Le 19 mars 2020 | Mis à jour le 19 mars 2020

La folie des ventes automobilia

par Interencheres

L’automobile a inspiré tout au long de son histoire la production d’une foule d’objets devenus pour certains éminemment collectionnables et recherchés : mascottes, bidons, plaques émaillées… Ces pièces dites « automobilia » suscitent un intérêt toujours plus grand de la part des collectionneurs. Décryptage…

 

2 304 euros, c’est la somme déboursée par un amateur, lors d’une vente organisée par la maison Osenat le 25 janvier dernier à Fontainebleau, pour se payer une mascotte en forme de cigogne célébrant la marque Hispano Suiza. 1 180 euros, c’est celle déboursée pour une affiche du film Le Mans de Steeve Mc Queen vendue par la maison Balsan enchères à Cherre dans la Sarthe le 17 novembre 2019, et c’est à 1 113 euros qu’était adjugé un thermomètre « Huiles Renault » à l’hôtel des ventes Giraudeau le 29 septembre 2019 à Saint-Cyr-sur-Loire.

 

 

Ces adjudications, toujours supérieures aux estimations, témoignent de l’intérêt croissant des enchérisseurs pour les objets « automobilia ». Ce terme désigne une catégorie à part entière des ventes aux enchères, souvent à l’honneur en ouverture des vacations consacrées aux automobiles. Une variété impressionnante d’objets est concernée, depuis les miniatures et jouets jusqu’à la documentation d’époque en passant par les œuvres d’art ou les pièces de voitures transformées. Et les motivations des acheteurs sont elles aussi variées : acquérir un objet de décoration, un « morceau » de l’histoire d’une marque ou d’une automobile, ou tout simplement se documenter sur un modèle.

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Plaques émaillées, bidons d’huile et affiches

En matière de décoration, les plaques émaillées font partie des objets les plus recherchés. Il s’agit d’objets publicitaires en tôle peinte, souvent revêtus de couleurs vives et réalisés entre les années 1910 et 1970. Dans l’automobile, elles ont été réalisées pour des constructeurs bien sûr mais aussi pour des pétroliers, équipementiers ou pneumaticiens. Selon leur état ou leur rareté, elles peuvent atteindre des prix élevés comme cette plaque Aeroshell adjugée à 2 604 euros par la maison Aguttes le 21 mars 2015 à Lyon. Même engouement pour certains bidons d’huile. Lors de la même vente, un exemplaire des années 30 aux couleurs de Bugatti trouvait ainsi preneur à 3 571 euros.

 

 

Les affiches publicitaires ou lithographies sont également des classiques, dont la valeur dépend beaucoup de l’artiste qui les a réalisées. Dans l’automobile, Geo Ham et Pierre Louys, directeur artistique de Citroën qui en réalisa de nombreuses pour sa marque, font partie des auteurs les plus recherchés. Une affiche lithographique célébrant les records de la Petite Rosalie en 1933 a obtenu 2 400 euros lors d’une vente organisée par la maison Osenat le 23 mars 2019.

 

Pierre Louys ( 1894- 1976), Petite Rosalie, Citroën. Affiche lithographique signée et datée 33 au centre à droite. Imprimerie Bedos & Cie, Ave Félix Faure à Paris. Entoilée, 158 x 116 cm. Adjugé à 2 400 euros par la maison Osenat le 23 mars 2019 à Fontainebleau.

 

Bien entendu, lorsqu’il s’agit d’œuvres originales, les prix s’envolent : ainsi les gouaches signées Geo Ham ont régulièrement dépassé les 100 000 euros. C’est le cas également de certaines mascottes qui ornaient les calandres des voitures de très grand prestige. Les plus recherchées sont celles signées par le maître verrier René Lalique, qui ne s’est bien sûr pas consacré qu’à l’automobile. L’une de ses plus rares, le Hibou, a même obtenu 113 013 euros en 2013 à Paris.

 

Lalique, « Chrysis », verre moulé pressé satiné mat, signé « Lalique France » sous la base à la pointe. H: 14 cm. Adjugé à 310 euros par la maison Osenat le 14 juin 2015 à Fontainebleau.

 

L’étoffe des héros

Lorsqu’ils sont rattachés au sport automobile, les objets automobilia sont également très convoités : une combinaison de pilote, un morceau de voiture de course accidentée ou encore une enseigne d’écurie de course peuvent intéresser les enchérisseurs dès lors qu’ils sont rares et ont fait partie de l’histoire d’une course. En témoigne ce casque porté par le champion du monde de Formule 1 Sebastien Vettel en 2011, vendu 18 720 euros lors de la dernière vente Aguttes organisée à huis clos et en live le 15 mars dernier depuis Paris.

En savoir plus | Des casques de course légendaires doublent leurs estimations à Paris

 

Casque de Sebastian Vettel, 2011. ARAI – Red Bull Racing. Casque officiel signé porté. Adjugé à 18 720 euros par la maison Aguttes le 15 mars 2020 à Paris.

 

 

* Tous les prix sont indiqués frais de vente inclus.

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