André Mathiau, un artiste brut singulier révélé à Lyon

14/10/2020

En marge de l’Outsider Art Fair qui se tiendra à Paris du 21 au 30 octobre, Agnès Savart dispersera aux enchères l’atelier de l’artiste brut André Mathiau le 26 octobre prochain à Lyon. Rassemblant plus de cent vingt tableaux, dessins, céramiques et affiches, la vente rend hommage à un artiste méconnu et singulier, auteur d’une œuvre colorée et onirique.

 

« La mission patrimoniale de mon métier de commissaire-priseur prend tout son sens avec un événement comme celui-ci. C’est un grand honneur de pouvoir rendre hommage à cet artiste singulier, de promouvoir son art auprès des collectionneurs et des acteurs du marché de l’art ». Le 26 octobre prochain à Lyon et en live sur Interencheres, Agnès Savart dévoilera, à travers la dispersion de son atelier, le travail d’un artiste méconnu, resté sa vie durant en marge des voies officielles : André Mathiau (1933-2013). « Auteur d’une œuvre éclatante et onirique, André Mathiau était un artiste prolixe et libre qui resta délibérément en retrait des courants et réseaux d’influence », précise la commissaire-priseur.

 

André Mathiau (1933-2013), « Trois fleurs ». Mars 1986. Acrylique sur toile signée et datée en bas à gauche, titrée au dos. 81×100 cm. Estimation : 100 – 300 euros.

 

Un artiste autodidacte aux multiples talents

Partageant sa vie entre son activité artistique et son métier de typographe, André Mathiau se passionne dès son plus jeune âge pour l’histoire de l’art, rassemblant plus de 2 000 ouvrages dédiés à la peinture ancienne et aux Impressionnistes. « Adolescent, il est embauché comme apprenti au service de Marcel Boin, maître-imprimeur, éditeur et peintre à Bourges. C’est ce dernier qui l’initie à l’art et lui fait découvrir très tôt les musées parisiens qu’il fréquentera toute sa vie ». Artiste autodidacte aux multiples talents, André Mathiau s’essayent à plusieurs supports, utilisant la toile, le papier, l’affiche ou encore la céramique. « A côté de Bourges, où il résidait, se trouve le célèbre centre de poterie de La Borne. L’artiste avait noué des liens d’amitié avec plusieurs céramistes et il a pu réaliser avec leur collaboration des œuvres en grès, dont certaines seront présentées à la vente. » Peintre et céramiste, André Mathiau s’illustre aussi à travers ses talents de poète, publiant sous le pseudonyme d’Ovide Marchand et choisissant pour ses œuvres des titres empreints de l’esprit surréaliste – « Nigaud, ouvre la bouche », « La Nef du fou », « Fleurs de la folie »…

 

André Mathiau (1933-2013), « Figures ». Septembre 1988. Acrylique sur toile signée et datée en bas à droite, titrée au dos. 65×81 cm. Estimation : 100 – 200 euros.

 

Un univers onirique et joyeux

S’inspirant des créatures hybrides et surréalistes de Joan Miró et des puzzles de figures de Gaston Chaissac, André Mathiau invente un univers bien à lui, peuplé de créatures fantastiques en mouvement, évoquant les personnages et animaux mystérieux de Victor Brauner. « Ses personnages interagissent, se croisent, se bousculent, dans une effervescence presque sonore, décrit Agnès Savart. Par le choix des couleurs franches et vives, des expressions faciales et du rythme donné à la composition, cet amateur de jazz a réussi à insuffler une grande musicalité à ses œuvres. C’est dans cet univers empreint d’une grande gaieté que l’artiste trouvait son équilibre et le soulagement à sa mélancolie.»

Autre source d’apaisement, la nature – des cailloux, des touffes d’herbes, des fleurs… – qui au fil des années devient le sujet principal de ses œuvres. « Il avait trouvé un équilibre avec son rituel quotidien qui consistait à peindre ou dessiner le matin puis, l’après-midi, à partir avec son épouse se promener dans la campagne berrichonne, ressentir la nature, s’en inspirer. »

 

André Mathiau (1933-2013), « Eglantines dans un Buisson ». Juin 2003. Acrylique sur toile signée et datée en bas à droite, titrée au dos avec cachet d’atelier. 100×81 cm. Estimation : 100 – 300 euros.

 

Des œuvres estimées de 30 à 600 euros

Si André Mathiau figure aujourd’hui dans les collections du musée de la Création Franche à Bègles et de la Collection de l’Art Brut de Lausanne, ses œuvres restent méconnues et rares sur le marché. Rassemblant plus de cent vingt tableaux, dessins, céramiques et affiches, la vente d’atelier du 26 octobre, organisée en marge de l’Outsider Art Fair, sera ainsi l’occasion pour les amateurs d’Art brut d’acquérir des œuvres singulières à des prix très accessibles (de 30 à 600 euros).

Enchérir | Déposez un ordre d’achat secret sur une œuvre d’André Mathiau

 

 

Don't Miss

Le magazine des enchères

GRATUIT
VOIR