Les 54 mannequins de cire du Musée Grévin de la Provence ont tous trouvé preneur lors de la vente organisée sur place et sur le Live d’Interencheres par Maîtres Emmanuelle Hours et Jennifer Primpied-Rolland mardi 17 octobre 2017. Les curieux sont venus en nombre visiter une dernière fois ce lieu atypique du centre-ville de Salon-de-Provence, et certains d’entre eux n’ont pas hésité à s’offrir le sosie de Napoléon, Fernandel ou Jean-Pierre Foucault, poussant les enchères jusqu’à 1 000 euros en Live pour la figure médiévale de Dante, Béatrix.
Créé en 1992, le Musée Grévin de la Provence fermait ses portes après 30 années d’activité et vendait son entière collection. A travers des figures emblématiques, il retraçait en 16 scènes l’histoire de la région du VIIe siècle avant J.-C. à nos jours. De Dante s’inspirant de la Provence tourmentée pour rédiger quelques vers de sa Divine Comédie, à Marcel Pagnol, en passant par Pétrarque, Paul Cézanne ou Alphonse Daudet, les artistes et penseurs les plus illustres y côtoyaient des hommes politiques, des figures de la cité des papes et des célébrités du show-biz tels que Jean-Pierre Foucault ou Mireille Mathieu, tous deux parrains du musée.
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Fabriquées il y a une vingtaine d’années, ces effigies de cire agrémentées d’éléments de décor étaient estimées autour de 100 euros et vendues sans prix de réserve. Toutes ont trouvé preneur de 100 à 1 000 euros. « Hormis un collectionneur partageant sa vie entre la Hollande et la Belgique, les enchérisseurs étaient tous français, note Maître Primpied-Rolland. Parmi eux, un particulier vendéen s’est offert la figure de Fernandel pour 450 euros. Il nous a confié qu’il l’installerait dans sa chapelle privée et qu’il l’habillerait en soutane à la manière du personnage de fiction et curé italien Don Camillo. »
Les musées de la région ont eux aussi répondu présent. Le mannequin de cire de Mireille Mathieu décorera ainsi l’accueil d’un musée en Ardèche, tandis que Manon des Sources rejoindra le Musée du Savon à Marseille, rapporte France Bleu Provence. « Les enchères se sont effectuées en salle, mais aussi en Live. » Une cinquantaine de personnes, dont de nombreux curieux, ont ainsi fait le déplacement pour profiter du spectacle et d’une toute dernière visite guidée de ce lieu atypique.
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Vêtu d’une chemise blanche, d’une veste et d’un pantalon beige, d’une cravate marron à motifs, de chaussures cuir marron à lacets. Hauteur : 174 cm. Cire : mains, poignets, tête, cou. Résine : tronc, jambes, pieds. Bras en bois articulés. En bon état.
Vêtu d’une veste et d’un pantalon de costume marron, d’une chemise rose, d’une cravate bordeaux à motifs, de chaussures noires vernies à lacets. Accessoire: micro. Hauteur : 181 cm. Cire : mains, poignets, tête et cou. Résine : bras, tronc, jambes, pieds. Etat : fissure main droite, griffures sur la main gauche et droite et sur le menton.
Vêtu d’une chemise à carreaux, d’un gilet gris, d’un pantalon kaki, de chaussures cuir noir à lacets. Accessoires : caméra sur pieds. Hauteur : 140 cm. Cire : avant-bras, mains, tête, cou. résine : tronc, jambes, pieds. Bras en bois articulés. Bon état. Un peu d’histoire : Pagnol naquit à Aubagne en 1895. Dramaturge à succès, grâce à Topaze d’abord, puis à la Trilogie, qui triomphent sur les scènes parisiennes, il revint en sa Provence dont il fût le chantre, en mettant à l’écran les romans de Jean Giono. Puis c’est « L’eau des collines » en 1952 avec Jacquelin Bouvier, qui est Madame Pagnol. Il s’agit d’une histoire vraie que le jeune Pagnol alors âgé de 13 ans, avait entendu raconter par un paysan des collines de l’Etoile.
