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Par Ader à Paris le 12/02/2026 : Henry de TRIQUETI (1803-1874)
La Miséricorde divine accueillant le Repentir
Groupe en ivoire
Signé «H de TRIQUETI» sur le côté gauche du trône;
Porte l’inscription latine sur le côté droit: «ET MANSIT TANTUM MISERA CUM MISERICORDIA»
31,5 x 13 x 18 cm ; Poids brut : 5488 g
Provenance : château du Perthuis.
L’œuvre a obtenu son certificat CIC portant le numéro FR2504501478-K, délivré le 19 novembre 2025 qui sera remis à l’acquéreur. Ce certificat autorise le déplacement de l’ivoire au sein de la Communauté Européenne, mais pas hors de la CE, sauf exception.
Ce groupe sculpté en ivoire représentant La Miséricorde divine accueillant le Repentir est indiscutablement, tant par sa dimension que par sa qualité, une des œuvres majeures de Henry de Triqueti et l’un des chefs-d’œuvre de l’art de l’ivoire en France au XIXe siècle. La sculpture synthétise à elle seule tout l’Art de l’artiste favori des familles princières d’Orléans et de Windsor.
A travers la figuration d’une vertu chrétienne, l’œuvre témoigne de l’influence encore prégnante du néo-classicisme et de l’engouement de l’artiste pour les décors Renaissants. Le choix du sujet et son sens dramatique s’inscrivent dans la mouvance romantique dont Triqueti est l’un des plus célèbres représentants, tout en répondant à son profond sentiment religieux. Enfin, le choix d’un matériau comme l’ivoire témoigne de l’ouverture d’esprit de Triqueti, de sa créativité protéiforme et éclectique, ainsi que de son intérêt constant pour les techniques traditionnelles ou innovantes.
Les deux figures taillées dans deux blocs d’ivoire distincts qui s’enchevêtrent et s’insèrent au niveau des coudes et des avant-bras forcent l’admiration par leur qualité d’exécution et leur charge émotionnelle. Une femme à la longue chevelure, dénudée et agenouillée, s’agrippe au cou d’une autre femme maternelle et majestueuse, richement vêtue à l’antique et assise sur un trône aux attributs impériaux d’un luxe inouï. Une phrase latine inscrite sur le côté gauche du trône illustre cet épisode : QUE MANSIT.TANTUM.MISERA./CUM/MISERICORDIA tient lieu de titre et d’explication du sujet.
L’œuvre peut incontestablement être considérée comme un objet de dévotion, à l’instar des petites œuvres médiévales en ivoire - statuettes de Vierge à l’Enfant, diptyques ou retables portatifs.
L’artiste se distingue toutefois de cette production en faisant preuve d’une innovation visuelle spectaculaire : le groupe présente deux séquences narratives parallèles sur chacun des côtés. Sur le côté gauche, on observe Marie-Madeleine le flanc complètement dénudé. Image symbolique d’Ève « la fautive », elle implore à genoux l’absolution de ses péchés auprès de la femme impérieuse qu’elle agrippe, pleine d’espoir. Cette dernière a déjà tendrement glissé sa main gauche dans la chevelure sensuelle de la repentante. La connexion visuelle entre les deux femmes est d’une intensité hors norme, passionnée. Dans le regard de Marie-Madeleine se lit la supplication, dans celui de la Miséricorde, l’amour et le pardon. Le côté droit de l’œuvre affiche le moment si émouvant du pardon. La Miséricorde enlace d’un geste maternel et semble protéger Marie-Madeleine dans son giron, tout en couvrant pudiquement sa nudité de son manteau aux nombreux plis. De son pied droit elle écrase en signe de victoire le crâne de Vanité, attribut traditionnel de la sainte, symbole de la fragilité de la chair invitant au repentir.
Si la genèse de l’œuvre est bien circonscrite, la date de son exécution reste quant à elle incertaine. Sujette à différentes fluctuations, elle ne fait pas l’unanimité des spécialistes. Dans son article « La renaissance de l’ivoire » de 1991, la spécialiste de la sculpture du XIXe siècle, Isabelle Leroy-Jay Lemaistre, avançait l’hypothèse d’une date précoce de création, juste après l’exécution de la première esquisse réalisée à Pise en 1836. Le spécialiste de l’artiste Richard Dagorne avance prudemment en 2007 qu’une note manuscrite conservée chez les héritiers la daterait de 1869. Dans le catalogue de l’exposition dédiée à l’artiste qui s’est tenue en 2007, Isabelle Leroy-Jay Lemaistre soutient aussi cette date. L’habitude de l’artiste de reprendre régulièrement des modèles et des sujets qu’il aime tout au long de sa carrière ne facilite pas une datation certaine [...]
