Le 23 décembre 2021 | Mis à jour le 23 décembre 2021

5 choses à savoir sur Marie Laurencin

par Interencheres

Reconnaissables au premier coup d’œil, les portraits féminins vaporeux de Marie Laurencin, dépeints au gré de tons pastels, peuplent régulièrement les salles de vente. Le 30 décembre à Cannes, Jean-Pierre Besch présentera aux enchères l’un de ces tableaux envoûtants, dévoilant trois femmes, aux lignes élancées, accompagnées d’un lévrier. L’occasion de revenir sur le parcours de cette peintre et écrivaine, longtemps réduite à son statut de muse de Guillaume Apollinaire.

 

1. Elle était surnommée La Dame du cubisme

Née en 1883 à Paris, Marie Laurencin (1883-1956) grandit à Montmartre avec sa mère, Pauline Laurencin, ignorant l’identité de son père jusqu’à l’âge de vingt ans. Contre la volonté de celle-ci, elle entreprend des études artistiques, étudiant la peinture sur porcelaine au sein de la manufacture de Sèvres avant de suivre des cours de dessin à l’Académie Humbert où elle côtoie Francis Picabia et Georges Braque. En 1907, elle rencontre l’écrivain et marchand d’art Henri-Pierre Roché qui lui présente les artistes du Bateau-Lavoir de Montmartre, à l’instar du poète et critique d’art Guillaume Apollinaire, avec qui elle entretient une liaison passionnée nourrie d’échanges artistiques. Au fil des années, elle se libère des conventions académiques, se tourne vers le fauvisme avant d’emprunter la voie du cubisme, simplifiant les formes et usant d’une palette dominée par des tons gris et roses. Elle apporte à ce langage pictural révolutionnaire une touche féminine qui lui vaudra d’être surnommée « La Dame du cubisme ».

 

2. Elle évoluait dans les cercles féministes 

Après sa rupture avec Apollinaire, elle épouse le baron allemand Otto von Wätjen. Mais la Première Guerre mondiale et la découverte de son homosexualité auront raison de leur mariage en 1920. La fin de cette relation tumultueuse sonne le début d’une période fructueuse d’émancipation artistique durant laquelle Marie Laurencin s’intéresse à la condition des femmes et plus particulièrement des femmes artistes. « On peut dire tout ce qu’on veut, une femme n’est pas un garçon, elle peut avoir du talent, travailler, elle n’en sera que plus sensible pour souffrir et chercher la retraite, celles qui ont des élans, qui courent sur les routes, les indépendantes, je les regarde », écrit-elle en 1956. Dès l’entre-deux-guerres, elle entretient des relations passionnelles avec les femmes engagées de son époque telles que l’écrivaine et collectionneuse Gertrude Stein et la styliste Nicole Groult. Le Tout-Paris défile dans l’atelier de cette femme artiste, symbole d’indépendance et de réussite.

 

3. Elle a créé son propre style, le « nymphisme »

A partir des années 1920, Marie Laurencin livre ses premiers portraits peuplés de figures féminines élancées. Sa touche devient plus vaporeuse à mesure que sa palette s’éclaircit, adoptant des tons pastels. Ses nymphes énigmatiques sont parées de riches accessoires évoquant le statut social élevé de ses commanditaires. Marie Laurencin séduit la bourgeoisie et aristocratie parisiennes, et reçoit de nombreuses commandes. Mais ses compositions en rupture avec son passé cubiste ne font pas l’unanimité. Certains critiques y voient des œuvres anachroniques et purement décoratives. « Avoir du talent est une aventure qui vaut la peine et je me méfie de trop de compliment », renchérit Marie Laurencin dans ses Carnets. 

 

Marie Laurencin (1883-1956), Les trois femmes au lévrier. Huile sur toile signée en bas à gauche. 73 x 60. Estimation : 80 000 – 100 000 euros. En vente le 30 décembre à Cannes et en live sur Interencheres.

 

4. Elle est une artiste pluridisciplinaire, à la fois peintre et écrivaine

« Devant le chevalet, elle se cherche elle-même », écrivait Henri-Pierre Roché au sujet de Marie Laurencin et de sa quête d’identité qui l’animait à la vie comme à l’atelier. Si sa création plastique occupe la majeure partie de son temps, Marie Laurencin hésite toujours entre le pinceau et la plume, les deux disciples se nourrissant l’une et l’autre. Aux côtés de ses tableaux élégants, elle laisse ainsi de nombreux poèmes avant-gardistes, des écrits épars et un Carnet des Nuits, dans lequel elle conte sa jeunesse et les années passées au Bateau-Lavoir, usant de la même délicatesse qui caractérise ses peintures. 

 

5. Un musée lui est dédié au Japon

A sa mort en 1956, Marie Laurencin laisse derrière elle une œuvre de plus de deux milles peintures, trois cents gravures et de nombreux écrits. Si en France, elle tombe peu à peu dans l’oubli, réduite à son statut de muse d’Apollinaire, elle séduit les collectionneurs américains et japonais, sensibles à son univers enchanteur aux tons pastels, mêlant tradition et modernité. C’est ainsi qu’au cours de la décennie suivante, un riche industriel japonais, Masahiro Takano, acquiert plusieurs de ses œuvres et ouvre, dans son pays, à l’occasion du centenaire de la naissance de la naissance de l’artiste en 1983, le Musée Marie Laurencin. 

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