Le 24 septembre 2019 | Mis à jour le 25 septembre 2019

Adjugé à Nîmes : le timbre le plus célèbre de France, le « 1 franc vermillon »

par Vincent Beghin

Tous les deux mois, la Chambre syndicale française des Négociants et Experts en Philatélie (C.N.E.P.), décrypte pour nous le résultat atteint par une pièce philatélique dans une vente aux enchères. Ce mois-ci, gros plan sur le plus célèbre des timbres français : le « 1 franc vermillon » à l’effigie de la déesse des moissons Cérès.

 

La France est-elle à la traîne de la Grande-Bretagne ? Pour ce qui est de la philatélie, il est permis de répondre « oui ». L’administration française met en effet près de dix ans à suivre l’exemple des Britanniques qui, dès le 1er mai 1840, émettent le premier timbre-poste au monde, le célèbre « Black Penny », à l’effigie de la reine Victoria. En France, ce n’est que le 1er janvier 1849 que les timbres-poste font leur apparition. Régime politique oblige, ils portent l’effigie d’une République qui, pour la circonstance, a pris les traits de Cérès, déesse des moissons.

Dans la précipitation et l’inexpérience qui président à cette première, la Poste commet une bévue : elle émet deux timbres, celui à 1 franc et celui à 40 centimes, dans des couleurs très proches, à savoir le vermillon et l’orange. Résultat : les postiers les confondent et vendent l’un à la place de l’autre… Une telle situation étant inacceptable, dès le 1er décembre de cette même année 1849, une circulaire intime l’ordre aux receveurs de faire retour des « 1 franc vermillon » générateurs d’erreurs pour les remplacer par des timbres d’un rouge plus rouge. Le stock restant (soit 122 000 exemplaires) est détruit par incinération.

 

France N°7a Vermillon très vif, oblitéré grille, légers amincis, signé et certificat Calves. Une des plus belles nuances de ce timbre. Adjugé 3 299 euros (frais compris).

 

Mois d’un an : voilà une durée de vie bien courte pour un timbre. C’est ce qui explique que le « 1 franc vermillon » soit aujourd’hui aussi recherché : il n’en subsiste que peu d’exemplaires, l’immense majorité ayant été massacrée par les ciseaux malhabiles des guichetiers ou jetée avec la lettre que les timbres oblitéraient. Dans ce contexte, l’exemplaire proposé le 12 septembre dernier par Maître Pierre Champion fait figure de rescapé. Le prix modéré atteint à l’issue de l’adjudication (3 299 euros frais compris) s’explique par la présence d’un défaut non négligeable : un aminci, c’est-à-dire une diminution localisée de l’épaisseur du papier. Un timbre en parfait état aurait en effet été attendu à plus de 6 000 euros.

 

 


En partenariat avec la C.N.E.P.

La C.N.E.P. est, en France, l’unique syndicat de dimension nationale regroupant les négociants en philatélie, les experts reconnus et les fabricants et détaillants de matériel. Pour plus d’informations : www.cnep.fr

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