Le 3 janvier 2020 | Mis à jour le 27 octobre 2020

4 conseils pour débuter une collection d’art contemporain aux enchères

par Diane Zorzi

Il n’est pas nécessaire d’être millionnaire pour démarrer une collection d’art. Aux enchères, de nombreuses œuvres sont mises en vente chaque jour à des prix très abordables. L’occasion de démarrer une collection sans se ruiner.

 

Avec le développement des ventes en live, les ventes aux enchères n’ont jamais été aussi accessibles. Longtemps jugées intimidantes et réservées à une élite, elles attirent ces dernières années un nombre croissant de jeunes néophytes, désireux de se constituer une collection d’art, et s’imposent comme le moyen idéal pour acquérir une œuvre en toute confiance, bénéficiant de l’expertise des commissaires-priseurs, au contraire des nombreuses plateformes de ventes d’art qui fleurissent sur internet. Artiste coté ou méconnu, toile ou lithographie, création ancienne ou contemporaine… Découvrez les bons réflexes à adopter avant de tenter l’expérience.

 

1. Privilégier l’achat plaisir à l’investissement

L’achat d’une œuvre d’art doit avant tout répondre à une exigence : le plaisir. « Il ne faut pas nécessairement penser en termes d’investissement lorsque l’on souhaite commencer une collection d’art », détaille Guillaume Crait, commissaire-priseur au sein de la maison de ventes parisienne Crait + Müller. « Il convient avant toute chose de se faire plaisir et de se tourner vers des œuvres qui vous plaisent esthétiquement. » Une fois acquise, l’œuvre d’art accompagne le collectionneur dans son quotidien le plus intime. Il est primordial qu’elle soit en adéquation avec ses propres goûts. Les descriptifs élaborés par les commissaires-priseurs permettent quant à eux de se familiariser avec l’artiste et ainsi de mettre des mots sur ses premières intuitions esthétiques ou encore d’éveiller un intérêt insoupçonné.

 

Raquel (1925-2014), Sans titre, 1973, acrylique sur toile, 24×19 cm. Adjugé à 960 euros par Crait + Müller le 15 avril 2019 à Paris.

 

2. Définir une ligne directrice

On reconnaît un bon collectionneur à ses choix artistiques. Différents liens peuvent être alors tissés entre les pièces en fonction de la ligne directrice adoptée. Celle-ci peut porter sur un artiste, une époque ou un mouvement. Mais la collection peut aussi se construire autour d’un genre spécifique, tels que les natures mortes, les paysages, les portraits, ou bien encore autour d’une même technique comme la peinture, la photographie, la sculpture ou la gravure. Des systèmes d’alertes sont disponibles sur interencheres.com, permettant de se tenir informer des prochaines ventes en fonction des orientations adoptées.  

 

Roland Chanco (1914-2017), La tricoteuse, huile sur toile, 116×89 cm. Adjugé à 1 464 euros par Argenteuil maison de ventes le 2 avril 2019 à Argenteuil.

 

3. Opter pour les multiples d’artistes de renom

Quelques dizaines d’euros peuvent suffire à acquérir une œuvre d’un artiste de renom. Pour cela, le collectionneur peut se tourner vers les multiples tels que les lithographies d’artistes. « On en trouve régulièrement dans les ventes aux enchères à des prix très raisonnables, à moins de 500 euros, poursuit Guillaume Crait. Il faut alors faire attention à l’état, ainsi qu’au nombre et au contexte du tirage, en vérifiant s’il s’agit d’une édition originale et non d’un retirage, afin de s’assurer de son authenticité. » Le prix d’une lithographie varie en fonction du nombre d’exemplaires produits, un tirage limité (de 25 à 50 exemplaires) étant plus recherché qu’un tirage à plus de 200 exemplaires, mais aussi en fonction de la cote d’un artiste. « Aujourd’hui, certaines lithographies commencent à coter. C’est le cas du plus grand peintre français contemporain Pierre Soulages, dont les estampes ont vu leurs prix flamber ces dernières années : des lithographies vendues autour de 3 000 euros en 2015 dépassent désormais les 10 000 euros ! »

 

Eduardo Arroyo (1937-2018), Parmi les peintres, 1977. Lithographie en couleurs signée, datée et numérotée 72/100. 53 x 88,7 cm. Adjugé à 390 euros par Cornette de Saint Cyr le 10 avril 2019 à Paris.

 

4. Miser sur des artistes encore méconnus du marché

Les ventes aux enchères regorgent d’artistes méconnus ou oubliés, dont les œuvres, peu ou pas encore cotées, se vendent à des prix très accessibles. « C’est le cas notamment des ventes de fonds d’atelier qui mettent en lumière un artiste bien souvent oublié, dont on dévoile l’ensemble de la création. Ce sont des ventes très émouvantes où les collectionneurs peuvent véritablement s’approprier le travail d’un artiste, en découvrant son histoire, son évolution, ses périodes de doutes. » Miser sur ces artistes peut en prime se révéler comme un investissement avantageux. En effet, en dédiant une seule et même vente à un artiste, le commissaire-priseur contribue à réhabiliter son travail et à lui constituer une cote. Il est alors fréquent que les œuvres, proposées postérieurement et de façon isolée aux enchères, atteignent des prix plus élevés que lors de la première vacation.

 

Joël Froment (né en 1938), S. 3 Carrés, 1985, acrylique sur bois, 65x65x50 cm. Adjugé à 1 088 euros par Crait + Müller le 22 octobre 2018 à Paris.

 

 



 

Qu’est-ce qu’une vente de fonds d’atelier ?

Matthias Jakobowicz : La vente du fonds d’atelier est une vente dédiée à un artiste, dont on disperse l’ensemble de l’atelier. Elle retrace la carrière de l’artiste et permet ainsi de découvrir l’ensemble de son œuvre. Bien souvent, il s’agit d’artistes méconnus du marché. C’est ainsi une belle occasion de faire connaître leur travail.

 

Quel budget faut-il prévoir ?

M.J. : Les estimations sont souvent très attractives puisque ces artistes méconnus n’ont généralement pas encore de cote. Par exemple, en juin dernier, nous avons dispersé plus de 700 œuvres de l’atelier de Jacques Mauhin, un sculpteur qui travailla à la Ruche dans les années 1940, et les estimations allaient de 10 à 600 euros pour les œuvres les plus emblématiques de sa carrière. C’est idéal pour se faire plaisir et commencer une jolie collection d’art moderne.

 

Quels sont les avantages par rapport aux autres ventes ?

M.J. : Le principal avantage est le nombre important d’œuvres proposées. Si l’œuvre convoitée dépasse le budget de l’enchérisseur, celui-ci peut toujours espérer en acquérir une autre. De même, ces ventes peuvent constituer un bon investissement. En effet, il arrive souvent que les œuvres de ces artistes, vendues de manière aussi concentrée au cours d’une seule et même vente, se vendent ensuite à des prix beaucoup plus élevés lorsqu’elles sont proposées aux enchères de façon isolée dans des ventes classiques.

 

 

Découvrez nos coups de cœur parmi les prochaines ventes d’art contemporain

 

 

Image en Une : Jean Legros (1917-1981), Sans titre, 1978, acrylique sur toile signée et datée en bas à gauche. 103 x 77 cm. Adjugé à 1 280 euros par Crait + Müller le 21 octobre 2019 à Paris.

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