Le 25 février 2021 | Mis à jour le 25 février 2021

Le marché de l’automobile de collection : les tendances 2020

par Interencheres

En dépit du contexte sanitaire, le marché de l’automobile de collection a enregistré une belle année 2020, marquée notamment par une accélération des ventes en ligne, un intérêt renouvelé pour les Youngtimers, des estimations pulvérisées pour les Facel Vega et des records mondiaux enregistrés dans la spécialité Automobilia. Décryptage des dernières tendances.

 

Alors que la filière automobile a été impactée de plein fouet par la crise sanitaire, le marché du véhicule de collection a résisté en 2020, en dépit de l’annulation de nombreuses manifestations qui, chaque année, entretiennent l’appétit des amateurs d’anciennes. Grâce à la retransmission en ligne des ventes aux enchères de véhicules, les commissaires-priseurs d’Interencheres ont pu maintenir une activité dynamique, rythmée par des performances records, avec une moyenne de 140 inscrits par vente et des enchères portées jusqu’à près de 320 000 euros sur le live. Ces performances révèlent la transformation profonde des habitudes d’achat des passionnés, autant qu’elles témoignent de l’arrivée de nouveaux adeptes de véhicules anciens. Elles ont permis aux commissaires-priseurs de convaincre les propriétaires de vendre leurs véhicules d’exception malgré la crise et de les proposer même parfois à l’occasion de ventes exclusivement en live. De la Ferrari de Johnny Hallyday au Guide rouge Michelin, les automobiles prestigieuses comme les plus petits objets d’Automobilia trouvent désormais aisément preneur sur Internet. Ainsi, le live offre-t-il un avenir prometteur au marché du véhicule de collection qui, à l’heure d’une pandémie mondiale, suscite une passion toujours aussi vive et renouvelée.

 

Les ventes en ligne enregistrent une croissance exponentielle


Pour continuer à exercer leur activité, les maisons de vente se sont rapidement adaptées aux contraintes sanitaires : visites des expositions sur rendez-vous, nombre restreint d’enchérisseurs dans les salles de vente, usage accru des ventes par téléphone et bien sûr mesures d’hygiène et de distanciation sociale élémentaires. Mais elles ont surtout recouru massivement à la vente en ligne.

 

Un produit vendu en hausse de 45% sur le live en 2020

En 2020, 885 ventes de véhicules ont été retransmises en live sur Interencheres, contre 780 ventes en 2019, soit une croissance de +13% en un an. Ces ventes ont généré un produit vendu en hausse de 45% sur le live. Si lors du premier confinement, certaines maisons de vente ont préféré reporter leurs ventes de véhicules en attendant des jours meilleurs, elles ont misé massivement sur ce service au second semestre, convaincues de son efficacité. Ainsi, l’année 2020 a été marquée par une accélération inédite des ventes live de véhicules au second semestre qui ont généré un produit vendu en hausse de 61%. « Nous avons gagné dix ans en ce qui concerne la digitalisation des ventes. Non seulement les maisons s’y mettent de plus en plus mais les acheteurs ont moins de craintes à enchérir en ligne. On peut même dire que derrière l’écran d’un ordinateur, ils hésitent moins qu’en salle. Les ventes en ligne dédramatisent les enchères », détaille Gautier Rossignol, responsable du département Automobiles de collection au sein de la maison de ventes Aguttes.

 

 

Des taux de conversion et des adjudications records sur le live

Les ventes de véhicules ont enregistré des taux de conversion records sur le live d’Interencheres. En moyenne, 34% des véhicules présentés en live ont été vendus par ce biais en 2020, contre 22% en 2019, avec des pics à plus de 90%. Le 14 avril à Rouen, Guillaume Cheroyan organisait ainsi une vente d’Automobilia exclusivement en ligne. Sur les 685 lots dispersés, 646 ont trouvé preneur sur le live d’Interencheres, soit 94% des lots de la vente pour 87% du montant total adjugé. Lors de sa vente du 23 novembre à Marcq-en-Baroeul, la maison Mercier et Cie vendait quant à elle 45% des véhicules en live, totalisant plus de 780  000 euros d’adjudications live (50% du montant total adjugé) et enregistrant sa plus haute enchère sur le live, avec une Audi Quattro 200CH de 1981 adjugée à 43 548 euros. Si le confinement a accompagné ces taux de conversion records, ces performances témoignent de la profonde mutation des habitudes d’achat des enchérisseurs. Aujourd’hui, les enchérisseurs recourent aux enchères en ligne quel que soit le montant de leur acquisition. Interencheres constate ainsi que les enchères live supérieures à 100 000 euros ont été deux fois plus nombreuses qu’en 2019, avec une adjudication à près de 320 000 euros enregistrée par Olivier Baron le 26 septembre pour la Ferrari de Johnny Hallyday.

