Le 12 juin à Paris, la maison Ader dispersera la plus grande collection au monde dédiée à l’escadron des Cent-gardes. Comprenant quatre-vingt-dix lots estimés jusqu’à 50 000 euros, elle retrace le quotidien de ce corps d’élite prestigieux chargé d’assurer la protection de Napoléon III.
Institué en 1854, l’escadron des Cent-gardes assura la protection de Napoléon III et de sa famille jusqu’à la chute de l’Empire en 1870. S’ils ne participèrent pas militairement aux opérations, ils accompagnèrent l’Empereur dans ses déplacements et campagnes et le suivirent fidèlement jusqu’à la défaite de Sedan où une partie d’entre eux sera même emprisonnée aux côtés du souverain. « Cet escadron reprend la vieille tradition française des gardes du roi ou de la garde impériale de Napoléon Ier », explique Arnaud de Gouvion Saint-Cyr, du cabinet Jean-Claude Dey, expert en armes anciennes et souvenirs historiques. Il s’agissait d’une unité relativement petite, dont les membres étaient triés sur le volet, à partir de critères particulièrement sélectifs. « Ils devaient impérativement être grands, 1,78 m au minimum, ce qui était une grande taille pour l’époque. » De leurs prestigieux uniformes à leur armement spécifique, en passant par les souvenirs personnels des gardes, la collection Debaecker, qui sera dispersée le 12 juin par la maison Ader, raconte le quotidien de ce corps d’élite à travers quatre-vingt-dix lots estimés jusqu’à 50 000 euros. « C’est une collection exceptionnelle, probablement le plus grand ensemble au monde dédié à l’escadron des Cent-gardes », précise le commissaire-priseur David Nordmann.
Des uniformes étincelants estimés jusqu’à 50 000 euros
Aux côtés d’une rare trompette réalisée par le célèbre facteur d’instruments de musique Adolphe Sax (estimée entre 40 000 et 50 000 euros), des uniformes étincelants révèlent la prestance dont étaient dotés les membres de l’escadron. « La vente comprend notamment un mannequin revêtu de l’uniforme complet et de l’armement des Cent-gardes (estimé 40 000-50 000 euros), avec la très rare soubreveste dite “cuirasse de palais”, veste sans manche richement brodée des grandes armes impériales qu’ils portaient, et leur armement si particulier contenant notamment un sabre lance qui pouvait être monté en baïonnette », détaille Arnaud de Gouvion Saint-Cyr.

Des souvenirs personnels retraçant le quotidien des Cent-gardes
Favier, Masse, Bernier… la vente regorge de souvenirs anecdotiques émouvants, retraçant le parcours des ces hommes et de leurs familles, à travers leurs uniformes, cartes de visites, photographies ou effets personnels. « Lorsqu’ils n’étaient pas de service, les Cent-gardes avaient une vie sociale et mondaine très développée. Parmi les souvenirs présentés à la vente figure notamment une invitation pour une soirée au théâtre du Palais de Compiègne appartenant à l’un d’eux. » La vente dévoile également la vie et le quotidien du commandant de l’escadron, le Colonel Jacques Albert Verly, un proche de Napoléon III qui mènera une brillante carrière militaire. « La chute de l’Empire en 1870 stoppera toutefois brutalement la carrière de beaucoup d’entre eux : le Colonel Verly sera mis à la retraite, tandis que le Cent-garde Favier deviendra concierge dans un immeuble parisien. » Autant de parcours singuliers à découvrir le 12 juin à Paris et en live sur interencheres.com.
Enchérir | Voir les armes et souvenirs des Cent-gardes en vente le 12 juin
Crédit photo © Ader