A l’occasion de sa vente de vins anciens prévue le 4 octobre aux Andelys, le commissaire-priseur Philippe Thonier présentera aux enchères deux pièces de collection exceptionnelles : un flacon de 12 litres de Château Margaux 1825 et un flacon de 6 litres de Château Latour 1858, provenant tous deux de la cave du Grand Hôtel du Louvre.
Douze litres de Château Margaux 1825 réunis en un flacon : « du jamais vu en quarante années de carrière », confie l’expert Didier Segon, à l’approche de la vente de vins anciens prévue le 4 octobre aux Andelys. « Il faut rappeler qu’au XIXe siècle, les bouteilles n’étaient pas standardisées comme aujourd’hui, explique-t-il. Les clients pouvaient ainsi apporter leur propre flacon et le faire remplir au château ». Le volume, correspondant à seize bouteilles, n’est pas le seul attrait de ce flacon qui renferme en outre un nectar de 1825. « Il s’agit de l’un des plus grands millésimes du début du XIXe siècle, avec 1811 qui correspond à l’année de l’apparition de la Grande comète. »

Un flacon de 6 litres de Château Latour 1858
Malgré ses deux siècles, le flacon demeure encore dans un état remarquable. Il faut dire qu’il a été conservé dans les meilleures conditions, puisqu’il provient de la cave du Grand Hôtel du Louvre, un établissement prestigieux de la capitale inauguré lors de l’Exposition universelle de 1855. « De cette cave, nous présentons également à la vente un flacon de six litres de Château Latour 1858 », ajoute le commissaire-priseur Philippe Thonier. « Il s’agit là encore d’un très grand millésime de la moitié du XIXe siècle, poursuit l’expert Didier Segon. Il est lui aussi en parfait état, et comporte en outre son étiquette manuscrite du Grand Hôtel du Louvre, ainsi que sa capsule d’origine ».

Deux pièces de collection provenant de la cave du Grand Hôtel du Louvre
L’estimation est fixée entre 25 000 et 28 000 euros pour le Château Margaux, tandis que le Château Latour est évalué entre 15 000 et 18 000 euros. « Dans nos ventes, les grands vins attirent principalement deux types d’enchérisseurs, les négociants et des acheteurs originaires de Chine », constate Philippe Thonier. L’expert note également l’intérêt accru des clients américains. « Les Américains et les Chinois apprécient particulièrement les vieilles bouteilles qu’ils placent dans des vitrines en signe de réussite. Mais il est possible également qu’enchérisse un riche collectionneur français, ces deux pièces de collection sont tout à fait uniques dans une cave ! »