 

Les prix des véhicules d’exception flambent toujours


L’adjudication de la Ferrari de la star du rock’n’roll à 318 635 euros démontre qu’en dépit de la crise sanitaire, un historique unique fait toujours exploser les enchères. Doté d’un kilométrage élevé, le véhicule devait en effet son prix exclusivement à l’identité de son ancien propriétaire. A titre de comparaison, le 13 décembre à Paris, un exemplaire identique en meilleur état, mais n’affichant pas l’illustre provenance, s’échangeait à 100 600 euros lors d’une vente de la maison Aguttes.

 

Ferrari 512 TR 28CV de 1994 ayant appartenu à Johnny Hallyday. Adjugé 318 635 euros en Live par la maison de ventes Montargis Enchères le 26 septembre 2020 à Montargis.

 

Des prix multipliés par 7 pour des véhicules en état d’origine

Les véhicules présentant un état d’origine exceptionnel sont également toujours aussi prisés des enchérisseurs. Le 12 août à Cannes, la maison Aymard Debussy a adjugé à 51 480 euros une Renault Frégate Amiral Cabriolet de 1955, carrossée par Letourneur et Marchand. Malgré les travaux importants qu’elle nécessitait, cette version très rare, jamais restaurée depuis cinquante ans, a doublé son estimation et multiplié par sept le prix normalement obtenu par une Frégate berline en bel état. Le 13 décembre à Neuilly-sur-Seine, la maison Aguttes adjugeait à son tour une Peugeot 402 B de 1939 à 33 340 euros, soit plus de 8 000 euros au-dessus de l’estimation haute et plus de trois fois le prix d’une 402 classique. Ce résultat se justifiait à nouveau par le superbe état d’origine de ce modèle transformé soigneusement en break après-guerre.

 

Peugeot 402 B de 1939. Adjugé 33 340 euros en Live par la maison de ventes Aguttes le 31 décembre 2020 à Neuilly-sur-Seine.

 

 

Les divas deviennent plus accessibles


Des Ferrari Testarossa à moins de 100 000 euros

Si les prix flambent toujours pour les véhicules à l’historique unique ou entièrement d’origine, ils ont singulièrement baissé pour certaines divas, à commencer par la Ferrari Testarossa. Alors que certaines dépassaient les 120 000 euros voici encore deux ans, il n’est pas rare de voir des exemplaires adjugés aujourd’hui à largement moins de 100 000 euros. Cette baisse témoigne d’un retour à la normale, après une flambée des prix démesurée compte tenu du nombre relativement important de Testarossa produits (7 177 exemplaires produits jusqu’en 1996, si l’on intègre les évolutions 512 TR et 512 M) et le taux de survie élevé de ce type de véhicule. Le 25 janvier à Fontainebleau, la maison Osenat a ainsi adjugé une Ferrari Testarossa de 1988 à 76 200 euros, malgré son bon état et son faible kilométrage. Le 15 mars à Paris, la maison Aguttes adjugeait quant à elle une Ferrari Testarossa de 1991 à 78 170 euros, malgré son rare coloris jaune.

 

Ferrari Testarossa de 1991. Adjugé 78 170 euros en Live par la maison de ventes Aguttes le 15 mars 2020 à Paris.

 

Des Porsche 912 à moins de 50 000 euros

Même constat du côté des Porsche 912, qui avaient affolé les compteurs mais enregistrent une nette baisse pour les modèles courants. Le 21 juillet à Fontainebleau, la maison Osenat a adjugé une très belle Porsche 912 de 1967, l’une des premières fabriquées, à 46 800 euros. Le 24 mars 2018 à Fontainebleau, un exemplaire similaire de 1969 s’échangeait à 51 840 euros, lors d’une vente organisée par la même maison.

 

Porsche 912 de 1967. Adjugé 46 800 euros en Live par la maison de ventes Osenat le 21 juillet 2020 à Fontainebleau.