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Estimé 20 000 € - 40 000,00 €
Par Ader à Paris le 12/02/2026 : Henry de TRIQUETI (1803-1874)
Blanche de Triqueti (1837-1886), Ca 1852
Buste-médaillon en marbre blanc
Titré à gauche du visage « BLANCHE / DE T. /AE.T.X.V. »
Signé sous l’épaule droite « H.DE/TRIQUETI »
58 x 50 cm sur une base en marbre vert de mer H. : 13 cm (H. totale : 71,5 cm)
Œuvres en rapport :
- Henry de Triqueti, Buste médaillon de Blanche de Triqueti, vers 1852, œuvre préparatoire en plâtre, fer et bois, H. 59,1 cm, Montargis, musée Girodet, n° inv. 989.139 ;
- Henry de Triqueti, Projet pour les Bustes de Florence et Alice Campbell, œuvre préparatoire en plâtre, 1855, Montargis, musée Girodet ;
- Henry de Triqueti, Juliette Ferrus, plâtre patiné, 1860, Montargis, Musée Girodet ;
- Henry de Triqueti, Portrait de femme, marbre,1850, 58,1 x 43,2 x 20,3 cm, Metropolitan Museum of Art, New York, n° inv. 1994.42.
Bibliographie :
Ss dir I. Leroy-Jay Lemaistre, Henry de Triqueti 1803-1874, Le Sculpteur des Princes, cat. exp, Orléans, musée des Beaux-Arts, Montargis, musée Girodet de Montargis, 3 octobre 2007-6 janvier 2008, Paris, Hazan, p. 33, p. 35, p. 51, p. 67, cette œuvre reproduite sous l’illustration 79, p. 68, p. 93, pp. 87-88.
Lors de la Révolution de 1848 Triqueti a perdu ses principaux commanditaires et soutiens, la famille d’Orléans partie se réfugier en Angleterre. Le sculpteur a d’ailleurs été gravement blessé en juin de cette année lors de son engagement courageux dans la garde nationale. Parti en convalescence dans le Béarn avec sa famille et ses amis les Devéria, il travaille moins, se ressource auprès des siens et se convertit au protestantisme. C’est dans ce contexte qu’il taille dans le marbre le portrait de sa fille bien-aimée, Blanche, alors âgée de 15 ans.
Grand connaisseur de l’art antique et de la Renaissance italienne Triqueti adapte pour ce portrait à la fois intime et savant le type du « buste-médaillon ». S’inspirant des « imago clipeata » (image-bouclier) de l’Antiquité gréco-romaine et du « tondo » de la Renaissance florentine, le sculpteur inscrit le portrait de sa fille en très haut-relief dans un cadre circulaire au fond concave largement creusé. Il reprend à son compte une typologie de portrait réservée à l’aristocratie sous l’antiquité qu’il a aussi admirée sur la porte du Paradis de Lorenzo Ghiberti (1378-1455) à Florence, pour en faire une œuvre romantique, singulière et moderne. Le pourtour de ce grand disque de marbre blanc est décoré de lierre, symbole de la longévité et de l’amour constant. Le musée Girodet conserve un beau plâtre préparatoire sur lequel la plante grimpante est modelée avec grand soin. Ce décor végétal, le costume et les cheveux de la jeune fille retenus en un lâche et souple chignon dans une résille lacée sur le haut du front, renvoient encore aux portraits féminins de la Renaissance (vers 1852, œuvre préparatoire en plâtre, fer et bois, H. 59,1 cm, Montargis, musée Girodet, n° inv. 989.139). Ces éléments s’approchent aussi du courant préraphaélite que Triqueti n’a pu ignorer si l’on songe à ses nombreuses fréquentations anglaises et aux importants projets britanniques qui s’annoncent. L’imposant et coûteux bloc de marbre ainsi que les flatteuses références à l’antiquité et aux grands maîtres de la Renaissance laissent imaginer les grandes espérances et l’amour inconditionnel d’un père pour sa toute jeune fille de quinze ans.
Avec le même talent qui confère à ses portraits une distinction à la fois nostalgique et intemporelle Triqueti emploie avec succès ce procédé du buste-médaillon dans la décennie 1850. On peut citer entre autres les sœurs Campbell exécutées en 1856 (Projet pour les bustes de Florence et Alice Campbell, 1855, plâtre patiné, Montargis, musée Girodet, Portrait médaillon de Florence and Alice Campbell, 1857, signé « H. de TRIQUETI » ; H. 72,5 cm, marbre sur une base en bois de rose et marbre vert antique, H. 113 cm, en attente de licence d’exportation au Royaume-Uni).
Provenance : château du Perthuis.
Note : Blanche, fille aînée du sculpteur Henry de Triqueti est une artiste et femme de lettres. Elle épouse en premières noces le banquier protestant François Delessert, un des pionniers de la photographie et neveu de Valentine de Laborde, avec qui elle se liera. Elle tient salon, fréquente les écrivains en vogue, se passionne pour les mystères de l’Orient. Elle publie son voyage en Égypte, se lie d’une amitié profonde avec l’archéologue et historien Salomon Reinach et soutient Pierre Loti avec qui elle entretiendra une correspondance romanesque. Elle écrit dans la Revue des Deux-Mondes, s’adonne à la peinture et réalise des portraits dont celui de Washington conservé au musée d’Orsay (Portrait de Washington en buste, 1869, gouache de forme ovale, dim. 24,8 x 19,7 cm, n° inv. RF5166).
