La maison de vente Dupont et associés présentera aux enchères le 3 août un ensemble de clés de montres des XVIIIe et XIXe siècle. Ces petits objets de vitrine raffinés méritent le coup d’oeil.
« Ces clés viennent d’un collectionneur dont nous avons déjà dispersé d’autres collections. Et elles forment un ensemble rare, puisque d’habitude nous en avons une ou deux seulement. Là, c’est plus d’une centaine », s’enthousiasme la commissaire-priseur Sandrine Dupont. La plupart datent de la période comprise entre le Directoire et Louis-Philippe, « une belle période pour tous les objets de vitrine, remarque la commissaire-priseur, c’est aussi le moment des carnets de bal, des boîtes à dragées ou des porte-bouquets… Même une boîte à sel usuelle pouvait être travaillée pour être belle ».
Des clés de montre datant du Directoire à Louis-Philippe
Les petites clés de montres (elle ne dépassent pas les 7 cm pour les plus grandes, et beaucoup font moins de 3 cm) n’étaient pas proposées par les horlogers, mais bien par des artisans spécialisés qui pouvaient aussi fabriquer des pommeaux de cannes, des épingles de cravate, des attaches de vêtements… Elles sont toutes équipées d’une bélière, afin de les accrocher à la chaîne de montre ou à la châtelaine. L’accessoire est indispensable à cette période : elles datent de l’invention du ressort moteur vers la fin du XVI siècle, et subsistent jusqu’en 1842, au moment où Jean-Adrien Philippe invente le remontoir à main.

« Selon les finances du propriétaire, elles pouvaient être en métal précieux comme l’or (un lot de huit est estimé 500 à 600 euros), ou en laiton (lot de sept, 120 à 150 euros), ornées de pierres dures telles que le jaspe, l’agate ou l’onyx, de verre ou de pierres semi-précieuses », décrit Sandrine Dupont. La clé en elle-même, dont la forme varie en fonction de la montre, est en acier.
Un savoir-faire du beau et de l’utile
La commissaire-priseur souligne également que les artisans ont souvent cherché à personnaliser leurs créations : certaines clés sont accrochées à des sortes de médaillons montrant une Aigle napoléonienne, un Polichinelle, des pistolets, une naïade… (lot estimé 150 à 200 euros). D’autres évoquent le sentiment amoureux ou le mariage par un discret panier fleuri ou l’ajout de trophées ou de pensées gravées sur le métal (lot de 34 clés en laiton moulé, estampé et ciselé estimé 120 à 150 euros). Elles étaient peut être destinées à des femmes, alors que celles en pierre dure plus sobres et plus volumineuses ornaient les chaînes de montres des hommes.

« Ces petites clés montrent également un savoir faire typiquement provincial, avec des guillochages par exemple que l’on retrouve sur des fermoirs de colliers ou sur des boucles de chaussures dans certains endroits », ajoute la commissaire-priseur. Les sources d’inspirations sont très variées, ce qui donne une idée de l’importance de cet accessoire. « Sur ces tous petits objets, les artisans de l’époque sont parvenus à allier utilité et beauté », souligne Sandrine Dupont.