 

La cote des Youngtimers poursuit sa progression


Depuis plusieurs années, les voitures d’après 1975, dites « Youngtimers », connaissent un engouement notable qui n’a pas faibli en 2020. Le 20 octobre à Fontainebleau, la maison Osenat a adjugé une Peugeot 205 GTI 1.9 de 1992 à 19 800 euros, doublant son estimation basse fixée à 9 000 euros. Ce résultat confirme que la demande pour cette sportive, pourtant très répandue, ne faiblit pas.

 

Peugeot 205 GTI 1.9 de 1992. Adjugé 19 800 euros en Live par la maison de vente Osenat le 20 octobre 2020 à Fontainebleau.

 

Cependant, c’est auprès des modèles moins reconnus que l’on observait cette année de véritables records. En témoignent les adjudications de la vente du Musée de l’Aventure Peugeot organisée par la maison Aguttes le 20 septembre à Sochaux : une Citroën Visa Club de 1978 a été adjugée à 15 900 euros, doublant son estimation basse fixée à 7 500 euros, et une Citroën LN a trouvé preneur à 8 700 euros. Si ces deux exemplaires étaient proposés en très bel état et comptaient très peu de kilomètres, ce sont des modèles qui étaient méprisés des collectionneurs il y a encore cinq ans et qui s’échangeaient à moins de 1 000 euros. Lors de cette même vente, la maison Aguttes a adjugé une Peugeot 306 S16 Boîte 6 de 1996 à 17 700 euros, soit 5 700 euros au-dessus de son estimation haute, ainsi qu’une Peugeot 406 Coupé V6 de 1999, simplement en bel état, à 18 300 euros, soit 6 300 euros au-dessus de son estimation haute.

 

Citroën Visa Club de 1978. Adjugé 15 900 euros en Live par la maison de ventes Aguttes le 20 septembre 2020 à Sochaux.

 

Les Rolls Royce remontent la pente 

Certaines automobiles, habituées de longue date aux prix plancher, remontent également la pente. Le 21 juillet à Fontainebleau, la maison Osenat a adjugé une Rolls Royce Silver Spirit de 1983 à 17 400 euros, soit 5 400 euros au-dessus de son estimation haute. Le 14 juin 2015 à Fontainebleau, la même maison de ventes avait adjugé un modèle similaire, en bel état d’origine, à 11 160 euros, soit 6 240 euros de moins. Le 26 octobre à Paris, la maison Millon a également adjugé une Rolls Royce Silver Spur de 1985 à 16 200 euros, dépassant son estimation fixée entre 12 000 et 15 000 euros.

 

Rolls Royce Silver Spirit de 1983. Adjugé 17 400 euros en Live par la maison de ventes Osenat le 21 juillet 2020 à Fontainebleau.

 

Les Facel Vega pulvérisent leurs estimations


En 2020, un contingent exceptionnel de Facel Vega a été proposé à la vente malgré l’extrême rareté des modèles produits par ce qui est considéré comme la dernière vraie marque de prestige française. L’engouement des collectionneurs n’a jamais été aussi important pour les créations de Jean Daninos. Le 15 mars à Paris, la maison Aguttes a adjugé une Facel Vega KKII de 1962 à 336 600 euros. Venue de Belgique et en très bel état de présentation, elle a enregistré une enchère finale proche de son estimation haute, fixée à 340 000 euros.

 

Facel Vega HKI de 1962. Adjugé e336 600 euros en Live par la maison de ventes Aguttes le 15 mars 2020 à Paris.

 

Le 7 février à Paris, la maison Rémy Le Fur AuctionArt a adjugé une Facel Vega KKII de 1965 à 219 648 euros, en dépit de sa peinture passée et de nombreux éléments à restaurer, soit près de 90 000 euros au-dessus de son estimation haute. Lors de cette vente, un autre modèle de 1962, encore plus mal en point, a obtenu quant à lui 194 480 euros, pulvérisant son estimation haute, fixée à 130 000 euros. Leur historique limpide et leur absence de restauration ont motivé les enchérisseurs.

 

Facel Vega HKII de 1965. Adjugé 219 648 euros en Live par la maison de ventes Rémy Le Fur Auction Art le 7 février 2020 à Paris.

