Une décoration de château « classique », avec dorures, chevaliers et canons ou un mélange d’ancien et moderne ? Deux ventes, deux ambiances : la première sera organisée le 13 mai au château d’Eguilly par l’Hôtel des Ventes Victor Hugo, et la seconde uniquement en live le 16 mai par Gros & Delettrez. Tour d’horizon.
Si vous avez apprécié le film « Les trois mousquetaires », l’ambiance de ce premier château devrait parfaitement vous convenir. Situé à Eguilly en Côte d’Or, il abrite une belle collection de meubles et objets d’arts anciens, dont 355 seront proposés à la vente le 13 mai par l’Hôtel des Ventes Victor Hugo. Commençons bien sûr, pour rester dans l’histoire d’Alexandre Dumas, avec le portrait du Duc de Buckingham. Il est représenté sur une école flamande du XVIIIe siècle, non attribuée (5 000 à 6 000 euros)… Pour compléter l’ambiance, signalons une petite épée à clavier (150 à 200 euros) et un coffret (pour les ferrets de la Reine ?) en bois polychrome et doré estimé 480 à 550 euros.
Toujours dans le château, qui accueillera la vente et l’exposition, la commissaire-priseur Delphine Lamazou avoue un faible pour une école florentine du XVIe siècle (30 000 à 40 000 euros). « Cette plaque en stuc polychrome représente une Vierge à l’Enfant d’une grande douceur, l’enfant est charmant et la Vierge montre une certaine tristesse ». Autre coup de cœur de la commissaire-priseur, un immense miroir ovale dit à « cartoccio » en bois argenté et doré romain, du XVIIIe siècle : « Typiquement italien, il est spectaculaire avec son 1,25 m de hauteur, et son bois argenté ». Ce n’est pas le seul miroir du catalogue, deux autres venant du royaume de Savoie et de Sardaigne datés du XVIIIe siècle seront également proposés à la vente (à partir de 3 800 euros).
Un mystérieux chevalier du XVe siècle…
Plus insolites une dalle funéraire en pierre calcaire sculptée en haut relief d’un gisant de chevalier au bouclier avec un lion à ses pieds, daté du XVe siècle (15 000 à 20 000 euros) ou un ensemble de treize vases d’apothicaire en verre peints aux noms de plantes médicinales, et dont les couvercles sont en forme de fruits en verre soufflé (Venise, XIXe siècle, 2 400 à 3 000 euros). « En ce qui concerne les tableaux, l’ensemble est assez homogène, estime Delphine Lamazou, avec des scènes bibliques, des paysages et des portraits, beaucoup datant des XVIIe et XVIIIe siècles ». Pour exemples, une école française d’après Simon Vouet, d’influence caravagesque, La Diseuse de bonne aventure, reprise du tableau conservé au Palais Barberini de Rome (15 000 à 20 000 euros) ou une paire d’huile sur toile, école italienne du XVIIIe siècle représentant l’ivresse de Noé et Moïse sauvé des eaux (12 000 à 15 000 euros).
Par Hôtel des Ventes Victor Hugo à Eguilly
le 13/05/2023 : Ecole FRANCAISE du XIXe siècle, d’après Simon VOUET : la Diseuse de bonne aventure.