Elle épouse en secondes noces Edward Lee Childe, le neveu du célèbre général sudiste Robert Lee (1807-1870). Voir le lot

Estimé 5 000 € - 8 000,00 €
Par Ader à Paris le 12/02/2026 : Henry de TRIQUETI (1803-1874)
Deux anges agenouillés tenant des encensoirs, modèles des bas-reliefs du panneau de David pour la chapelle Wolsey à Windsor, 1852
Terres cuites originales avec ajouts de plâtre en rehauts de couleurs et d’or
Signées des initiales « H.T. » et datées « 1852 »
26 x 15 x 11 cm et 24 x 16 x 11 cm
Petits accidents
Œuvres en rapport :
- Henry de Triqueti, Médaillon quadrilobé représentant un ange thuriféraire agenouillé, bas-relief en marbre, Albert Memorial Chapel ;
- Henry de Triqueti, Ange à genoux tenant un encensoir et une burette, étude pour un bas-relief du panneau de David, dessin à la pierre noire, sanguine, craie blanche sur papier bleu, projet de décor pour la chapelle Wolsey, dim. 30,4 x 30,9 cm, Paris, ENSBA, n° inv. EBA 5045 ;
- Henry de Triqueti, Ange à genoux tenant un encensoir, dessin à la pierre noire, sanguine, craie blanche sur papier bleu, projet de décor pour la chapelle Wolsey, dim. 30,7 x 30,6 cm, Paris, ENSBA, n° inv. EBA 5046 ;
- Jane and Margaret Davison (ACTIVE 1870), The Triqueti Marbles in the Albert Memorial Chapel, Windsor, 1876, album relié en cuir contenant des estampes, dim. 51,6 x 36,6 x 4,9 cm, Londres, Royal Collection Trust, RCIN 2101201 ;
- Henry de Triqueti, Ange ailé tenant une harpe, 1842-1844, statuette en terre cuite avec polychromie, 33 x 13 x 12 cm, Orléans, musée des beaux-arts, n° inv. 1883 ;
- Henry de Triqueti, Ange de l’Harmonie, étude du bas-relief de la mosaïque de David dictant les psaumes, projet de décor pour la chapelle Wolsey, pierre noire sur papier, 43,2 x 28,6 cm, Paris, ENSBA, n° inv. 5474 ;
- Henry de Triqueti, Ange ailé tenant une trompette, 1842-1844, statuette en terre cuite avec polychromie, 33 x 19 x 12 cm, Orleans, musée des beaux-arts, n° inv. 1884 ;
- Henry de Triqueti, Génie ailé volant derrière lui un lion à gueule ouverte, 1867, bas-relief en terre cuite, 30,5 x 46 x 6,5 cm, Orléans, musée des beaux -arts, n° inv. 1894 ;
- Henry de Triqueti, Génie ailé tenant un lion par l’oreille, 1867, bas-relief en terre cuite, 28,5 x 46,5 x 7 cm, Orléans, musée des beaux-arts, n° inv. 1893.
Bibliographie :
- Sylvain Bellenger, « Henri de Triqueti et l’Angleterre », in La Scultura : Studi in onore di Andrew Ciechanowiecki, Antologia di Belle Arti, Turin, 1997, pp. 183-200 (no. 18 p.198) ;
- Ss dir I. Leroy-Jay Lemaistre, Henry de Triqueti 1803-1874, Le Sculpteur des Princes, cat. exp, Orléans, musée des Beaux-Arts, Montargis, musée Girodet de Montargis, 3 octobre 2007-6 janvier 2008, Paris, Hazan, chapitre de Sylvia Allen et Richard Dagorne, « Le Décor de la chapelle du Prince Albert », pp. 113-144 et ces œuvres illustrées p. 30.
Comme l’indique I. Leroy-Jay Lemaistre, « S’il a mis au point un motif qui l’émeut, Triqueti le réutilise tout le long de sa carrière ».
C’est le cas pour les modèles de ces deux anges en terre cuite datés « 1852 » qui apparaissent dans le décor de la chapelle du prince Albert au château de Windsor.
Les deux anges viennent s’inscrire dans des médaillons en marbre, quadrilobés, encadrant un grand panneau illustrant David dictant les psaumes, situé dans la partie basse du mur nord de la nef de cette chapelle royale.
…/…
À la mort de son époux, le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1819-1861), la reine Victoria décide que la chapelle Wolsey au château de Windsor, abritera le mausolée de son défunt mari et que Triqueti en réalisera le programme décoratif.
