Préemption à distance : le musée Condé acquiert des porcelaines du duc d’Aumale

29/04/2020

Même confinés, les musées suivent avec attention les ventes aux enchères. Le 26 avril, le musée Condé a ainsi préempté à distance deux assiettes et un rafraîchissoir en porcelaine lors d’une vente de prestige organisée en live depuis Senlis.

 

Une préemption du musée Condé par téléphone

Le 26 avril dernier, lors d’une vente de prestige organisée en live depuis l’Hôtel des ventes de Senlis, deux assiettes et un rafraîchissoir en porcelaine ont été préemptés par le musée Condé du château de Chantilly. Confinement oblige, c’est par téléphone qu’un représentant de l’Etat a fait valoir son droit. « C’est une grande première dans le droit de préemption », explique Dominique Le Coënt-de Beaulieu, commissaire-priseur du groupe Actéon. « Les textes actuels ne prévoient pas les préemptions à distance. Un représentant des musées nationaux doit obligatoirement être présent en salle. Mais le ministère de la Culture, ainsi que la direction générale des Patrimoines et le service des Musées de France, ont été consultés avant la vente et ont accepté sans difficulté, compte tenu des circonstances exceptionnelles. »

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Deux assiettes en porcelaine blanche et or à décor central du monogramme « H.O » couronné pour Henri d’Orléans, Duc d’Aumale. Porcelaine de Sèvres. Marquées au revers du tampon monogrammé « L.P » pour Louis-Philippe et datées de 1845. Diam. : 24 cm. Adjugé à 744 euros (frais compris) par Actéon Senlis le 26 avril à Senlis.

 

Des porcelaines appartenant à un service du duc d’Aumale

Financée par les Amis du musée Condé, cette acquisition vient compléter la riche collection d’arts de la table d’Henri d’Orléans, duc d’Aumale (1822-1897), présentée depuis la fin du XIXe siècle au sein de l’institution oisienne. « Les deux assiettes en porcelaine de Sèvres appartiennent à un service dont nous possédons déjà un certain nombre de pièces, explique Mathieu Deldicque, Conservateur du patrimoine au musée Condé à Chantilly. Ce service fut commandé en 1845 par le roi Louis Philippe pour aider son fils le duc d’Aumale, alors jeune marié, à s’installer. Il est marqué au revers du tampon monogrammé « L.P. » pour Louis-Philippe. » Datant de la seconde moitié du XIXe siècle, le petit rafraîchissoir a quant à lui été exécuté en porcelaine de Paris. « Une inscription permet de le dater entre 1874 et 1885, soit l’époque où le duc, revenu d’exil, a fait reconstruire le château de Chantilly, dans lequel il reçoit et organise de grandes fêtes, poursuit Mathieu Deldicque. Ce rafraîchissoir nous intéressait car nous savions que le service du duc comprenait des porcelaines de Sèvres ou de Limoges, mais nous ignorions qu’il comptait également des porcelaines de Paris. Il nous permet ainsi de montrer la grande diversité du service d’Henri d’Orléans. »

 

Petit rafraîchissoir en porcelaine blanche à décor du monogramme « H.O » couronné d’Henri d’Orléans, Duc d’Aumale. Porcelaine de Paris. Marqué en lettres rouges au revers : « Paul Blot Paris 3 rue de la Paix ». Seconde moitié du XIXe siècle. (Éclat au col, petit choc dans le fond). Haut. : 10 cm. Adjugé à 558 euros (frais compris) par Actéon Senlis le 26 avril à Senlis.

 

Une acquisition financée par les Amis du musée Condé

Si le duc d’Aumale légua son château de Chantilly et ses collections à l’Institut de France en 1886, de nombreux services furent dispersés à sa mort en 1897. « Les visiteurs et chercheurs s’intéressent de plus en plus à la vie quotidienne, aux usages et arts de la table, au sein des châteaux comme celui de Chantilly. Aussi, le musée Condé a, dans sa politique d’acquisition, tout un axe portant sur la reconstitution de ces pièces d’usage dispersées, qui racontent la vie à l’époque du duc d’Aumale. Ces services comptaient plusieurs centaines de pièces que nous essayons d’acquérir lorsqu’elles passent en vente aux enchères, grâce à l’aide des Amis du musée Condé. »

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