La collection d’art tribal d’un couple de collectionneurs suisses dispersée aux enchères à Troyes

18/06/2025

Avec sa vente du 26 juin, la maison de vente Boisseau-Pomez à Troyes rend hommage au regard et à l’engagement d’un couple passionné d’Art africain, Sylvia et Henry Gygax. 

 

Figures emblématiques du monde des collectionneurs d’art d’Afrique en Suisse et au-delà, Sylvia et Henry Gygax ont posé un regard libre et sensible sur leurs 450 objets dispersés par la maison Boisseau-Pomez à Troyes le 26 juin. L’expert de la vente Christian-Hervé Njiensi l’admet : « un des aspects les plus intéressants de la vente est bien de voir comment cette collection a été constituée. Les Gygax ont commencé par acheter aux Sablons à Bruxelles, ensuite ils ont adhéré à des associations de spécialistes, ont fait connaissance avec des experts dont Jacques Kerchache, sont allés sur place en Afrique de l’Ouest acheter des œuvres… ». Le couple vivait à Bruxelles dans une demeure pleine de charme, véritable cabinet de curiosités fruit de plusieurs décennies d’exploration, de rencontres, de lectures et de voyages au cœur des cultures africaines.

 

Un ensemble inédit d’objets Mambila 

C’est au cours de ces voyages en Afrique de l’Ouest qu’ils ont rencontré les Mambila. Au catalogue, 35 objets viennent de ce groupe ethnique vivant le long de la frontière entre le Nigéria et le Cameroun « alors que dans les ventes d’art africain, on voit en général une ou deux pièces maximum, c’est un ensemble inédit », souligne l’expert. Il définit ainsi la statuaire Mambila : « Si l’on compare avec l’histoire de l’art européenne, leurs sculptures ne sont pas académiques, elles seraient plus proches de l’Art brut. De plus, il s’agit souvent d’objets thérapeutiques ». Pour exemple, une statue ancienne Tadep, liée à une association de guérison Suaga, en bois incrusté d’une profonde patine brun-foncé (1 500 à 2 500 euros). 

 

Figures d’ancêtres et masques corbeaux

Cette ethnie rendait également hommage à ses ancêtres, comme le montre cette série de figures d’ancêtres en bois (entre 400 et 600 euros pièce), qui portent toutes les traits caractéristiques des représentations Mambila : « un visage doux en forme de cœur, et une énergie dans la posture. Ces figures jouaient un rôle central dans le bien-être des vivants, et leur bienveillance était sollicitée pour la santé, la fertilité, les bonnes récoltes, la réussite à la chasse… », ajoute Christian-Hervé Njiensi. Notons également les très beaux masques Suaga de la société Kurum, inspirés des corbeaux, et qui étaient utilisés dans de nombreuses cérémonies (entre 800 et 1 200 euros). 

Dans un esprit de partage de leurs connaissances, les Gyrax ont fréquemment prêté des pièces de leur collection aux grands musées internationaux, et ils travaillaient sur un ouvrage de référence sur les Mambila qui n’a malheureusement pas encore été édité. « Nous aurions pu prendre uniquement les grosses pièces pour cette vente, mais nous avons choisi de rester dans la même dynamique que les collectionneurs, en proposant des œuvres financièrement très accessibles, se félicite l’expert, l’idée d’une telle dispersion est aussi de transmettre le flambeau de la collection ». 

Enchérir | Suivez la vente de la collection d’art tribal du couple Gygax le 26 juin en live sur interencheres.com 

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