Le sculpteur a rencontré les Windsor en 1852, les fréquente depuis et est particulièrement apprécié de la princesse Victoria. La fille aînée de la reine l’a recommandé pour ce projet et le reçoit à Berlin en 1864 pour l’entretenir de la commande. Après bien des déboires et une suite de conflits avec l’architecte du projet George Gilbert Scott (1811-1878), Triqueti peut enfin s’attaquer au chantier colossal qui l’occupera dix longues années. Le décor principal est composé de panneaux illustrant des scènes de l’Ancien Testament évoquant de façon allégorique les œuvres et les vertus du prince. Ces panneaux, à la fois fresque et sculpture, sont en tarsia de marbre. Il s’agit d’un type de mosaïque faite de plaques de marbre de différentes couleurs juxtaposées et scellées à l’aide d’un ciment coloré. Triqueti s’inspire ici des dalles de la cathédrale de Sienne qu’il verticalise avec l’idée de rendre ces fresques inaltérables au climat humide britannique. Chacun des quinze grands tableaux sera encadré par des bordures décorées de quatre-vingts médaillons sculptés.
Ces terres cuites s’inscrivent dans le long, savant et consciencieux processus de création élaboré par le sculpteur pour accompagner les nombreux praticiens qui l’entourent sur le prestigieux chantier. Grand connaisseur et passionné de l’art de la Renaissance italienne, l’érudit Triqueti s’inspire très probablement de Donatello ainsi que de Luca Della Robbia à qui il emprunte ses essais de polychromie.
Datées de 1852, elles ont été conçues pendant la période où il travaille au décor religieux de Sainte-Clotilde à Paris, à l’instar d’une autre paire d’anges, l’un à la trompette, l’autre à la harpe, (Orléans, musée des Beaux-Arts, n° inv. 1883 et n° inv. 1884). Deux dessins préparatoires conservés à l’École des Beaux-Arts de Paris (inv. EBA 5045 et inv. EBA 5046) démontrent qu’il reprend ces modèles en les inscrivant dans les médaillons de la chapelle Wolsey. Dans la même idée, on retrouve les deux anges à la harpe et à la trompette du musée d’Orléans ainsi que les anges accompagnés de lions dans les bordures du même panneau illustrant David dictant les psaumes (n° inv. 1894, n° inv. 1893, n° inv. 1883).
Leur polychromie initiale s’expliquant par le réemploi de modèles initialement prévus pour le projet de Sainte-Clotilde et est finalement transposée en marbre blanc à Wolsey.
Le sculpteur nous donne ici à voir, comme avec nombre de ses œuvres, sa grande culture italienne et son talent inégalable pour adapter à son Art les leçons des maîtres anciens tout en panachant les modèles et les influences.
Provenance : château du Perthuis. Voir le lot

Estimé 20 000 € - 40 000,00 €
Par Ader à Paris le 12/02/2026 : Henry de TRIQUETI (1803-1874)
Concert d’anges,1872
Médaillon sculpté en très bas-relief en marbre blanc et rehauts d’or
Signé des initiales « T.H » et daté « 1872 » sur la face au niveau du genou de l’ange de droite
D. : 51 cm
Œuvres en rapport :
- Henry de Triqueti, Allégorie de la musique, frontispice du manuscrit de chansons, 1861, Plume, encre noire et rouge sur parchemin, 38,7 x 28,5 cm, Chantilly, musée Condé, n° inv.DE1208 ;
- Henry de Triqueti, Ange tenant un livre fermé -étude pour un bas-relief du panneau d’Abraham et l’ange ramenant Isaac à Sarah après le sacrifice, dessins et calques pour la chapelle Wolsey à Windsor, pierre noire, plume, encre noire, lavis d’encre de chine sur papier, dim. 12,5 x 12,3 cm, Paris, ENSBA, EBA 5049 ;
- Henry de Triqueti, Ange pensant, étude pour un bas-relief du panneau de Jehosophat faisant instruire le peuple, dessins et calques pour la chapelle Wolsey à Windsor, pierre noire sur papier, Paris, ENSBA, EBA 5048 ;
- Henry de Triqueti, Ange musiciens, étude pour la mosaïque de David dictant les psaumes sous l’inspiration divine, Paris, ENSBA, EBA 5303 ;
- Henry de Triqueti, Concert d’anges, 1872, médaillon en relief en plâtre, diam. 61 x 5 cm, Orléans, musée des beaux-arts, n° inv. 2035 ;
- Henry de Triqueti, Concert d’anges, 1872, médaillon en bronze ornant la tombe de Susan Durant, Paris, cimetière du Père Lachaise, Division 56, avenue de la Chapelle, 5ème ligne, M=W-13.
Bibliographie :
- Ss dir I. Leroy-Jay Lemaistre, Henry de Triqueti 1803-1874, Le Sculpteur des Princes, cat. exp, Orléans, musée des Beaux-Arts, Montargis, musée Girodet de Montargis, 3 octobre 2007-6 janvier 2008, Paris, Hazan, illlustré su
- Véronique Galliot-Rateau, Henry de Triqueti, 1803-1874, sculpteur : collection du musée des beaux-arts d’Orléans, Orléans, musée des beaux-arts, Orléans, 2009, 64 p., p. 57, ill. p.50, p.51.
Littérature en rapport :
- Sylvain Bellenger’s, « Henri de Triqueti et l’Angleterre », in La Sculture : Studi in onore di Andrew Ciechanowiecki, Antologia di Belle Arti, Turin, 1996, pp. 183-200.
