3 000 euros environ. Elles correspondent à une époque de transition : l’Europe est alors encore dépendante de la Chine pour ses achats de porcelaine, mais les manufactures de Meissen puis de Sèvres vont dès la fin du XVIIIe trouver le secret de cette matière translucide. 

 

 

La collection d’un aventurier

La vente Bonhams nous emmène le 12 juin dans un voyage itinérant de 72 lots avec la troisième partie de la collection Claude de Marteau. Cet aventurier d’origine belge a parcouru, dans les années 1950 et 1960, toute l’Asie pour dénicher des sculptures et objets rares qu’il rapportait ensuite en voiture jusqu’en Europe. Il s’est particulièrement intéressé à la région du Gandhara, située au carrefour des échanges entre Chine, Inde et Occident et qui a subi de multiples influences. Certaines se retrouvent sur le Bodhisattva en schiste du IIIe siècle (400 000 à 600 000 euros), plus important lot de la vente, et qui mêle des inspirations iraniennes, gréco-romaines, indiennes…

Installé comme marchand aux Sablons à Bruxelles, Claude de Marteau a conservé toute sa vie une très importante collection personnelle, que l’étude Bonhams Cornette de Saint Cyr disperse depuis deux ans. Au programme de cette troisième vacation (sur quatre, la dernière aura lieu à Hong Kong), des statues venues de monastères tibétains comme ce Vajravarahi en alliage de cuivre du XV siècle (150 000 à 200 000 euros), des représentations de dieux indiens à l’image de la stèle de Ganesha dansant en grès, XIe siècle (50 000 à 70 000 euros) ou un plus épuré Bouddha thaïlandais milieu du XVe siècle (60 000 à 80 000 euros). 

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