Une rare toile d’une portraitiste du XVIIIe siècle adjugée 161 200 euros en Touraine

22/05/2026

Un portrait d’enfant de Catherine Lusurier, peintre parisienne du XVIIIe siècle, a été adjugé 161 200 euros le 30 mai à Joué-lès-Tours. Il venait s’ajouter au mince corpus des œuvres de cette parisienne du XVIIIe siècle représentée dans des institutions prestigieuses telles que le Louvre et le Musée Carnavalet. 

Le 30 mai, l’hôtel des ventes Giraudeau accueillait une belle vente dont l’un des lots phares était un tableau de Catherine Lusurier (1752-1781), peintre parisienne du XVIIIe siècle. La toile, intitulée Le Jeune Écolier, représente un garçon coiffé d’un couvre-chef et portant un fichu, aux yeux gris, aux lèvres roses et souriantes et aux pommettes cramoisies, accoudé à une table de travail sur laquelle traînent quelques feuilles. Elle vient s’ajouter au mince corpus des œuvres de l’artiste, essentiellement composé de portraits conservés dans de prestigieuses collections publiques françaises, telles que celles du Louvre ou du Musée Carnavalet. Ce tableau, qui illustre l’un de ses sujets de prédilection, était estimé entre 20 000 et 30 000 euros.

Catherine LUSURIER (1752-1781). Le Jeune écolier. Huile sur toile d’origine. 56 x 46 cm. (manques).
Catherine Lusurier (1752-1781), Le Jeune écolier, huile sur toile d’origine, 56 x 46 cm, manques. 

Catherine Lusurier, la nièce d’Hubert Drouais

Née en 1752, Catherine Lusurier est, par alliance, la nièce d’Hubert Drouais (1699-1767), maître auprès duquel elle commence sa formation. À la disparition de ce dernier, elle poursuit son apprentissage dans l’atelier de son cousin, François-Hubert Drouais (1727-1775), reçu membre de l’Académie Royale en 1758. Ce portraitiste, élève de Carl Van Loo et de François Boucher, et auteur notamment de Madame de Pompadour à son métier à broder (1763-1764), aujourd’hui conservé à la National Gallery de Londres, exerça une influence artistique considérable sur Catherine Lusurier, à tel point que plusieurs de ses réalisations ont longtemps été attribuées à son second maître. Elle meurt prématurément en 1781, à l’âge de 28 ans.

Le sujet de prédilection de l’artiste 

En 2001, l’historienne de l’art Helen Ashmore avait recensé vingt-et-une toiles de la main de l’artiste. Parmi elles, de nombreux portraits d’enfants, comme celui de Charlotte-Françoise DeBure (1776), conservé au Milwaukee Art Museum, La Petite Dessinatrice, conservée à la Kunsthalle de Brême, ou encore ce Portrait d’un jeune garçon, dessin appartenant à la National Gallery of Art de Washington D.C. Outre le fait d’être un portrait d’enfant, Le Jeune Écolier mis aux enchères à l’Hôtel Giraudeau reprend un thème apprécié tout au long du XVIIIe siècle par des artistes comme Jean Siméon Chardin (L’Enfant au toton, 1738) ou Nicolas-Bernard Lépicié (Le Jeune Dessinateur, 1772) : celui du petit dessinateur, ou du polisson.

Catherine Lusurier (1752-1781), Le Jeune écolier, Huile sur toile d’origine, 56 x 46 cm, manques. Estimation : 20 000 euros - 30 000 euros
(Détail) Catherine Lusurier (1752-1781), Le Jeune écolier, Huile sur toile d’origine, 56 x 46 cm, manques. Estimation : 20 000 euros – 30 000 euros.

Une artiste rare sur le marché

Les occasions de se procurer des œuvres de cette artiste sur le marché sont rares. Un Portrait d’un jeune garçon s’est vendu 136 294 euros (frais inclus) en 2020 à New York chez Sotheby’s, tandis qu’un Portrait d’un jeune artiste, aux traits du visage ressemblant à ceux de notre tableau, a été adjugé 425 707 euros (frais inclus) chez Christie’s à New York, dépassant très largement son estimation.

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