C’est tout autant en raison de sa grande admiration pour l’art de la Renaissance que de son profond sentiment religieux que Triqueti est attiré tout au long de carrière par les figures angéliques, médiatrices entre le monde divin et le monde humain. Dans un tondo sculpté en très bas-relief, hommage au stiacciato de Donatello, il donne vie, dans un décor de rotonde, à un chœur de sept personnages en buste. Ils sont accompagnés de deux putti ailés supportant l’antiphonaire en premier plan, à l’instar des reliefs de la Cantoria de Luca Della Robbia au Duomo de Florence.
Le sculpteur réalise une de ses premières scènes de chœur angélique en 1861, lorsqu’il acquiert à Florence pour le duc d’Aumale un manuscrit musical du XVe siècle auquel il manque le frontispice (Allégorie de la musique, frontispice du manuscrit de chansons, plume, encre noire et rouge sur parchemin, 38,7 x 28,5 cm, Chantilly, musée Condé, n° inv. DE1208). En 1863, il choisit à nouveau ce sujet pour une de ses premières œuvres appliquant la technique de la tarsia commandée par la famille Fane de Salis pour décorer l’église de Teffont Evias, près de Salisbury.
Réalisé en 1872 ce grand médaillon en marbre, l’une des dernières œuvres réalisées par l’artiste avant son décès en 1874, s’inspire directement des figures d’anges inventées par le sculpteur pour son imposant chantier de la chapelle Wolsey qui l’occupe de 1864 à sa mort. On y retrouve en effet la même idée que dans David dictant les psaumes sous l’inspiration divine daté de 1865 et surtout les mêmes typologies d’anges en buste qui ornent les bordures inférieures des scènes (Ange tenant un livre fermé, étude pour un bas-relief du panneau d’Abraham et l’ange ramenant Isaac à Sarah après le sacrifice, Paris, ENSBA, n° inv. EBA 5048).
Une première version de la composition nous est connue, aujourd’hui conservée au musée des beaux-arts d’Orléans (n° inv. 2035). Il pourrait s’agir de la première pensée de l’artiste : le médaillon en plâtre d’un diamètre de 61 cm est annoté de deux cercles tracés au compas. Le diamètre de l’un des deux correspond à la dimension de notre tondo en marbre réalisé en 1872 et à la composition modifiée : les deux angelots ont été ajoutés à l’avant-plan.
Lorsque sa fidèle collaboratrice sur le chantier de la chapelle Wosley et son amante, la sculptrice Susan Durant décède tragiquement en 1873 en laissant derrière elle leur fils secret et illégitime âgé de 4 ans, Triqueti embellit son monument funéraire au cimetière du Père Lachaise avec une épreuve en bronze d’après cette œuvre. Quelle plus belle preuve d’amour et de reconnaissance aurait-il pu donner que celle de confier la tombe de sa bien-aimée à ces messagers invisibles habitant le Paradis ?
Provenance : château du Perthuis.
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Estimé 20 000 € - 40 000,00 €
Par Ader à Paris le 12/02/2026 : Henry de TRIQUETI (1803-1874)
Muse, 1856
Buste en marbre blanc
Signé « H. de. TRIQUETI » et daté « 1856 » sous l’épaule gauche
H. : 53 cm
Repose sur une base hexagonale en marbre blanc plaquée de marbre vert de mer H. 12 cm
Œuvres en rapport :
- Henry de Triqueti, Laure et Pétrarque à la fontaine de Vaucluse, plume et encre brune, 25,4 x 18,5 cm, Orléans, musée des Beaux-Arts ;
- Henry de Triqueti, Laure et Pétrarque à la fontaine de Vaucluse, pierre lithographique, 20 x 30 cm, collection privée ;
- Esquisse pour le vase commandé par M. Thiers, ministre de l’Intérieur, 1837 ou 1838, plume, encre brune sur papier teinté, 14,4 x 39,3 cm, Paris, ENSBA, n° inv. 17429-11 ;
- Henry de Triqueti, Allégorie de la musique, musée de Chantilly, frontispice du manuscrit de chansons, 1861, plume, encre noire et rouge sur parchemin, 38,7 x 28,5 cm, Chantilly, musée Condé, n° inv. DE1208 ;
- Henry de Triqueti, Vittoria Colonna, Béatrice et Laure, éléments du Monument à Dante et Pétrarque, 1839, bronzes, Paris, musée du Louvre, n° inv. RF 4660 ; RF 4658 ; RF 4659 ;
- Henry de Triqueti, Vase du monument à Dante et à Pétrarque, 1836-1838, bronze, H. 85 cm, signé H. de Triqueti, inscription sur la panse : E.LA.PIV. CASTA.ERA.IVI.LA PIU. BELLA /E. HONORATE. ALTIMISSIMO. POETA et porte la marque de l’éditeur et fondeur « fderie et fque de B.zes de Ls. Richard Eck et Durand ([fonderie et fabrique de Bronzes de Louis Richard Eck et Durand]), présenté au Salon de 1838, Paris, musée du Louvre, n° inv. RFML.SC.2024.22.1.
