La maison de vente Oxio présentera le 30 novembre 122 lots issus d’une collection privée des bords de Marne, rassemblée par un couple de passionnés. Avec une section sculptures particulièrement fournie.
« Ce couple a consacré une quarantaine d’années à rassembler ces œuvres, qui vont des bronzes aux peintures anciennes et modernes, en passant par les verreries Art nouveau ». Le commissaire-priseur François Bounie dispersera le 30 novembre un ensemble de 122 pièces rassemblées par un couple de passionnés installé sur les bords de Marne.
L’Allégorie des saisons, une rare suite d’épreuves en bronze par Joseph Chaumet
Dans cette collection, il signale tout particulièrement une suite de quatre épreuves en bronze ciselé par Joseph Chaumet (1852-1928) et représentant les quatre saisons (40 000 à 60 000 euros). « C’est exceptionnel d’avoir toute la série ! J’ai retrouvé des photos anciennes de l’Hôtel particulier Chaumet où elle était installée, mais en ventes aux enchères ces sculptures passent en général une par une ». Joseph Chaumet est davantage connu pour ses bijoux, il est l’héritier de la maison qui porte son nom. Son travail de sculpteur au début du XXe siècle portait principalement sur les figures féminines élancées, allégories et thèmes mythologiques. Mais il s’agissait en général de petites séries de bronzes, destinées à une clientèle fortunée.
A l’arrière-plan. Joseph (Jean-Baptiste, dit) Chaumet (1852-1928). Allégorie des quatre saisons Le Printemps, L’Eté, L’Automne, L’Hiver? Rare suite de quatre épreuves en bronze ciselé, à double patine dorée et argentée. Estimation : 40 000 – 60 000 euros.
Le couple de collectionneurs ne s’est pas arrêté à cet ensemble pour les sculptures, manifestant un intérêt soutenu pour les pièces de grande taille : une Joueuse orientale de harpe par Louis Hottot (1834-1905) de 1,21 mètre de haut (8 000 à 10 000 euros), une épreuve en bronze de Janissaire par Jean Didier Debut (1824-1893) de 91 cm (4 500 à 6 000 euros), ou pour la pierre une Baigneuse à demi-nue école italienne de 1,78 mètres, en marbre sculpté (6 000 à 8 000 euros).
Louis Hottot (1834-1905). Joueuse orientale de harpe Épreuve en bronze à deux patines, signée sur la terrasse. H. 121,5 cm – L. 49,5 cm – P. 39,5 cm. Estimation : 8 000 – 10 000 euros.
Des tableaux orientalistes de Clairin et Lazare-Lévy
Du côté des tableaux, retenons Le repas de famille, attribué au Maître des jeux (XVIIe siècle) et estimé entre 6 000 et 8 000 euros : « il est intact, avec son cadre d’origine, et de bonne taille, cette toile suscite déjà de l’intérêt », souligne François Bounie.
Attribué au Maître des Jeux (actif en France vers 1645 – 1655). Le repas de famille. Huile sur toile, cadre en bois et stuc doré d’époque, XVIIe siècle. H. 89 cm – L. 114,5 cm. Estimation : 6 000 – 8 000 euros.
Quelques toiles illustrent le goût de ces collectionneurs pour l’orientalisme, notamment un Marché orientaliste de Lazare-Lévy (1 000 à 1 500 euros) ou une Sortie de fête en Andalousie par Georges Clairin (8 000 à 12 000 euros). Cet artiste était un voyageur passionné qui a visité le Maroc, l’Espagne et l’Egypte, dont il a rapporté de nombreuses toiles. Il est également connu pour les nombreux portraits qu’il a réalisés de son amie, la comédienne Sarah Bernhardt.
Par Oxio à Saint-Ouen-sur-Seine le 30/11/2025 : LAZARE-LÉVY (1867-1933). Marché orientaliste
Huile sur toile, signée en bas à gauche
H. 46 cm – L. 61 cm
Note :
Lazare-Lévy, né en 1867 à Odratzheim en Alsace et mort en 1933 à Tunis, est un peintre français rattaché au courant orientaliste. Formé à la tradition académique, il s’intéresse très tôt à la lumière et à la couleur, qu’il explore lors de ses voyages en Afrique du Nord. Installé à Tunis à la fin de sa vie, il trouve dans les paysages et la vie quotidienne du Maghreb une source d’inspiration inépuisable. Ses toiles, souvent des huiles sur toile ou sur panneau, représentent des scènes de marché, des ruelles animées, des souks ou des cafés, baignés d’une lumière chaude et vibrante. L’artiste se distingue par un sens aigu du pittoresque et une observation attentive des gestes et des costumes. Son œuvre, à la fois réaliste et poétique, traduit la fascination de l’époque pour l’Orient, tout en témoignant d’un regard sensible et respectueux sur les cultures locales. Présent dans plusieurs expositions coloniales et salons parisiens du début du XXᵉ siècle, Lazare-Lévy incarne cette génération d’artistes voyageurs qui ont cherché à saisir la beauté et la vitalité des mondes méditerranéens. Voir le lot
Par Oxio à Saint-Ouen-sur-Seine le 30/11/2025 : Georges CLAIRIN (1843-1919). Sortie de fête en Andalousie
Huile sur toile, signée en bas à gauche
H. 93 cm – L. 120,5 cm
Restaurations et craquelure horizontale en partie basse
Provenance :
Vente anonyme, Paris, Tajan, 16 novembre 2001, lot 85, comme « Sortie de fête en Andalousie »
Note :
Georges Clairin, né en 1843 à Paris et mort en 1919, est un peintre et illustrateur français associé à la tradition académique et au courant orientaliste. Élève d’Isidore Pils et de François-Édouard Picot à l’École des Beaux-Arts, il s’est d’abord fait connaître par ses grandes compositions historiques et religieuses avant de se tourner vers des scènes plus intimes et des portraits mondains. Son style se caractérise par une touche élégante, un sens raffiné de la couleur et une atmosphère souvent théâtrale. Voyageur passionné, Clairin visita le Maroc, l’Espagne et l’Égypte, d’où il rapporta de nombreuses toiles exotiques imprégnées de lumière et de sensualité. Il est surtout célèbre pour sa longue amitié et collaboration avec Sarah Bernhardt, dont il réalisa de nombreux portraits emblématiques, capturant la grâce et la puissance de la célèbre actrice. Peintre mondain mais aussi sensible à la scène et au décor, Georges Clairin incarne la richesse artistique et l’éclectisme de la fin du XIXᵉ siècle, entre tradition académique et fascination pour l’ailleurs. Voir le lot
« Nous avons fait beaucoup de photos in situ de cette collection, afin de montrer sa cohérence esthétique, tout était très bien agencé », décrit François Bounie. Jusqu’à l’intervention très pop et colorée de quelques toiles par l’artiste contemporain Erro. L’artiste islandais est l’auteur de trois acryliques sur toile sans titre de 1998, 2014 et 2015, estimées entre 6 000 et 15 000 euros.
Cet ensemble est bien documenté, « le couple fréquentait les salles de ventes et les grands antiquaires, et ils ont été très méticuleux avec les documents, nous avons pu récupérer beaucoup d’éléments sur les provenances et attributions », se félicite le commissaire-priseur d’Oxio.