Vêtu d’une chemise blanche rayée, d’une veste et d’un pantalon noirs, d’une cravate noire, d’un chapeau marron, de chaussures cuir marron à lacets. Accessoire : canne. Hauteur : 186 cm. Cire : mains, poignets, tête, cou. Résine : tronc, jambes, pieds. Bras en bois articulés. Bon état.
Vêtue d’une jupe grise, d’une ceinture blanche, d’un haut beige, d’espadrilles oranges et d’un noeud noir dans les cheveux. Accessoire : chèvre ( H : 98 cm). Hauteur : 163 cm. Cire : bras, mains, tête buste, poitrine, pieds, mollets, genoux. Résine : tronc, cuisses. Etat : griffures main gauche et droite.
61 ans, vêtu d’une chemise blanche, d’un gilet marron, d’une veste et d’un pantalon beige, de chaussures cuir noir à lacets, d’un chapeau de paille (avec un ruban de couleur lilas). Hauteur : 172 cm (avec chapeau). Accessoires : tableau, malette de peintre et trépied. Cire : mains, poignets, tête, cou. Résine : tronc, jambes, pieds. Bras en bois articulés. Etat : haut du front amoché. Un peu d’histoire : Les Côteaux d’Aix en 1900. Cézanne : « … en nous ne s’est pas endormie la vibration des sensations répercutées de ce bon soleil de Provence, nos bons souvenirs de jeunesse de ces horizons, de ces paysages, de ces lignes inouïes, qui laissent en nous tant d’impressions profondes. » Par ses mots Paul Cézanne évoque sa région natale, d’Aix en Provence du Jas de Bouffan, qu’il quittera pour échapper à l’influence paternelle et tenter à Paris, sans succès, le concours d’entrée à l’Ecole des Beaux-Arts.
Vêtu d’une longue tunique blanche, d’une tunique noire et blanche, de bottines noires, d’un chaperon noir et blanc. Accessoire : livre. Hauteur : 166 cm. Cire :mains, poignets, tête, cou. Résine : tronc, jambes, pieds. Bras en bois articulés. Etat : index de la main droite cassé. Un peu d’histoire : Le XIVeme siècle : Dante au Val d’Enfer en 1305. Dante : » Sur le milieu du chemin de la vie, je me trouvais dans une forêt sombre, le droit chemin se perdait, égaré. Ah ! qu’il est dure de dire qu’elle était cette forêt sauvage, âpre et infranchissable, Dont seul le souvenir réveille la terreur. » La Provence agitée peut ressembler, elle aussi, à cet enfer que Dante, exilé de Florance par vengeance des Guelfes noirs, partisans du Pape boniface VIII, va trouver derrière la porte sombre où est écrit : « Vous qui entrez, abandonnez toute espérance. » Il est permis de penser, que, descendant du château des Baux, Dante ait pu découvrir ce val chaotique et tourmenté dont l’aspect tragique lui inspire déjà les premiers de la « DIVINE COMEDIE ».
Vêtue d’une robe en velours rose et noire de Christian Lacroix, des escarpins noirs de Sidonie Larizzi, de collants noirs. Accessoires: micro. Hauteur : 161 cm. Cire : mains, poignets, tête, cou. Résine : bras, tronc, jambes et pieds. Etat : griffures à la main droite et sur la joue gauche, légère fissure main gauche.
