Les peintures de bord de mer ont le vent en poupe

13/04/2023

Depuis 5 ans, la maison Couton Veyrac Jamault de Nantes propose deux fois par an des ventes dédiées aux peintres de l’Atlantique et de la mer. La prochaine édition aura lieu le 18 avril. Tour d’horizon de ce marché solide porté par des amateurs réguliers. 

 

« L’idée de ces ventes est venue suite au succès des peintures de bords de mer dans les ventes généralistes, détaille Henri Couton. Nous avons eu des demandes d’acheteurs comme de vendeurs ». Le commissaire-priseur de Nantes tente de dresser le portrait-robot de ses acheteurs : « Ils viennent d’un peu partout, mais ont souvent un lien avec la région, une maison secondaire par exemple. Et leur vraie demande dans ce cas, c’est un tableau qui représente la vue depuis leur salon ou le port le plus proche… ».

 

« L’idéal c’est une peinture avec du soleil, un ciel bleu, des bateaux… »

Autre constat, les îles telles que l’Île d’Yeu ou les endroits de villégiature tels que La Baule ont toujours plus de succès que des villes comme Concarneau… « Notre première difficulté est souvent de situer la toile car c’est vraiment un élément important, ajoute Henri Couton. A force je crois que je connais par cœur toutes les petites anses ou la jetée de l’Île d’Yeu alors que je n’y suis jamais allé ! ». Il cite pour exemple Jean Rigaud dont les toiles sont estimées 4 000 à 5 000 euros pour L’île d’Yeu, contre environ 500 euros s’il s’agit d’une vue du Croisic.

Ce n’est pas la seule exigence de ses acheteurs, qui plébiscitent certains sujets au détriment des autres. Exit les naufrages, les représentations de mers déchaînées, les portraits de veuves de marins, et mêmes les vues de villes portuaires… « L’idéal c’est une peinture avec du soleil, un ciel bleu, des bateaux… » Une toile d’Emmanuel Marcel Laurent, représentant la Fête Dieu à Quimper et estimée 700 à 1 000 euros aura moins de succès que si elle représentait un bord de mer avec des bateaux.

 

 

Des acheteurs réguliers

Sur le marché des peintures, le nom de l’artiste est habituellement le facteur le plus important pour déterminer la valeur… Mais ce n’est pas forcément le cas dans ces ventes, dont les estimations se situent pour l’essentiel entre 400 et 5 000 euros environ. Quelques noms peuvent néanmoins susciter de l’intérêt : Georges Laporte est le peintre de Quiberon, et ses belles toiles se situent autour de 800 à 1 000 euros ; et une aquarelle d’Ernest-Pierre Guérin peut atteindre 2 500 à 3 000 euros.

En ce qui concerne la datation de ces toiles : « elles sont pour la plupart du XXe siècle, d’abord parce que la mode des bains de mer n’existe qu’à partir de la fin du XIXe siècle, et ensuite parce que cette tendance de paysage de bords de mer est plus importante dans les années d’après-guerre », explique le commissaire-priseur. Ce laps de temps permet déjà d’avoir des styles très différents, des plus classiques et réalistes aux interprétations plus modernes. Année après année, Henri Couton constate la solidité de ce marché, « porté par des acheteurs réguliers, certains organisent même leurs vacances dans le coin en fonction de nos ventes pour être certains d’y participer ! ».

Enchérir | Suivez la vente des peintres de l’Atlantique et de la mer le 18 avril en live sur interencheres.com

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