 

 

L’intérêt ne touche pas uniquement les modèles de prestige : la petite Facellia, un peu plus répandue est également plébiscitée par les enchérisseurs. Le 15 mars à Paris, la maison Aguttes a adjugé une Facel Vega cabriolet Facellia de 1961, provenant de la collection Francis Staub, à 66 380 euros, dépassant son estimation fixée entre 40 000 et 60 000 euros.

 

Facellia de 1961. Adjugé 66 380 euros en Live par la maison de ventes Aguttes le 15 mars 2020 à Paris.

 

L’Automobilia suscite un engouement croissant


L’intérêt pour l’automobile de collection ne se limite pas aux voitures proprement dites. Les objets qui l’entourent, mascottes, plaques émaillées, matériels de course, suscitent un intérêt accru, d’autant plus que ces objets se prêtent particulièrement aux enchères en ligne. L’année 2020 a été marquée par de très belles ventes Automobilia et des résultats records. Le 20 octobre à Fontainebleau, la maison Osenat a adjugé un avertisseur Grenouille de style Art nouveau à 59 520 euros, doublant son estimation haute fixée à 25 000 euros. Exécuté en bronze et laiton, il était caractéristique du travail de Carlo Bugatti, père d’Ettore Bugatti, connu pour ses œuvres influencées par la nature, les plantes et les insectes.

 

Avertisseur Grenouille de Carlo Bugatti. Adjugé 59 520 euros en Live par la maison de ventes Osenat le 20 octobre 2020 à Fontainebleau.

 

Le 15 mars à Paris, la maison Aguttes a adjugé un casque de F1 à 18 720 euros. Estimé entre 10 000 et 15 000 euros, il avait été porté par le champion de F1 Sebastien Vettel en 2011. Le 25 janvier à Fontainebleau, la maison Osenat a quant à elle adjugé une affiche réalisée autour de 1950 par Georges Hammel (1900-1972), dit Géo Ham, à 1 800 euros, soit près de cinq fois son estimation haute fixée à 400 euros.

 

Casuqe F1 de Sebastian Vettel. Adjugé 18 720 euros en Live par la maison de ventes Aguttes le 15 mars 2020 à Paris.

 

Un record mondial pour un Guide rouge Michelin

Les prix des Guides Michelin ont été multipliés par cinq depuis le début des années 2000. Ils sont particulièrement prisés des chefs étoilés qui recherchent les guides dans lesquels ils ont été répertoriés pour pouvoir les exposer en devanture de leur restaurant et ainsi valoriser leur établissement. À sa création en août 1900, le Guide rouge n’avait pourtant rien d’un annuaire gastronomique. Tirée à 35 000 exemplaires, la première édition était offerte « gracieusement aux chauffeurs », pour tout achat de pneumatiques Michelin. En créant ce guide, les frères Michelin souhaitaient dédramatiser le voyage de ville en ville qui, à l’époque, relevait de l’aventure, du fait de l’absence de routes goudronnées, de signalisation et de stations-service. Conçu sous la forme d’un livret publicitaire de 400 pages, le premier guide répertoriait alors les établissements utiles pour profiter de la traversée en toute sérénité (hôtels, garages, épices, restaurants…). Ce n’est qu’en 1923 qu’apparaissent les précieux macarons, ancêtres des étoiles Michelin, dont on connaît aujourd’hui le pouvoir prescripteur.

 

Guide Michelin de 1900. Adjugé 33 549 euros en Live par la maison de ventes Vassy-Jalenques le 24 juillet 2020 à Clermont-Ferrand.

 

Le 24 juillet à Clermont-Ferrand, la maison Vassy-Jalenques a adjugé un Guide Michelin de 1900 à 33 549 euros. Il a été acheté sur le live d’Interencheres par un chef étoilé français. Ce résultat établit un record mondial pour cet annuaire emblématique de la marque au Bibendum. Lors de cette même vente, un Guide rouge de 1901, estimé entre 2 500 et 3 500 euros, a trouvé preneur à 5 904 euros. Le Guide Michelin fait véritablement partie du patrimoine français, tant et si bien que de nombreux rêveurs espèrent en conserver encore un dans leur grenier. « Après l’annonce de ce nouveau record, j’ai reçu plusieurs appels de personnes qui pensaient détenir un exemplaire de ce précieux guide. Malheureusement, le guide a été réédité en 1989 et en 2000, sous forme de fac-similé, et il est très simple de différencier les exemplaires récents des originaux puisqu’au recto figure la mention de cette réimpression », détaille le commissaire-priseur Bernard Vassy.

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