Originaire de Lyon, Louis Foujols (1920-2005) partagea sa vie entre ses deux passions, la littérature et la peinture. Décédé en 2005, il laisse derrière lui des sanguines et toiles lumineuses, célébrant la beauté du corps féminin. Des nus voluptueux et sensuels à découvrir à l’occasion de la vente aux enchères de son atelier le 28 avril en live depuis Saint-Jean-de-la-Ruelle, près d’Orléans.
Si Louis Foujols (1920-2005) s’essaya aux paysages et aux scènes de la vie quotidienne, un sujet l’occupa encore davantage : le corps féminin. Au sein de dessins et toiles aux couleurs chatoyantes, la figure féminine s’exhibe sans retenue, nue ou couverte en toute imprudence. « Louis Foujols a été particulièrement marqué par son séjour en Egypte où il enseigna le français durant plusieurs années, explique Matthieu Semont. Tout au long de sa vie, il tentera de capter cette luminosité qui l’émerveillait tant au sein de ces contrées méditerranéennes. »

Louis Foujols, un professeur de lettres passionné de peinture
C’est avec son épouse Camille Larrivé, sa muse et plus grande source d’inspiration, que Louis Foujols s’installe dans les années 1950 à Tantah, dans le delta du Nil, avant de rejoindre le Caire. Le couple y coule des jours heureux avec leurs deux filles – Pascale et Raphaële, nommées ainsi en hommage au philosophe et au peintre de la Renaissance, comme pour réunir à nouveau deux passions, l’écrit et la peinture. En Egypte, le professeur de Français, originaire de Lyon, s’imprègne de l’atmosphère méridionale et croque la vie animée des souks et ruelles.

L’idylle s’achève toutefois brutalement en 1956. Avec l’arrivée au pouvoir du Colonel Nasser, les Français sont contraints de regagner leur pays. Après maintes difficultés financières, le couple s’installe cette fois en région parisienne et élit domicile au sein d’un appartement où l’artiste peut enfin profiter de son propre atelier. Professeur de Lettres au lycée d’Enghien-les-Bains, il prend sa retraite en 1986 et s’adonne alors pleinement à sa passion de toujours, la peinture, exposant dans les communes alentours et fréquentant assidûment l’Académie de dessin de Deuil-la-Barre. Sa santé déclinant, c’est auprès de sa fille, installée dans les Landes, qu’il s’éteindra finalement en 2005, laissant derrière lui une œuvre abondante.

Le nu féminin, son sujet de prédilection
Le 28 avril, ce sont plus de 170 dessins et toiles qui seront dispersés sous le marteau de Matthieu Semont, lors d’une vente organisée exclusivement en live sur interencheres.com. « L’une des filles de l’artiste s’apprête à déménager et cède ainsi une partie du fonds d’atelier. On y retrouve uniquement des nus, le sujet de prédilection du peintre avec lequel il reçut un premier prix lors de l’exposition internationale de Deauville de 1958. L’artiste n’a pas de cote, aussi les estimations sont très accessibles. Nous débuterons à 30 euros pour les dessins, et 200 euros pour les toiles », précise le commissaire-priseur.
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Si ces nus évoquent tour à tour les scènes de toilette de Degas, les femmes plantureuses de Gauguin ou les esquisses érotiques de Toulouse-Lautrec, ils révèlent surtout l’œuvre originale d’un autodidacte, au coup de crayon assuré et à la palette chaleureuse. Croquées de trois quarts ou de dos, accoudées à une table ou allongées lascivement, ces femmes, au teint hâlé, dévoilent sans pudeur leurs formes généreuses qui s’épanouissent au gré des jeux d’ombres et de lumières, tandis qu’en guise de décor se dessinent parfois, à l’arrière-plan, les souvenirs d’enfance et les plus beaux voyages.
