Mardi 19 mars 2019 à Moulins, Maître Marie-Mathilde Sadde-Collette dispersera plus de 200 livres anciens provenant de la bibliothèque d’un collectionneur passionné d’impressions et reliures anciennes. Parmi eux, un rare ensemble de textes bourbonnais signés Aubery, Billard, Dinet, Durand de Daint-Pourçain, Duret, Laval, Lingendes, Mizauld et Vigenère.
Avis aux amoureux d’impressions anciennes, plus de 200 livres des XVI, XVII, XVIII et XIXe siècles seront mis aux enchères le 19 mars à Moulins et sur le Live d’Interencheres, dans l’Allier. Estimés de 20 à 2 000 euros, ils proviennent de la bibliothèque d’un collectionneur propriétaire d’un château dans la région. « Ce bibliophile était passionné d’ouvrages portant sur la politique, la place de l’homme dans la société, et possédait une riche collection de traductions d’auteurs bourbonnais », détaille Alric Berton, expert en livres anciens.

Le plus bel illustré de l’époque baroque
Neuf ouvrages sont signés de Blaise de Vigenère (1523-1596), un écrivain cabaliste et traducteur réputé au XVIe siècle, qui traduisit de nombreux textes tels que Les Images ou tableaux de platte peinture du biographe romain Philostrate, dont l’une des plus anciennes éditions connues à ce jour sera présentée à la vente, estimée entre 400 et 600 euros. Illustré de 67 grandes figures gravées en taille-douce, le livre est considéré comme l’un des plus beaux illustrés de l’époque baroque. « Les livres de Blaise de Vigenère connurent un succès considérable, témoignant d’une érudition aussi vaste que diffuse, entachée des chimères de l’occultisme.»

La première représentation de l’ananas !
Le philologue et naturaliste bourbonnais Claude Duret (1570-1611) est également représenté dans cette vente à travers six ouvrages, dont une édition unique de 1605 de l’Histoire admirable des plantes et herbes esmerveillables et miraculeuses en nature, estimée entre 1 000 et 1 200 euros. « On y découvre, parmi les vingt-huit figures sur bois, la toute première représentation de l’ananas dans le monde occidental. » Après avoir publié des ouvrages sur les causes et les effets des mutations des civilisations et des empires, Claude Duret s’intéressa à des sujets davantage scientifiques, tels que l’explication des marées ou la botanique. « Il puisait dans des contes occidentaux, des fables orientales ou indiennes, et décrivait aussi bien des plantes réelles que fictives. »

Des reliures d’exception
Outre les livres d’auteurs bourbonnais, la vente dévoile plusieurs impressions anciennes pourvues de riches reliures, à l’image d’un rare exemplaire Du grand ou du sublime dans les mœurs et dans les différentes conditions des hommes de René Rapin (1621-1687). Daté de 1686, il arbore une reliure du XIXe siècle signée Cocheu. « Plusieurs ouvrages de la vente sont passés entre les mains de grands ateliers de relieurs parisiens de la fin du XIXe siècle (Allo, Ardouin, Brany, Capé, Charles de Samblanx, Cocheu, Ducharne, Hardy, Koehler, Lortic, Masson-Debonelle, Moens, Niedrée, Petit, Pouillet, Thomas, Thouvenin, Wright), qui apposèrent même leur signature. » A noter également, un livre de 1550 de Guillaume Durand de Saint-Pourçain (estimé entre 1 500 et 2 000 euros) dont la reliure a conservé ses plats d’époque encadrés par une large dentelle, ainsi qu’un exemplaire du célèbre roman pastoral L’astrée d’Honoré d’Urfé (estimé entre 500 et 800 euros) pourvu de reliures de la première moitié du XVIIe siècle. « Cet ensemble est intéressant car, bien que composite, il est habillé d’une reliure homogène pour les cinq volumes. »

Un moment bibliophile organisé le 16 mars à Moulins
Pour mieux comprendre l’histoire et l’importance de ces ouvrages mis en vente, un petit déjeuner sera organisé samedi 16 mars à 11 h au 16 rue Régemortes, animé par l’expert en livres anciens Alric Berton. Un moment convivial, ouvert à tous. « Je reviendrais sur l’importance de cette bibliothèque, constituée de nombreux ouvrages uniques, aux provenances parfois prestigieuses. »