Toile d’origine, cadre d’origine en bois sculpté et doré. H.91 – L. 132 cm. (éclats au cadre)
Reprise du tableau de Vouet conservé au Palais Barberini à Rome (voir catalogue de l’exposition Simon Vouet (les années italiennes 1613/1627), Nantes, 2008, n°12, reproduit). Vingt ans après Caravage, Vouet reprend le sujet en introduisant un troisième larron : une vieille gitane, qui va forcer le thème dans le sens des bohémiennes voleuses, et expliciter les enjeux d’argent et de sexe que Caravage s’était contenté de suggérer. Le rapport de force. L’homme se trouve acculé au centre du tableau, entre la diseuse qui l’attire et la voleuse qui, dans son dos, le soulage de sa bourse. La composition joue sur la symétrie entre la jeune et la vieille, la belle et la laide, semblablement voilées de blanc. Cependant les expressions des deux femmes sont à contre-emploi : celle qui devrait charmer par sa jeunesse porte sur l’homme un regard grave ; et celle qui devrait se concentrer sur son larcin sourit de sa bouche édentée et regarde le spectateur d’un air entendu. L’instant ironique : Et que fait la main droite de l’admonitrice ? Un geste obscène par dessus l’épaule de sa victime. (voir – Faire la figue). Ainsi non seulement la vieille ne se dissimule pas au spectateur, mais en plus elle le prend à témoin de la bêtise du lourdaud : sa main gauche agrippe sa bourse tandis que, juste au dessus sa main droite figure un sexe masculin minuscule, montrant ainsi tout le mépris d’une bohémienne en fin de carrière envers tous ceux qu’elle a dupés. Un gars de la campagne : Si Vouet peut se permettre de tourner l’homme en ridicule, c’est qu’il ne s’agit plus d’un fils de famille trop naïf, comme chez Caravage. L’antagonisme entre le natif et le nomade, entre le riche et le pauvre, s’est ici transformé en une opposition au sein de la même classe populaire, entre les futées de la ville et le lourdaud de la campagne. Ce dernier est probablement un vacher, puisqu’il porte sur l’épaule un tabouret de traite à pied unique (qu’on appelle dans les Alpes Françaises un bottacul) : fixé par une corde sur le fessier du berger, il lui permettait d’avoir les mains libres pour passer d’une bête à l’autre. Le choix de cet accessoire rare est ici parfaitement pertinent : l’homme, après avoir trait ses vaches, se fait à son tour soulager par de plus redoutables femelles. Les registres parallèles : Dans le registre du haut : à gauche, la main de l’homme brandit un symbole phallique ambitieux – qui serait, de par son usage de « bottacul », plutôt menaçant pour son propre fessier ; à droite, la main de la vieille raille cette vantardise, en mimant un sexe masculin miniature et une pénétration ridicule. Dans le registre du bas : à gauche, les mains caressantes de la diseuse enveloppent la pogne de l’homme ; à droite, la main castratrice de la voleuse le soulage de sa bourse. Ainsi, le jeune homme est cerné par la jeune fille aguichante et la vieille femme rouée, et la morale de cette scène condamne la tromperie et la naïveté. Voir le lot
Par Hôtel des Ventes Victor Hugo à Eguilly
le 13/05/2023 : Ecole Flamande du XVIIIème siècle, portrait de Portrait présumé du Duc de Buckingham.
Huile sur bois. H. 65 – L. 46 cm env.
Craquelures et soulèvements notamment à la jonction des planches. Repeints. Anciennes étiquettes. Accidents au cadre Voir le lot
Par Hôtel des Ventes Victor Hugo à Eguilly
le 13/05/2023 : Ecole Italienne du XVIIIème siècle : l’ivresse de Noé et Moise sauvé des eaux.
Paire d’huiles sur toile, H.130 – L. 160 cm.
soulèvements, enfoncements, manques et reprises à la couche picturale postérieures. Voir le lot
Par Hôtel des Ventes Victor Hugo à Eguilly
le 13/05/2023 : École florentine du XVIe siècle, atelier de Benedetto da Majano ou Maiano (Maiano, hameau de Fiesole 1442- Florence 1498) :
La Vierge et l’enfant.
Plaque en stuc polychrome sculptée en haut-relief. Cadre d’époque XVIème siècle
La Vierge assise, dans un fond entouré d’anges, tient par la main gauche, l’enfant debout, contre son corps. Par son regard triste, elle peut communiquer sa passion et l’amour pour son enfant. La composition de l’oeuvre bénéficie d’une popularité exceptionnelle au XVe siècle. Sont répertoriées des versions en terre cuite à Londres (Victoria and Albert Museum) et à Florence (Museo Nazionale et San Jacopo alla Cavallina), en stuc à Paris (Musée Jacquemart André et Musée du Louvre), et en cartapesta à Venise (Museo Correr).
H. plaque : 53 cm. – cadre : 81 cm. – L. plaque : 37 cm. – cadre : 69 cm. (usures et quelques manques à la polychromie, quelques trous et perforations)
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Par Hôtel des Ventes Victor Hugo à Eguilly
le 13/05/2023 : Dalle funéraire en pierre calcaire sculptée en haut relief d’un gisant figurant un chevalier au bouclier (Charles de Carpentras ?), reposant ses pieds sur un lion couché. Le gisant est armé et vêtu en chevalier, les mains jointes en position de prière. L’observation du gisant permet de constater que l’épée qu’il porte est tout à fait singulière et inconnue des chevaliers de son époque en Occident et pour cause puisqu’on la dit d’origine chinoise. La garde de celle-ci présente des similitudes avec une épée utilisée en Chine au Moyen Âge.
