Le 7 janvier 2022 | Mis à jour le 7 janvier 2022

Une collection de 15 poupées kachina en vente près de Rennes

par Diane Zorzi

Le 22 janvier à Vezin-le-Coquet, près de Rennes, la maison Ouest Enchères Publiques dispersera une collection exceptionnelle de quinze poupées kachina. Estimées de 500 à 3 000 euros, elles furent conservées dans la même famille depuis plus de 80 ans.

 

En 1936, les Surréalistes affirment, à la faveur d’une exposition au sein de la Galerie Charles Ratton, leur intérêt pour le primitivisme, mettant en regard des objets ethnographiques avec des créations contemporaines signées de Man Ray, Dali ou encore Max Ernst. A l’affiche figure une poupée kachina, en écho aux modèles qui peuplent la manifestation. Originaires de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, ces poupées fascinent les écrivains et artistes proches de la mouvance surréaliste. « Ils y retrouvaient une parfaite expression du monde du rêve et de la poésie qui leur était si cher. Depuis, ces poupées kachina des indiens Hopi et Zuni n’ont jamais cessé de fasciner les collectionneurs », détaille le commissaire-priseur Pierre-Guillaume Klein qui dispersera le 22 janvier à Vezin-le-Coquet et en live sur Interencheres une collection exceptionnelle de quinze poupées kachina conservée dans la même famille depuis plus de 80 ans.

 

Des poupées colorées offertes aux enfants lors de rituels

Ces poupées de bois, fabriquées dans des racines de peuplier et recouvertes de peintures chamarrées, étaient offertes aux enfants lors des fêtes rituelles organisées par les Hopis et Zuñis du Nouveau-Mexique et de l’Arizona. « Dans la riche mythologie Hopi et Zuni, les kachina sont des esprits associés au éléments, animaux, cultures et divers autres aspects de l’existence. Ces esprits s’incarnent dans des danses rituelles au fil des six premiers mois de l’année à travers des danseurs masqués. Les poupées auraient alors eu pour vocation de familiariser les enfants auxquels elles étaient offertes, avec les esprits », explique le commissaire-priseur.

Ce mythe intéressa particulièrement Claude Lévi-Strauss qui tenta d’en déceler l’origine. Selon l’ethnologue, les « kachina » seraient les âmes d’enfants indigènes qui, noyés, reviendraient chaque année hanter le monde des vivants pour emporter dans l’au-delà de jeunes enfants. Pour apaiser les esprits « kachina », les tribus auraient ainsi créé des masques et danses destinés à leur redonner une place dans le monde visible. « Ces poupées permettent de mémoriser l’histoire de chacun des esprits. A travers les couleurs et les symboles peints sur les masques et costumes, l’on peut déterminer la provenance, la fonction ou le groupe auquel l’esprit appartient. » Au fil du temps, ces poupées ont connu de nombreuses évolutions stylistiques. Si elles sont d’abord relativement hiératiques et géométrisées, elles se dotent progressivement de détails anatomiques plus précis et arborent de riches vêtements et parures, dont la vente du 22 janvier révèlera un florilège…

Enchérir | Suivez la vente des poupées kachina le 22 janvier en live sur interencheres.com

 

 

Collection de poupées kachina expertisée par le cabinet Daffos. 

Crédits photos © Laurent Caldray.

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