Bibliographie :
Sylvain Bellenger, « Henri de Triqueti et l’Angleterre », in La Sculture : Studi in onore di Andrew Ciechanowiecki, Antologia di Belle Arti, Turin, 1996, pp. 183-200, illustré sous le n° 5 p. 188.
Littérature en rapport :
- A. T. De Girardot, « Catalogue de l’œuvre du baron de Triqueti », précédé d’une notice sur ce sculpteur », tiré à part (Orléans 1874, Imprimerie de Puget), reprenant le texte de l’article paru dans les Mémoires de la Société d’agriculture, sciences, belles-lettres et arts d’Orléans, seconde série des mémoires, t. XVI, n° 3, 1874, 3e trimestre (séances des 1ermai et 17 juillet 1874), p. 134 ;
- Ss dir I. Leroy-Jay Lemaistre, Henry de Triqueti 1803-1874, Le Sculpteur des Princes, cat. exp, Orléans, musée des Beaux-Arts, Montargis, musée Girodet de Montargis, 3 octobre 2007-6 janvier 2008, Paris, Hazan, p. 37-51 et p. 91 ;
- Shannon Hunter Hurtado, Genteel Mavericks : professional Women sculptors in Victorian Britain, Cultural Interactions Studies in the Relationship between the Arts, vol. 27, Peter lang, 2012, p. 130 ;
- Richard Dagorne et Alicia Robinson, « Henry de Triqueti, The Vase of dreams », in the Burlington magazine, n° 161, november 2019, p. 924-933 ;
- Deschamps-Tan, Stéphanie, « Une ode du XIXème siècle à la poésie italienne », in Grande Galerie. Le journal du Louvre, 68, Automne, 2024, p. 30-31 ;
- Stéphanie Deschamps-Tan, « Henri de Triqueti (Conflans-sur-le-Loing 1803-Paris 1874) Vase du Monument à Dante et à Pétrarque. 1838-1839. », in La Revue des musées de France. Revue du Louvre, 2025-2, 2025, 89, p. 89, n° 109 ;
- Tabitha Barber and Tim Batchelor, Now You See Us : Women Artists in Britain 1520–1920, Tate, London, May 16–October 13, 2024, London, Tate Publishing, 2024, fig. 109, p. 123.
« Tous les goûts, toutes les aptitudes de Henry de Triqueti le portaient du côté des grands maîtres de la Renaissance italienne. » (Citation de Charles Clément dans le Journal des Débats rapporté par Girardot, 1874).
Ce buste en marbre alliant subtilement beauté idéale néoclassique et naturalisme d’une grande fraîcheur constitue une véritable ode à la culture italienne qui anime et inspire profondément Henry de Triqueti tout au long de sa carrière.
Dans un article de Sylvain Bellenger, l’œuvre est intitulée « Portrait de Blanche Triqueti » (ill. 5, p. 188). L’esthétique générale la rapproche plutôt du portrait-médaillon de Florence et Alice Campbell réalisé dans les mêmes années 1856-1857 (Projet pour les bustes de Florence et Alice Campbell, 1855, plâtre patiné, Montargis, musée Girodet, Portrait médaillon de Florence and Alice Campbell, 1857, signé H. de TRIQUETI ; H. 72,5 cm, marbre sur une base en bois de rose et marbre vert antique, H. 113 cm, en attente de licence d’exportation au Royaume-Uni).
Il est plutôt tentant de voir dans cette tête couronnée de lierre, les douces boucles de cheveux lâches entourant le visage lisse et calme au regard concentré, la représentation d’une muse ou d’une allégorie de la poésie, proche d’ailleurs des figures angéliques de l’artiste. Cette représentation nous renvoie effectivement à la très belle figure assise écoutant un chœur d’anges dessiné par Triqueti sur le frontispice du manuscrit de chansons acheté par l’artiste pour le duc d’Aumale en 1861 (musée de Chantilly, n° inv. DE1208). Ce buste rappelle aussi les figures de muses médiévales, inspiratrices de Dante et de Pétrarque, à l’instar de Laure, Béatrice ou Vittoria Colonna que Triqueti représente à plusieurs reprises, notamment dans son spectaculaire vase, le Monument à Dante et à Pétrarque (musée du Louvre n° inv. RFML.SC.2024.22.1) ou encore le personnage central de l’Esquisse pour le vase commandé par M. Thiers, ministre de l’intérieur (ENSBA, n° inv. n° inv.17429-11).