France XVe siècle.
Dimensions : Hauteur : 49 cm – Longueur : 207 – Largeur : 71 cm. Poids 900 kg env.
Provenance : collection du Professeur P. Niviere
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Par Hôtel des Ventes Victor Hugo à Eguilly
le 13/05/2023 : Coffret en bois polychrome et doré.
Décor sculpté appliqué sur trois côtés, composé de colonnes torses posées sur des consoles, de volutes, de moulurations et de perles. La serrure fonctionne, avec clé.
Allemagne, XVIIIe-XIXe siècle.
H x L x P : 21x 42 x 23 cm env. Polychromie usée et reprise. Voir le lot
Par Hôtel des Ventes Victor Hugo à Eguilly
le 13/05/2023 : Grande chasse reliquaire en bois sculpté, polychrome et doré, en forme de maison, reposant sur quatre lions en bois sculpté et doré. Enrichie de pinacles aux quatre angles, ainsi que sur le faîtage. Les douze apôtres sont sculptés en haut-relief sur les quatre faces (2 apôtres sur chaque pignon et 4 sur les côtés), présentés dans six registres à décor d’arcatures trilobées gothiques, entre deux colonnes, sur un fond d’or enrichi d’un motif de losanges bleus et rouges. Chaque apôtre est reconnaissable par son attribut d’après l’iconographie chrétienne, et conserve grand partie de la polychromie.
Aux quatre angles, les personnages des quatre évangélistes sont sculptés et surmontés par un dais.
Le toit, divisé en six registres, trois à gauche et trois à droite, est décoré de fleurs de lys sculptées en haut-relief et inscrites dans des fausses tuiles carrées décalées à 45 degrés. Un de ces registres dissimule une trappe d’ouverture articulée par deux pentures extérieures en fer forgé ; Une belle platine de serrure à trois registres, à décor de mailles et d’une fleur de lys.
France du nord, fin du Moyen-âge.
H. 83 – L. 91 – P. 50.5 cm.
Bon état général, quelques manques aux petits pinacles du faîtage, petits éclats à la dorure et usure à la polychromie. Clé manquante.
Vente précédente : Lancry et Camper à Corbeil le 2 décembre 2017.
25 000 – 30 000 €
Expert : Laurence FLIGNY
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Par Hôtel des Ventes Victor Hugo à Eguilly
le 13/05/2023 : Miroir de forme ovale dit à « cartoccio » en bois richement sculpté de feuilles d’acanthe et argenté et doré.
Rome, XVIIIème siècle.
H.125 – L. 90 cm env. (restaurations, un élément recollé) Voir le lot
Par Hôtel des Ventes Victor Hugo à Eguilly
le 13/05/2023 : VENISE : ensemble de treize vases d’apothicaire, cinq de forme ronde et huit carrée, en verre soufflé et peint aux noms des substances médicinales, « OSSA CORDE, SALE SE, OPIUM, SUBLIMATO, CICUTA, ASSENZIO, CROCI, MELISAE, BIROMIA, SANTALUM, SPECIE FINE, COLOMBO, CROCUS », à décor de festons et feuillages. Les couvercles décorés de fruits en verre soufflé, coloré.
Venise, XIXème siècle.
H. 34.5, diam. 12 cm et H.31.5 – L. 13 – P.13 cm env. (en l’état)
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Par Hôtel des Ventes Victor Hugo à Eguilly
le 13/05/2023 : Petite épée à clavier. L. 67 cm. Sans fourreau. Piqures. Voir le lot
Mélange d’époques en Normandie
Le second château, situé en Normandie, était aménagé bien différemment. Plus contemporain certainement puisque des tableaux et des sculptures très modernes figurent parmi les 147 lots de la vente live only du 16 mai [Ndlr. Live only signifie que la vente se tiendra exclusivement en ligne].L’étude Gros & Delettrez a sélectionné pour les pièces modernes un ours polaire stylisé en poudre de marbre (15 000 à 20 000 euros), une composition abstraite d’André Lanskoy (3 000 à 5 000 euros) ou encore un tapis en laine vivement coloré d’après Fernand Léger (2 000 à 4 000 euros). Dans ce château situé à proximité de Brionne, elles côtoyaient des éléments plus classiques : un cabinet en bois noirci plaqué d’écaille rouge et de laiton, travail anversois du XVIIe siècle (3 000 à 5 000 euros) ou cartel d’applique et sa console en vernis Martin d’époque Louis XV (3 500 à 4 500 euros).
