Stéphane Bern raconte au Palais-Royal les derniers mots des grands hommes

03/03/2020

Anton Tchekov demandant à son médecin un dernier verre, Feydeau voulant revoir Paris, Voltaire mourant « en adorant Dieu »… Depuis le 20 janvier au Palais-Royal à Paris, dans son spectacle seul-en-scène empreint d’humour et de légèreté, « Vous n’aurez pas le dernier mot », Stéphane Bern entraîne les spectateurs dans les coulisses de l’Histoire, à la découverte des derniers mots des grands hommes et auteurs. Interview…

 

Comment vous est venue l’idée de ce spectacle ?

C’est une idée de Diane Ducret. Elle m’a proposé ce texte qui correspond tout à fait à ce que j’aime. Je voulais faire un seul-en-scène avec des mots d’auteurs, en parlant de ce qui me plaît, à savoir la littérature, l’histoire et l’esprit français, et j’aime parler avec légèreté des choses graves, comme parler avec humour de la mort. Avec ce spectacle, nous sommes dans le bonheur des mots et c’est formidable de passer ainsi d’un personnage illustre à un autre, de Coco Chanel à Maria Callas, de Marie Antoinette à Catherine de Médicis, d’Henri IV à Louis XIV, Freud, Karl Marx ou Jean Jaurès.

 

Quelles ont été vos sources pour réunir ces derniers mots ?

Les grandes personnalités meurent rarement seul. Il y a toujours quelqu’un qui les assiste ou qui leur tient compagnie. Nous avons retrouvé leurs mots dans des grimoires, des textes, des confidences, des mémoires. Certains mots sont apocryphes comme ceux de Talleyrand ou d’Oscar Wilde qui ont été consignés par de fervents admirateurs. Une manière probablement pour eux d’assurer leur postérité pour le meilleur et pour le rire. Je raconte par exemple les derniers mots de Talleyrand qui s’adresse à Louis Philippe et lui dit « O Sire, Sire, je souffre comme un damné », Louis Philippe, lui qui a survécu à tous les régimes politiques, lui répondant « déjà ! ». Ou encore Oscar Wilde qui dit en buvant une dernière coupe de champagne, « je meurs au-dessus de mes moyens ».

 

« C’est une promenade à la fois littéraire et historique, dans notre patrimoine de mots. »

 

Que révèlent ces derniers mots de leurs auteurs ?

Ils sont assez révélateurs de qui ils étaient. Nous avons toute une vie pour songer à nos derniers mots et c’est étonnant de voir la manière dont ces personnages illustres les ont préparés. Nous ne nous souvenons pas des premiers mots, au contraire des derniers. Ce sont eux qui restent après la mort et qui, au fond, vont nous résumer. Ils sont toujours très bien trouvés. Prenez Feydeau qui meurt fou à Reuil-Malmaison en disant « je voudrais revoir Paris ». Ou encore Sacha Guitry qui dit « je voudrais changer de draps, des draps en lin, mais en linceul ».

 

Quels sont les derniers mots qui vous amusent le plus ?

Le public est particulièrement réceptif lorsque je raconte les derniers mots de Catherine de Médicis, qui, alors qu’on lui avait prédit qu’elle mourrait près de Saint Germain, demande au prêtre qui vient l’assister, « comment vous appelez-vous ? », ce dernier lui répondant « Julien de Saint Germain ». Ainsi, elle qui croyait s’éteindre près de Saint-Germain-en-Laye, Saint-Germain-des-Prés ou Saint-Germain-l’Auxerrois, est morte finalement près de Julien de Saint-Germain.

 

Avec ce spectacle, ces grands hommes paraissent particulièrement humains. Est-ce une manière pour vous de rendre nos grands auteurs et personnages historiques plus accessibles, de la même manière que vous œuvrez à sensibiliser le plus grand nombre au patrimoine français ?

Oui, c’est tout à fait cela. C’est une promenade à la fois littéraire et historique, dans notre patrimoine de mots. A partir du mois d’octobre je conjuguerais d’ailleurs ma tournée en France avec les visites patrimoniales organisées dans le cadre de ma mission patrimoine.

A lire aussi | Stéphane Bern : « J’aime les choses qui ont une histoire »

 

Un dernier mot pour conclure ?

Le dernier mot est pour les imbéciles comme moi qui n’en ont pas dit assez. C’est Karl Marx qui répondit cela à sa femme de chambre alors qu’elle le rejoint à son chevet, lui demandant s’il a un dernier mot.

 

 

Informations pratiques

Tous les lundis à 20h depuis le 20 janvier au Palais-Royal

38, rue de Montpensier / 75001 Paris

Tarif : de 26 à 42 €

www.theatrepalaisroyal.com

 

 

Crédit photos © Fabienne Rappeneau

Don't Miss

Adjugé ! Des enchères à portée de main

[Adjugé] Découvrez notre sélection en images de résultats des ventes

Whisky, Chartreuse et grands vins : plus de 900 lots aux enchères à Neuilly

Le 24 juin prochain, plus de neuf cents lots de
Le magazine des enchères

GRATUIT
VOIR