Comme l’indique V. Galliot-Rateau dans son article Figures de Femmes du catalogue de 2007 : « Les muses inspiratrices du poète, et plus généralement de l’artiste, sont un thème fort de son œuvre. Symbole de beauté et de sagesse, objets d’une passion exclusive, elles guident l’artiste vers l’excellence et le poussent à se dépasser ». Tout comme les artistes préraphaélites de l’époque victorienne, Triqueti voue un intérêt et une passion pour l’œuvre de Dante, fondement d’un médiévalisme érudit et sources d’inspiration poétique et symbolique (cf. John Hancock, Beatrice, c. 1851, plâtre patiné, 183 cm, Londres, Victoria & Albert Museum, n° inv. LOAN : SCPANON.1-1991)
L’identité du modèle qui a inspiré cette tête presqu’idéale restant énigmatique, il apparait intéressant de la rapprocher d’une autre œuvre aux similitudes stylistiques et iconographiques troublantes réalisée par l’élève de Triqueti, la sculptrice anglaise Susan Durant (1827-1873).
En 1856, Susan Durant qui partage l’atelier parisien de Triqueti, exécute un magnifique portrait de la poétesse américaine, abolitionniste et militante pour le droit de vote des femmes, Margaret Beecher Stowe (plâtre original, 1856, dim. 58,8 x 34,5 x 28,5 cm, Castle Howard, Yorkshire, n° inv. X89111 ; et version en marbre, daté 1857 et signé sous l’épaule droite, H. 60 cm, Stowe-Day Foundation, Hartford, Connecticut). On y retrouve la même couronne de laurier sur une coiffure aux mèches très travaillées, et le même type de chemise à fronçures et encolure à motifs. Les deux portraits dégagent une impression de sagesse et d’intelligence reposant sur la subtile influence d’un néoclassicisme lyrique à l’anglaise, porté par John Flaxman (1755-1826).
La fille de Margaret Beecher a laissé un touchant témoignage des séances de pose de sa mère : « Je me souviens très bien d’accompagner ma mère à ses séances de pose à l’atelier. La lumière tamisée, la poussière et les éclats de marbre jonchant le sol, le cliquetis des ciseaux à bois, et Miss Durant, grande, belle et animée devant le monticule d’argile qui, jour après jour, prenait des traits de ma mère. Le baron de Triqueti allait et venait, le visage souriant et les paroles aimables, et ma douce petite mère souriait, heureuse, insouciante comme une enfant. Tout cela me revient comme un rêve – ces jours lointains, agréables et heureux… Le buste, une fois terminé, fut emporté à Londres, où je le vis et le trouvai très beau et un excellent portrait de ma mère à quarante-six ans, l’âge qu’elle avait au moment de pose ». (Annie Fields, Life and Letters od Harrier Beecher Stowe ed. Boston and New York : Houghton, Mifflin and Co., 1898. Internet Archive. Contributed by Lincoln Financial Foundation Collection. Web. 22 May 2016).
Notre buste transmet cette même ambiance poétique et apaisante de l’atelier et sa signification semble s’éclairer à la lumière de cette comparaison avec le portrait de Harriet Beecher : il révèle l’influence et l’admiration mutuelles des deux artistes, Henry de Triqueti et Susan Durant, comme plus tard Auguste Rodin et Camille Claudel. On aimerait imaginer que Susan Durant elle-même soit la belle inspiratrice de ce portrait, avant de devenir l’amante de Triqueti et de lui donner un fils en 1869.
Provenance : château du Perthuis. Voir le lot

Estimé 1 500 € - 2 000,00 €
Par Ader à Paris le 12/02/2026 : Henry de TRIQUETI (1803-1874)
Philosophe lisant un livre
Plaque en marbre sculptée en relief
Porte l’inscription latine « BONIS/ET MORS/ET VITA/DVLCIS »
13,4 x 30 x 0,8 cm
Bibliographie :
A. T. De Girardot, « Supplément au catalogue de l’œuvre du Baron de Triqueti » tiré à part reprenant le texte de l’article paru dans les Mémoires de la Société d’agriculture, sciences, belles-lettres et arts d’Orléans, seconde série des mémoires, t. XVIII, n° 3, 1876, 3e trimestre (séances du 16 juin 1876), p.270.
Littérature en rapport :
Jan L. de Jong, « Monuments of méditation and Propaganda, the tombs of Popes Pius III and Pius V », in Incontri, Anno 32, 2017 / Fascicolo 2 / p. 8-25, en ligne.
Cet aphorisme en latin reprend l’inscription qui orne le monument funéraire de Giuliano Maffei da Volterra, philosophe et théologien ami du Pape Jules II en l’église San Pietro in Montorio à Rome dont la paternité est attribuée à Andrea Bregno (1418-1506).
L’œuvre ornait le linteau d’une des cheminées de la demeure du sculpteur Henry de Triqueti à Conflans, château du Perthuis.
Dans la sphère privée comme dans ses commandes publiques le sculpteur faisait preuve d’une passion savante sans limites pour les références philosophiques et littéraires de l’Antiquité et de la Renaissance.
Provenance : château du Perthuis. Voir le lot

Estimé 40 000 € - 60 000,00 €
Par Ader à Paris le 12/02/2026 : Susan D. Durant (1827-1873)
Ruth, 1869
Buste en marbre blanc
Signé et daté au revers: « Susan.D. Durant. 1869 »
Titré « RUTH » sur le devant à la peinture rouge
H.: 73 cm
Provenance : château du Perthuis.