Par Gros & Delettrez à Paris
le 16/05/2023 : Importante sculpture de jardin représentant le brame du cerf.
Métal patiné brun vert
accident à une oreille et un bois refixé Voir le lot
Par Gros & Delettrez à Paris
le 16/05/2023 : L’enlèvement d’Hélène
Bronze ciselé à patine brune représentant Pâris s’emparant d’une d’Hélène reposant sur une base circulaire.
Fin du XIXe siècle.
Repose sur un socle cylindrique en bois mouluré et cannelé.
Sculpture. H : 140 cm – D : 47 cm
Socle. H : 65 cm – D : 58 cm Voir le lot
Par Gros & Delettrez à Paris
le 16/05/2023 : Ecole Moderne
Ours polaire marchant
Important sculpture en poudre de marbre
H : 130 cm – L : 254 cm – P : 60 : cm Voir le lot
Par Gros & Delettrez à Paris
le 16/05/2023 : André LANSKOY
(1902-1976)
Composition abstraite dans les tons rouge, rose blanc et jaune sur fond bleu
Gouache sur papier signée en bas à droite
59 x 46 cm à vue. Petits manques Voir le lot
Par Gros & Delettrez à Paris
le 16/05/2023 : Benjamin BORVON (1982) dit Monsieur Jamin
Composition aux personnages
Technique mixte sur toile, signée et datée 2017 en bas à droite
Dimensions hors tout : 212 x 148 cm Voir le lot
Par Gros & Delettrez à Paris
le 16/05/2023 : Louis ANQUETIN (1861-1932)
Vénus désarmant l’amour
Huile sur toile signée et datée 1926 en bas à gauche
Dimensions hors tout : 228 x 201 cm Voir le lot
Par Gros & Delettrez à Paris
le 16/05/2023 : Emile OTHON-FRIESZ (1879-1949)
Baigneuse sur la plage “Le Mont Joli”, Honfleur
Huile sur toile, signée en bas à droite
60 x 73 cm
Bibliographie: Robert Martin et Odile Aittouarès, Catalogue raisonné d’Othon Friesz, L’oeuvre peint, Edition Aittouarès, Paris, 1995, reproduit p. 103.
Un exemplaire de l’ouvrage sera remis à l’acquéreur,
Provenance: Ancienne collection de M. Brummel – Vente Me Ketterer, Münich, 30/11/1992. Voir le lot
Par Gros & Delettrez à Paris
le 16/05/2023 : Bureau plat en placage de satiné et bois de violette ouvrant par trois tiroirs en ceinture, ornementation de bronzes rocailles soulignant des pieds cambrés et les tiroirs. La plateau légèrement violonné à ecoissons en coquille.
Style Louis XV, époque XIXe siècle
H : 75 cm – L : 151 cm – P : 73 cm Voir le lot
Par Gros & Delettrez à Paris
le 16/05/2023 : Important cartel d’applique et sa console en vernis martin à décor polychrome de fleurs et de la fable de la Fontaine le loup et l’agneau sur fond vert. Riche ornementation de bronze doré avec rocailles et volutes d’acanthes. Cadran partiellement émaillé blanc.
Epoque Louis XV
140 x 60 cm Voir le lot
Par Gros & Delettrez à Paris
le 16/05/2023 : Cabinet en bois noirci, placage décaille rouge et filets de laiton ouvrant par deux vantaux dévoilant huit tiroirs une porte encadrée de demi-colonnes corinthiennes cachant un théâtre à fond miroir devant un damier. Il repose sur quatre pieds tournés.
Travail anversois du XVIIe siècle
162 x 100 cm Voir le lot
Par Gros & Delettrez à Paris
le 16/05/2023 : d’après Fernand LEGER
Tapis en laine polychrome à décor d’une composition florale
206 x 249 cm Voir le lot