Une vente exceptionnelle célèbre les 130 ans du Monogram Louis Vuitton

20/04/2026

La maison Gros & Delettrez organisera, le 21 mai, une vente consacrée à Louis Vuitton, notamment composée d’une importante sélection de malles. À l’occasion des 130 ans du monogramme historique de la marque, plusieurs lots d’exception ornés de ce motif seront mis en lumière.

 

Afin de célébrer le 130e anniversaire de la toile Monogram Louis Vuitton, la maison Gros & Delettrez proposera une vente d’exception dédiée à la marque de luxe française, dont elle est devenue spécialiste au fil des années. À cette occasion, de nombreuses raretés arborant l’emblème et les fleurs iconiques seront présentées aux enchérisseurs. On y retrouvera des malles variées, fabriquées aussi bien pour les explorateurs, que pour les voyageurs fortunés, et aujourd’hui très recherchées par les collectionneurs du monde entier. « Les pièces que nous présentons sont parmi les plus belles qu’il m’ait été donné de voir en vingt ans de spécialité », souligne Antoine Saulnier, directeur du département Mode & Vintage. La vente se déroulera le 21 mai prochain à Paris.

 

Les fleurs du malletier : « Georges Vuitton est un précurseur »

« Tout commence par les initiales LV de la Maison, qui s’entrelacent de manière à rester parfaitement lisibles. Puis vient le losange. Pour le styliser, Georges en creuse légèrement les côtés et place en son centre une fleur à quatre pétales. S’ensuit alors l’écho inversé de cette fleur. Enfin, un cercle abrite une fleur aux quatre pétales arrondis. » C’est ainsi que Gaston-Louis Vuitton présentait, en 1965, le monogramme dessiné par son père Georges Vuitton en 1896.

 

Valise Géminé, toile Monogram. Estimation : 2 000 – 2 500 euros
Valise Géminé, toile Monogram. Estimation : 2 000 – 2 500 euros

 

Dominique Chombert, experte de la vente, explique ce choix, qui s’avérera décisif pour la famille de malletiers : « Georges Vuitton, fils de Louis, fondateur de l’entreprise disparu quatre ans plus tôt, imagine ce monogramme et ces motifs floraux japonisants afin d’éviter les contrefaçons. » En effet, ces nouveaux dessins compliquent la tâche des contrefacteurs, jusque-là habitués au motif damier : « En ce sens, Georges Vuitton est un précurseur. » Cette décision permet également de se distinguer de la concurrence des autres malletiers, comme Goyard, Moynat ou encore Hermès.

 

Mille et une nuances de malles 

Inventée en 1868 par Louis Vuitton et brevetée en 1885, la malle-lit, qui a l’avantage d’être montée en trois minutes, fut utilisée par des explorateurs comme Savorgnan de Brazza lors de ses missions au Congo. La vente en présentera deux. La première, en toile Monogram datant de 1911, porte les initiales « B.B. » ainsi que des bandes diagonales rouges et marines. Cette personnalisation peinte à la main était réservée à la clientèle la plus aisée. Son doublage intérieur en toile rayée rouge et blanc, intact après plus d’un siècle, est dans un très bon état de conservation (estimation : 35 000 – 40 000 euros). La seconde a appartenu à Jules Tivan, pionnier du Congo français. Ses initiales « J.T. » figurent à la peinture blanche sur une toile kaki d’expédition (estimation : 35 000 – 40 000 euros).

Malle-lit d’explorateur ayant appartenu à Jules Tivan. Estimation : 35 000 – 40 000 euros
Malle-lit d’explorateur ayant appartenu à Jules Tivan. Estimation : 35 000 – 40 000 euros

La malle-bibliothèque en toile Monogram au pochoir, dotée de rayonnages à livres, d’une surface d’écriture escamotable et de rangements pour papeterie, est l’une des créations les plus singulières de la maison. Ernest Hemingway en possédait un exemplaire pour écrire et conserver ses manuscrits, un autre sera présent au catalogue de la vente(estimation : 8 000 – 12 000 euros).

 

Malle bibliothèque écritoire de voyage, toile Monogram : 8 000 – 12 000 €
Malle bibliothèque écritoire de voyage, toile Monogram. Estimation : 8 000 – 12 000 euros

 

Parmi les pièces proposées figurent également : une malle-bureau et linge (vers 1920, estimation : 20 000 – 25 000 euros), une malle pique-nique complète (vers 1920, estimation : 25 000 – 30 000 euros), une malle Aéro ayant appartenu à Karl Anton Henschel, une malle-armoire (wardrobe) en toile Monogram avec ses cintres d’origine marqués Louis Vuitton, ainsi qu’une valise Géminé en toile Monogram (estimation : 2 000 – 2 500 euros), conçue pour le transport des chaussures.« Des reliques d’une époque où les voyageurs fortunés ne pouvaient envisager de partir sans une bonne partie de leur garde-robe », souligne Dominique Chombert. La vente proposera également les grands classiques de la Maison : malles cabine, malles courrier, valises et accessoires aux motifs variés, dont le damier.

 

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Objets de collection ou de décoration ? 

Au-delà de l’état de conservation, quels critères déterminent l’estimation de ces objets ? Dominique Chombert précise : « Je vérifie d’abord si la malle est complète, c’est-à-dire si elle possède encore tous ses plateaux. Ensuite, j’évalue si elle est dans son état d’origine ou si elle a été restaurée. Puis j’analyse ses caractéristiques : est-elle en bord cuir ou en bord ferraille, par exemple ? Enfin, s’ajoutent l’originalité de l’objet, s’agit-il d’une pièce sur mesure ou d’une commande spéciale ?  Ainsi que le prestige de ses précédents propriétaires. »

 

Malle-bureau et linge, vers 1920. 20 000 – 25 000 euros
Malle-bureau et linge, vers 1920. Estimation : 20 000 – 25 000 euros

 

 L’ensemble des lots est en bon état de conservation, et Dominique Chombert rappelle que tous les objets fabriqués par Louis Vuitton peuvent être restaurés dans les ateliers dédiés de la maison. Autant de pièces qui séduiront aussi bien les collectionneurs du monde entier que les particuliers en quête d’objets de décoration élégants.

Enchérir | Suivez la vente Louis Vuitton le 21 mai en live sur interencheres.com

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