Exposition :
Royal Academy exhibition, 1869, sous le n° 1289
Œuvres en rapport :
- Susan Durant, Harriet Beecher Stowe, plâtre, 1856, 5,8 x 34,5 x 28,5 cm, Collection Castle Howard, York, n° inv X89111 ;
- Susan Durant, The Faithful Shepherdess, 1863, marbre, env. 210 cm, Londres, Guildhall Art Gallery ;
- Susan Durant, Baron Henry de Triqueti, 1864, marbre, signé « Susan D. Durant fec.1864 », 70 x 49 x 33 cm, Montargis, musée Girodet, n° inv.3793 ;
- Henry de Triqueti, Étude pour le pilastre Ruth et Booz, 1868, pierre noire, plume, encre brune, 17,8 cm x 9,7 cm, Paris ENSBA ;
- Henry de Triqueti, Figures de Sarah et Isaac, étude pour la mosaïque d’Abraham et l’ange ramenant Isaac à Sarah après le sacrifice, dessin et calques, pour la chapelle Wolsey, Paris, École des beaux-arts EBA 5095 ;
- Henry de Triqueti, Étude pour le panneau Abraham et Isaac, 1866-1867, pierre noire, crayon bleu et marron, sanguine, 40,1x 34,8 cm Paris, ENSBA.
Bibliographie :
- The exhibition of the Royal Academy, 1869. The 101st., 1869, London, William Clowes and sons, p.60, n° 1289 ;
- Charlotte Yeldham, Women artists in nineteenth-century France and England : their art education, exhibition opportunities and membership of exhibiting societies and academies, with an assessment of the subject matter of their work and summary biographies, A Garland Series, Oustanding Theses from the Courtault Institute of Art, New-York, Garland,1984, pp.296-297 ;
- Shannon Hunter Hurtado, Genteel Mavericks : professional Women sculptors in Victorian Britain, Cultural Interactions Studies in the Relationship between the Arts, vol.27, Peter lang, 2012, cette oeuvre illustrée fig. 18, p.81 ;
- Sara Gray, British Women Artists. A Biographical Dictionary of 1000 Women Artists in the British Decorative Arts. Dark River, 2019.
Littérature en rapport :
- Ss dir I. Leroy-Jay Lemaistre, Henry de Triqueti 1803-1874, Le Sculpteur des Princes, cat. exp, Orléans, musée des Beaux-Arts, Montargis, musée Girodet de Montargis, 3 octobre 2007-6 janvier 2008, Paris, Hazan, p.128 et suivantes et p.113-143 ;
- Emma Hardy, M.G. Sullivan, Ingrid Roscoe, A biographical dictionary of sculptors in Britain, 1660-1851, New Haven, Yale University Press, 2009
- Shannon Hunter Hurtado, Genteel Mavericks : professional Women sculptors in Victorian Britain, Cultural Interactions Studies in the Relationship between the Arts, vol.27, Peter lang, 2012, p.173 et suiv. ;
- Anne Rivière, Dictionnaire des sculptrices, Mare & Martin, 2017, p.185 ;
- M.Sterckx, “Being Sculptor and Woman in Europe in the Long 19th Century : “A symbol of frontiers crossed”’, dans Linda Hinners (ed.), Nordic women sculptors at the turn of the 20th century. Formation, Visibility, Self-Creation, Stockholm Nationalmuseum, 2022, pp.12-19 ;
- Jonathan Marsden, “Princess and Pupil. New works by Susan Durant and Victoria, Princess Royal of Prussia”, in Perspectivia, 2023 ;
- Tabitha Barber and Tim Batchelor, Now You See Us : Women Artists in Britain 1520–1920, Tate, London, May 16–October 13, 2024, London : Tate Publishing, 2024, pp. 122-123.
Cet impressionnant buste en marbre conservé par les descendants de Henry de Triqueti est une œuvre majeure réalisée par la sculptrice anglaise Susan Durant.
C’est pendant la période d’intense activité liée au programme décoratif de la chapelle Wolsey, sous la direction d’Henry de Triqueti, que Susan Durant réalise cet impressionnant buste de Ruth inspiré de l’Ancien Testament. Mariée à un immigrant hébreu à Moab, Ruth quitta sa terre natale après la mort de celui-ci et voyagea avec sa belle-mère, Naomi, jusqu’à Bethléem. Là, elle fut autorisée à glaner dans les champs de blé de Boaz, un riche fermier et parent de Naomi. Ruth garda, sur les conseils de Naomi, une attitude modeste parmi les ouvriers agricoles qui travaillaient à la moisson. Une nuit, pour témoigner de sa dévotion, elle alla se coucher aux pieds de Boaz qui dormait dans le champ. Profondément touché par sa vertu et sa fidélité, il finit par l’épouser. Cet imposant portrait de jeune femme vêtue d’un costume traditionnel juif, parée de grandes boucles d’oreilles et d’une agrafe en forme de gerbe de blés évoquant le glanage, transmet l’idée de modestie, d’acceptation de son sort et de loyauté […]
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