L’Hôtel des ventes de Roanne compte dans sa vente de prestige du 27 septembre huit tableaux du peintre français André Paulin-Bertrand. Coup de projecteur sur une œuvre discrète et délicate.
« Cet ensemble de tableaux, des huiles sur toile, composaient une sorte de décor dans la salle à manger d’un château de la région », décrit la commissaire-priseur de Roanne Véronique Ingels. Il s’avère que le peintre était un ami de la famille.
Paulin-Bertrand, peintre de la quiétude
Né en 1852 à Toulon, André Paulin-Bertrand ne peut toutefois pas être entièrement considéré comme un peintre régional : il a vécu près d’une cinquantaine d’années à Paris, tout en restant proche de sa région natale. A son arrivée à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, il devient l’élève du peintre académique Alexandre Cabanel. Paulin-Bertrand participe au Salon des artistes français entre 1880 et 1932, d’abord avec des portraits, et ensuite avec des paysages qui deviennent sa spécialité. En 1891, il devient peintre officiel de la Marine.
Ses compositions sont souvent d’une grande quiétude : un moment de calme dans la campagne le matin, un rivage tranquille, une rivière lumineuse… Des scènes peu animées qui reflètent sa grande proximité avec la nature. Dans la vente du 27 septembre organisée par l’Hôtel des ventes de Roanne, une œuvre intitulée Printemps (1 800 à 3 000 euros) et un Bord de Rivière (3 000 à 5 000 euros) sont particulièrement représentatives de son œuvre. Il s’agit en plus de grands formats, ce qui renforce leur effet méditatif. Deux formats atypiques figurent également au catalogue : une ruelle (1 200 à 2 000 euros) et un paysage d’hiver (1 800 à 3 000 euros) mesurant chacune plus d’un mètre de haut pour 40 cm de large.
La cote de Bertrand au rythme des rivages
Vers 1866, il se lie d’amitié avec le poète Jean Aicard (qui deviendra académicien en 1909), ce qui lui permettra d’être reçu dans sa propriété de La Garde, en Provence Alpes-Côte-d’Azur. Leur travail est aujourd’hui conjointement exposé au musée Jean Aicard – Paulin-Bertrand, justement installé dans la villa du poète. La cote de ce peintre tout en finesse est plus élevée lorsqu’il s’agit de paysages méditerranéens : notons les 5 000 euros atteints par Pins en bord de mer chez Deloys en juin dernier, ou 3 900 euros pour un Bord de mer en 2018 à l’Hôtel des ventes de Metz.







