Le 27 novembre 2019 | Mis à jour le 27 novembre 2019

5 choses à savoir sur Boleslaw Biegas

par Diane Zorzi

Peintre et sculpteur originaire de Pologne, Boleslaw Biegas s’illustra à Paris au début du XXe siècle à travers des œuvres empreintes d’ésotérisme, dans la lignée de Frantisek Kupka et Robert Delaunay. Retour sur cette figure atypique des avant-gardes du XXe siècle dont un portrait sera mis en vente le 30 novembre par Anne-Laure Anglezio à Auch.

 

1. Il est surnommé le « nouveau Giotto »

La vie de Boleslas Biegalski (1877-1954), plus connu sous le nom de Biegas, a de quoi nourrir les récits des biographes en quête d’histoires romanesques. Né en 1877 à Mazovie, un village polonais, il fut jusqu’à ses 16 ans gardien de moutons, avant d’être repéré par l’abbé Aleksander Rzewnicki qui, remarquant ses talents, l’envoya se former dans l’atelier du sculpteur varsovien Antoni Panasiuk. Ce parcours atypique lui valut d’être surnommé le « nouveau Giotto », en référence à la légende recueillie par Lorenzo Ghiberti et Giorgio Vasari selon laquelle le maître florentin, alors enfant, attira l’attention de son illustre prédécesseur Cimabue alors qu’il gardait les chèvres de son père dans la campagne toscane.

 

2. Il a été renvoyé de l’Académie des Beaux-Arts de Cracovie

Soutenu par de généreux mécènes tels que la famille Trutschel, Biegas se forme au sein de l’Académie des Beaux-Arts de Cracovie dès 1897. Mais très vite, ses sculptures résolument modernes suscitent le scandale, à tel point qu’il est renvoyé en 1901 de l’institution, alors qu’il expose conjointement ses œuvres au sein de la 10e exposition de la Sécession viennoise. En 1908, il rejoint finalement la capitale française où il participe aux principaux salons artistiques – Société nationale des beaux-arts, Salon d’automne, Salon indépendant. Plusieurs expositions individuelles sont également organisées notamment à la Galerie des Arts Modernes et à la Galerie Bernheim-Jeune à Paris, commentées par d’éminents critiques tels que Guillaume Apollinaire ou Louis Vauxcelles.

 

Boleslaw Biegas (1877-1954), « Portrait de femme de profil », circa 1920-23. Huile sur panneau, signée en bas, à gauche. Dimensions : 64,2 x 49,5 cm. En vente le 30 novembre à Auch. Estimation : 15 000 – 20 000 euros.

 

3. Il est l’inventeur de la technique dite « sphériste »

Empruntant le chemin de l’Abstraction avec des sculptures aux formes épurées, Biegas développe à partir de 1916 une technique dite « sphériste » au sein de nombreux portraits et cycles picturaux tels que la Mystique infinie ou les Vampires de guerre. Consistant à superposer à l’aide d’un compas une suite de cercles concentriques, ce procédé, inspiré du Cubisme, n’est toutefois pas nouveau et s’apparente aux techniques employées par ses prédécesseurs Robert Delaunay ou Frantisek Kupka.

 

4. Il est l’un des derniers symbolistes

Peuplant ses œuvres de chimères, harpies ou sphinges, Biegas reprend les thèmes chers aux symbolistes, donnant à voir des femmes fatales s’acharnant sur leurs victimes masculines. Apparitions nocturnes, visions mystiques et oniriques fondent ainsi son répertoire tiré des théories philosophiques ou ésotériques. Et c’est encore à grand renfort d’allégories et de symboles qu’il traite des sujets d’actualité, rappelant avec ses Vampires de guerre les atrocités de la Première Guerre mondiale.

 

5. Ses œuvres enregistrent des records d’enchères

A la vente le 30 novembre à Auch, un Portrait de femme, daté autour de 1920-1923, affiche une estimation comprise entre 15 000 et 20 000 euros. Mais l’œuvre pourrait bien créer la surprise, si l’on se fie au nouveau record enregistré en octobre dernier à Londres avec une toile « sphériste » monumentale, datée autour de 1920. En effet, estimée à 60 000 euros, cette dernière s’est envolée à plus de 126 000 euros (frais compris). « Bien que Biegas séduise tout particulièrement les collectionneurs polonais, sa renommée est internationale », fait remarquer Elisabeth Maréchaux, experte en art des XIXe et XXe siècles. Une renommée qu’il doit à sa présence au sein d’institutions prestigieuses telles que le musée d’Orsay, le Musée des beaux-arts de Lyon ou encore le Musée national de Varsovie, ainsi qu’à la création de son propre musée à Paris.

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