Le 5 juin, la maison Beaussant Lefèvre & Associés organisera une vacation mettant en lumière des créations de deux figures majeures de l’art en France entre le XIXe et le XXe siècle : le peintre Alfred Sisley et le sculpteur Auguste Rodin.
Parmi les lots phares de cette vente figurent trois bronzes d’Auguste Rodin (1840-1917), issus de diverses collections. Deux d’entre eux se distinguent par une provenance parfaitement établie. Le premier, Jean d’Aire, l’une des figures du groupe des Bourgeois de Calais, est estimé entre 120 000 et 150 000 euros. Coulé par la fonderie Rudier en 1927, à la demande de Georges Grappe, conservateur du musée Rodin, il apparaît sur une photographie d’une exposition tenue à Zurich la même année. Le second représente Honoré de Balzac, l’auteur de La Comédie humaine, dans le plus simple appareil. Fondu entre 1916 et 1928 et tiré à seulement trois exemplaires, il est estimé entre 120 000 et 180 000 euros. Acquis par le Dr Jean Giroux en 1935, il s’est transmis au sein de sa descendance jusqu’à aujourd’hui.

Enfin, une Petite tête d’homme au nez cassé, estimée entre 5 000 et 7 000 euros, complète le triptyque. Réalisée après la mort du sculpteur, cette version de la tête que l’on retrouve au sommet de la Porte de l’Enfer, sous les Trois Ombres, constitue un lot accessible à un plus large panel de collectionneurs. Ces trois sculptures seront mises en vente le 5 juin par Beaussant Lefèvre & Associés à Paris.
Sisley à Moret-sur-Loing, la quintessence de l’impressionnisme
Un tableau d’Alfred Sisley (1839-1899) sera également proposé aux enchérisseurs. Estimée entre 200 000 et 300 000 euros, la toile Moret-sur-Loing (1889) représente le village de Seine-et-Marne dans lequel le peintre britannique s’était installé depuis 1882. On y reconnaît les éléments chers à son environnement quotidien : la rivière du Loing, l’église de Moret, une équipée d’oies sur les rives. « Cette toile est la quintessence de l’art de Sisley, un art de lumière, de simplicité et d’équilibre dans la composition », souligne le commissaire-priseur Éric Beaussant, qui considère Sisley comme « l’un des plus importants peintres de l’impressionnisme ».

Guillaumin, Coard… d’autres pépites à ne pas manquer
La vente mettra par ailleurs en avant plusieurs lots d’exception. La Pointe de l’île Besse, Agay, une huile sur toile d’Armand Guillaumin (1841-1927), est estimée entre 30 000 et 50 000 euros, elle sera intégrée à la seconde édition du catalogue raisonné de l’artiste. À cela s’ajoute une table basse de Marcel Coard (1889-1974), réalisée vers 1925, en placage d’ébène de Macassar et à plateau gainé de parchemin. Conçue au début de la carrière de ce grand nom de l’Art déco, qui compta parmi ses commanditaires la joaillière Suzanne Belperron et le cinéaste Jean Cocteau, la pièce témoigne d’un savoir-faire déjà accompli.