Le 18 juillet 2019 | Mis à jour le 20 avril 2020

Patricia Casini-Vitalis, commissaire-priseur vedette d’Affaire conclue

par Diane Zorzi

Depuis juillet 2018, Maître Patricia Casini-Vitalis livre ses précieux conseils aux téléspectateurs de l’émission à succès Affaire conclue présentée par Sophie Davant sur France 2. La commissaire-priseur parisienne revient sur son parcours, de l’hôtel des ventes d’Avignon au plateau d’Affaire conclue…

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir commissaire-priseur ?

J’ai toujours eu un goût prononcé pour l’art. Depuis toute petite, je fréquente régulièrement les musées et j’ai été sensibilisé au marché de l’art par ma mère qui était antiquaire et qui se rendait régulièrement dans les hôtels de ventes. La toute première vente aux enchères à laquelle j’ai assisté m’a marqué car elle était dirigée par Manon Appay, l’une des rares femmes commissaires-priseurs alors en exercice à cette époque.

 

Quelle formation avez-vous suivie ?

Je n’ai pas eu un parcours classique avec des études d’histoire de l’art. J’ai été un temps juriste au sein d’une étude de mandataires judiciaires à Toulon où je côtoyais les maisons de ventes alentours. Mais je souhaitais changer de voie et un jour, l’occasion s’est présentée. Lors d’un inventaire, un commissaire-priseur d’Avignon m’a confié qu’il cherchait un stagiaire à l’aise avec l’informatique. J’ai suivi une formation professionnelle que la Chambre nationale dispensait autrefois aux stagiaires, avec des sessions de cours organisées trois fois par an et j’ai donc intégré son étude qui a été vendue six mois plus tard. Son repreneur m’a gardé dans son équipe car encore une fois je savais taper rapidement les courriers à la machine !

 

Et vous avez finalement rejoint la capitale…

Oui, j’y ai rencontré mon mari. Je ne connaissais personne et c’était dur pour moi qui avais toujours vécue sur la côte ! Je n’osais pas m’installer et c’était encore difficile pour une femme de se faire une place dans la profession. Je me suis même vue refuser une place d’associée par un commissaire-priseur dont l’épouse ne souhaitait pas qu’il s’associe avec une femme ! C’était un véritable parcours du combattant jusqu’au jour où un commissaire-priseur âgé de 84 ans a vendu son étude installée à Châlons-en-Champagne. Il voulait que la vente soit conclue rapidement. Malgré la distance qui séparait l’étude de mon appartement parisien, j’y suis restée 28 ans. Au fil du temps, après avoir obtenu mon examen en 1983 et ma nomination en 1986, j’ai cessé de faire des allers et retours et me suis installée près de mon étude avec ma famille, les trois heures de trajet quotidiens étant devenus trop contraignants avec des enfants en bas-âge. Je faisais là-bas beaucoup de ventes judiciaires et cela me convenait parfaitement. Mais c’était dans le même temps frustrant puisque je ne faisais pratiquement pas de ventes d’art. Aussi, un jour, mon mari qui avait continué à faire des allers et retours à Paris, m’a convaincu de venir m’y installer. C’est ce que j’ai fait en octobre 2015. Depuis, je m’épanouis pleinement dans les ventes d’art, de bijoux et de cabinets de curiosités. Je regrette même de ne pas être venue établie plus tôt à Paris !

 

Sophie Davant et Maître Patricia Casini-Vitalis sur le plateau de l’émission Affaire conclue.

« J’ai été séduite par le concept de l’émission Affaire conclue car j’y retrouve ce qui me plaît le plus dans mon métier : rencontrer des gens et découvrir de beaux objets. »

 

Depuis l’été 2018, vous livrez vos conseils aux téléspectateurs d’Affaire conclue. Qu’est-ce qui vous a poussé à participer à l’émission ?

J’ai été séduite par le concept de l’émission Affaire conclue car j’y retrouve ce qui me plaît le plus dans mon métier : rencontrer des gens et découvrir de beaux objets. Et je ne regrette pas ! C’est une belle aventure humaine. Il y a une ambiance incroyable sur le plateau. Nous sommes sept commissaires-priseurs et faisons chacun 25 à 30 expertises par tournage. Nous nous entendons tous très bien ainsi qu’avec l’équipe, que ce soient les cameramen ou Sophie Davant qui est notre pilier.

A lire aussi | Découvrez tous les portraits des commissaires-priseurs d’Affaire conclue

 

Quels types d’objets vous ont été confiés dans le cadre de cette émission ?

Il y a de tout. Au départ, c’était davantage des objets de brocante, mais au fur et à mesure, des personnes ont commencé à nous apporter des objets de plus en plus intéressants qui se vendaient jusqu’à 7 000 ou 8 000 euros. J’ai eu des assiettes de Picasso, une magnifique sculpture de César, ou encore un tableau d’un expressionniste belge d’une qualité digne d’Emil Nolde ou des artistes du mouvement du Cavalier bleu.  

 

Un tournage vous a-t-il particulièrement marqué ?

Oui… Récemment, une femme nous a apporté une cave à liqueur qui renfermait un tas de verres dépareillés. Lorsque je l’ai eu en main, j’ai malencontreusement fait tomber deux verres qui se sont brisés par terre… Je ne pouvais plus m’arrêter de rire et Sophie Davant riait elle aussi aux éclats. L’extrait n’a d’ailleurs pas manqué de faire le buzz sur internet !

 

L’émission a-t-elle eu un impact sur la fréquentation de vos ventes ?

Oui, ce type d’émissions attire un nouveau public dans nos salles de ventes. Cela permet de donner une nouvelle image à notre profession et aux ventes aux enchères, qui paraissent plus accessibles, moins confidentielles.

 

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