Du 19 au 22 août, l’Étude Paul Pastaud organise la 31e édition de la vente Montignac, rendez-vous annuel incontournable des bibliophiles.
Imaginée en 1995 par le commissaire-priseur Bernard Galateau et l’expert en livres Pierre Poulain, la vente Montignac, délocalisée à Limoges depuis 2023, rassemble chaque été les bibliophiles. Cartes figurant l’ordonnancement de l’univers, Histoire naturelle de Buffon, manuscrits d’un fidèle de Napoléon à Sainte-Hélène ou encore éditions illustrées de Jules Verne : concentrée en quatre jours de vente, cette 31e édition regorge de trésors. Plus d’un millier de lots seront dispersés, avec des estimations allant de 10 à 20 000 euros.
Le trésor : l’Harmonia macrocosmica de Cellarius
Le lot phare est sans conteste l’exemplaire de l’Harmonia macrocosmica, conçu par l’astronome et cartographe Andreas Cellarius (1596-1665) et issu de la deuxième édition in-folio de cet atlas céleste, imprimée en 1708 par les Amstellodamois Gerard Valk et Pieter Schenk. « Cet atlas céleste est un des plus beaux jamais publiés », soutient avec admiration Pierre Marquis, expert en livres anciens et modernes du cabinet Poulain. Il ajoute : «L’ouvrage se scinde en deux parties. La première donne à voir différents systèmes théorisés par Ptolémée, Tycho Brahe et Nicolas Copernic, respectivement le géocentrisme, le géohéliocentrisme et l’héliocentrisme. La seconde présente de très belles planches qui mettent en avant des constellations tout en s’inspirant de la tradition chrétienne. »

L’exemplaire a notamment appartenu à Louis François Ferdinand Guillebot de Nerville (1858-1931), ingénieur des télégraphes et premier directeur de l’École supérieure d’électricité (Supélec). Estimation 18 000 – 20 000 euros. Le commissaire-priseur Paul Pastaud est revenu plus en détail sur cet ouvrage dans l’épisode 6 de l’émission Folles Enchères TV.
Buffon et Charmaison, l’illustration à son sommet
D’autres représentations, à échelle humaine cette fois, sont à retrouver dans l’Histoire naturelle de Buffon, série de quarante volumes imprimée à Berne par la Nouvelle Société typographique en 1792. Ces volumes sont illustrés de figures coloriées, à l’instar d’un rhinocéros d’Afrique ou d’une autruche, et « conservés dans leurs reliures en maroquin rouge de l’époque ».

L’ensemble est estimé entre 6 000 et 7 000 euros. Les amateurs seront sans aucun doute séduits par les huit très belles planches dessinées par Raymond Charmaison et coloriées au pochoir par Jean Saudé, réunies dans Les Jardins précieux publié en 1919 (estimation : 1 400 – 1 500 euros).
Le Mamelouk Ali, mémoires d’un fidèle de Sainte-Hélène
Les passionnés d’histoire napoléonienne découvriront également un important corpus de documents rédigés par Louis-Étienne Saint-Denis, dit le Mamelouk Ali, fidèle serviteur de Napoléon durant son exil à l’île d’Elbe puis à Sainte-Hélène. Les plus avertis le reconnaîtront au centre, légèrement sur la droite, du tableau La Mort de Napoléon de Charles de Steuben.

Cet ensemble rassemblé par l’historien napoléonien Jacques Jourquin (1935-2021), « exceptionnel par son intérêt historique », est estimé entre 20 000 et 25 000 euros. Les enchérisseurs pourront également se pencher sur le premier tirage des trente planches lithographiées et coloriées de costumes militaires réunies dans Collection des uniformes de l’armée française, présentée au roi par S.E.M. le maréchal duc de Bellune, ministre de la Guerre, publié en 1823 (estimation : 800 – 1 000 euros).