30 ans, vêtu d’une chemise blanche avec boutons de manchettes noires, d’une veste et d’un pantalon beige, de chaussures cuir marron, d’une lavallière noire. Accessoire : canne. Hauteur : 170 cm. Cire : mains, poignets, tête, cou. Résine : tronc, jambes, pieds. Bras en bois articulés. Etat : plusieurs griffures sur le front, la joue gauche et sur les deux mains. Un peu d’histoire : La Crau en 1870. Frédéric Mistral à la fin de sa vie se rémémore l’aventure félibrige et évoque par ses vers le travail de ses compagnons : « Le 21 mai 1854, au Château de Fontségugne, nous avons créée Ke Félibrige ou Pléiade d’Avignon, pour rédiger le « Trésor de Félibrige », le dictionnaire orthographique et grammatical de notre langue Provençale dans laquelle nous avons aussitôt entrepris la publication de l’Armana Provençau » bienvenu des paysans, goûté par les Patriotes, estimé par les Lettrés, recherché par les artistes… et son tirage, qui fût la première année de 500 exemplaires, monta vite à 1200, à 3000, à 5000, à 10 000, qui est le chiffre moyen depuis 15 à 20 ans. » En compagnie d’Alphonse Daudet et du félibre salonais Antoine Blaise Crousillat, nous voyons l’auteur de Mireille observer le manège amoureux de jeunes provençaux semblables aux héros de son drame provençal, dont Gounod vient de tirer le livret du célèbre opéra. Poursuivant la pensée de Mistral comme un rêve, Daudet songe alors au mythe de la femme insaisissable que l’on cherche et qui échappe toujours, prolongeant le souvenir de celles dont le berceau méditerranéen s’est paré, au cours de l’Histoire avec Hélène de Troie. Ici, en cette terre où l’Histoire et la légende se confondent, Daudet imagine celle qui sera présente dans l’esprit de tous, et que l’on ne verra jamais : l’Arlésienne et choisit pour conter ce drame le berger, le Sage, le Mage un peu prophète échappé de la crèche, et qui en cet instant incarne l’esprit de toute la Provence. Dans les « Les lettres de mon moulin » Alphonse Daudet évoque cette visite qu’il fit à Maillane, au poète Mistral.
Vêtu d’une chemise blanche, d’un tricot blanc, d’un gilet marron au dos à carreaux, d’un pantalon marron, de chaussures cuir noir à lacets, d’un béret marron. Accessoire : bouquet de fleurs rouges. Hauteur : 158 cm. Cire : main gauche, poignet gauche, cou, tête. Résine: bras, jambes, pieds, tronc. Etat : pas de main droite.
24 ans, vêtu d’un uniforme de guerre, long manteau bleu et rouge, épaulettes or, gilet bleu, d’une chemise blanche, d’une culotte noire, de bottes marrons et noires. Accessoires : épée, étui blanc pour épée et chapeau noir, canon de guerre (320 x 120 cm). Hauteur : 160 cm. Cire : mains, poignets, tête, cou. Résine : tronc, jambes, pieds. bras en bois articulés. Etat : bon état. Un peu d’histoire : Toulon en 1793. Bonaparte : » Hommes sans peur, à la rescousse ! A moi, Jacobins, Chasse coquins ! Sus à l’Anlais ! Hors de France ! Vive la République ! » Le 27 Avril 1793, Toulon est livrée par les Royalistes à une flotte anglo-espagnole. L’armée Républicaine de Carteaux est dépêchée pour le siège. Le jeune Bonaparte, en mission dans la vallée du Rhône, où il vient de rédiger « le souper de Beaucaire » est nommé commandant de l’artillerie par la Convention. In petto : « Si nous prenons la pointe de l’Eguillette, nous tiendrons le port sous le feu de nos canons et nous réduirons en miettes les ennemis de la nation. » Par un assaut forcené, ses troupes réussiront à s’emparer du fort dans la nuit du 16 au 17 décembre. L’escadre anglaise sera alors sous le feu des canons et devra rapidement évacuer la rade. Ce succès vaudra à Bonaparte le grade de Général de Brigade et le commandement de l’artillerie de l’armée d’Italie. Quant à Toulon, classée « villle infâme » elle échappera de peu à la destruction totale décrétée par la Convention. Cet épisode marque la fin de la Royauté en Provence et le rattachement définitif de cette région à la France.