L’atelier d’Alfred Gaspart dispersé à Nevers

04/05/2020

Le 6 mai, depuis Nevers, Pierre-Guilhem Métayer dispersait près de 130 œuvres d’Alfred Gaspart (1900-1993), lors d’une vente de fonds d’atelier organisée à huis clos et en direct sur Interencheres. L’occasion de découvrir le parcours de cet artiste, proche d’André Derain et Marie Laurencin, et qui, durant toute sa carrière artistique, n’a eu de cesse de célébrer la vie.

 

Deux femmes pensives, des baigneurs se pressant sur le pont, des prisonniers assoupis… La figure humaine anime toujours d’une vibrante vitalité les toiles et dessins d’Alfred Gaspart (1900-1993). Même absente, elle se devine au sein d’un logis, d’un bateau ou au loin, derrière les frondaisons. Proche d’André Derain, Marie Laurencin ou encore André Salmon, Alfred Gaspart a laissé derrière lui une œuvre d’un rare optimiste. Au gré de coups de crayon énergiques et de couleurs douces et délicates, ses toiles, aquarelles ou esquisses célèbrent la vie, même aux heures les plus sombres de notre histoire.

 

Alfred Gaspart (1900-1993). Autoportrait dessinant. Crayon gras sur papier. Signée des cachets du monogramme et de l’atelier. H:31,2 cm L:48 cm, petite déchirure à droite en bordure. Adjugé à 125 euros (frais compris).

 

De la Bourgogne à la Bavière

Né en Argentine d’un père basque et d’une mère argentine, Alfred Gaspart rejoint la France en 1903, où il étudie les Beaux-Arts, dans l’atelier de Fernand Cormon. Après des voyages en Afrique et dans le bassin méditerranéen, dont il dépeint la vie quotidienne, il s’installe à Beaune et s’attèle alors à saisir les paysages de vignes et la vie bourguignonne d’avant-guerre.

Mais en 1940, l’artiste est fait prisonnier à Saint-Dié, en Lorraine. « Ses tentatives répétées d’évasion le conduisent finalement à être envoyé au Stalag VIIA, à Moosburg, en Bavière », explique le commissaire-priseur Pierre-Guilhem Métayer. Là, Alfred Gaspart rencontre le sculpteur Volti et livre des témoignages de la vie quotidienne au sein du camp, à travers des portraits émouvants de prisonniers, dont les visages affichent une étonnante sérénité et où, parfois, s’invite un rayon de soleil. « Ce travail conséquent de plus de 2 000 œuvres lui vaudra un prix à Genève. »

 

Alfred Gaspart (1900-1993). Stalag VIIA, rayon de soleil. Encre et aquarelle sur papier. Signée des cachets du monogramme et de l’atelier, daté 31 – X – 43 et 40. pour baraque 40. H:25,9 cm L:22,4 cm, léger accident dans le papier en haut. Adjugé à 138 euros (frais compris).

 

La Marne ou le bonheur retrouvé

A son retour de captivité, l’artiste reprend finalement les pinceaux et les chemins de verdure, livrant une série de toiles et dessins dédiés aux sports nautiques, un thème déjà abordé dans les années 1920. Ainsi s’épanouissent les nageurs de la Marne, et, avec eux, le bonheur retrouvé, même si, sous le crayon d’Alfred Gaspart, il n’avait jamais vraiment disparu.

 

Alfred Gaspart (1900-1993). Trois baigneurs. Huile sur toile, cachet du monogramme en bas à droite. Cachet de l’atelier au revers. H:48,5 cm L:38 cm. Adjugé à 377 euros (frais compris).

 

Découvrez notre sélection parmi les œuvres d’Alfred Gaspart vendues le 6 mai

 

* Tous les prix sont indiqués frais de vente inclus.

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