Le 19 août 2020 | Mis à jour le 4 septembre 2020

Débuter une collection de Street art aux enchères

par Diane Zorzi

Privilégier les artistes historiques en misant sur les multiples encore accessibles financièrement : découvrez les bons réflexes à adopter pour débuter une collection de Street art aux enchères, en alliant le plaisir au bon investissement.  

 

S’il explose ces dernières années, le marché du Street art, apparu il y a moins de dix ans, demeure encore instable et fragile. « C’est un marché qui évolue très rapidement et sur lequel nous manquons encore de recul », précise Guillaume Crait, commissaire-priseur au sein de la maison de ventes parisienne Crait + Müller. « Avec le Street art, nous sommes confrontés à une génération qui veut que tout aille vite. Les collectionneurs peuvent revendre une œuvre un, deux ou trois ans après l’avoir achetée si elle ne leur plaît plus. C’est un marché qui demande une certaine vigilance et pour lequel il faut particulièrement se méfier des effets de mode. » Faut-il privilégier les figures incontournables aux artistes méconnus, s’intéresser à la première plutôt qu’à la dernière génération et préférer les toiles aux lithographies ? Pour y voir plus clair et démarrer au mieux votre collection de Street art aux enchères, découvrez les bons réflexes à adopter.

 

Speedy Graphito. En attendant la vague, 2020. Digigraphie sur papier Canson. Impression estampillée, signée et numérotée 48/60. Dimensions : 40 x 30 cm. Mis en vente par Sadde, le 27 août 2020 à Dijon. Estimations : 300 – 400 euros.

 

Etudier patiemment les artistes et leurs œuvres

L’achat d’une œuvre d’art doit avant tout répondre à une exigence : le plaisir esthétique. Celui-ci peut aussi bien surgir instantanément devant l’œuvre que résulter d’un travail minutieux de recherches. Visiter les galeries spécialisées en Street art, scruter les ventes aux enchères, se familiariser avec les scènes Street artistes, particulièrement actives à Paris, Lyon, Montpellier ou Lille, sont alors autant de démarches qui assurent d’élaborer la collection la plus en adéquation avec ses propres goûts et aspirations. « Mais c’est surtout l’assurance de se détourner d’artistes qui, par opportunité, se sont récemment engouffrés sur le marché du Street art, sans entretenir de véritables liens avec la rue, fait remarquer Guillaume Crait. A ceux-là, préférez les artistes qui ont une actualité urbaine pérenne. Nombre de Street artistes peignent encore sur des murs et sont invités dans des shows organisés partout dans le monde. »

 

Cosmos, « Pull up », technique mixte, acrylique sur toile, 146×114 cm, 2019. Adjugé à 4 000 euros par ArtPrécium le 25 juin 2020 à Paris.

 

Privilégier les artistes référencés à l’international

S’il est difficile de faire le tri tant le nombre d’artistes auto-proclamés « urbains » est important, les figures incontournables du mouvement que sont Banksy, Jon0ne, Speedy Graphito, Space Invader ou Vhils, restent des valeurs sûres sur lesquelles tout collectionneur, désireux de concilier le plaisir à l’investissement, peut se reposer. « Si l’on souhaite investir au mieux dans le Street art, je conseille de miser sur ces grands noms historiques, issus des premières générations. Ces artistes sont bien référencés, installés sur le marché international, et leur cote, bien que déjà élevée, ne cesse de croître et devrait encore progresser.»

 

JonOne. Blanche. Sérigraphie sur papier signée et numérotée sur 350 exemplaires. Dimensions : 75 x 75 cm. Mis en vente par Sadde, le 27 août 20020 à Dijon. Estimations : 1 800 – 2 000 euros.

 

Miser sur les multiples d’artistes historiques

Pour acquérir une œuvre de l’une de ces figures historiques du Street art, il n’est pas nécessaire d’être millionnaire. Quelques dizaines d’euros peuvent suffire à acquérir une œuvre d’un artiste de renom si l’on se tourne vers les multiples tels que les sérigraphies et lithographies d’artistes. « Il faut alors faire attention à l’état, mais surtout vérifier que l’édition est numérotée et signée de l’artiste. Aux enchères, ces informations sont précisées au sein des descriptifs de ventes et sont garanties par les commissaires-priseurs. » Le prix d’une édition varie alors en fonction du nombre d’exemplaires produits, un tirage limité (de 25 à 50 exemplaires) étant plus recherché qu’un tirage à plus de 200 exemplaires, mais aussi en fonction de la cote d’un artiste. « Ces éditions sont de plus en plus recherchées et sont vouées à terme à faire de plus beaux prix. Cet effet s’est vérifié pour des artistes contemporains bien établis comme Pierre Soulages, dont les estampes valaient autour de 3 000 euros en 2015 et dépassent désormais les 10 000 euros. » Aussi est-il intéressant de revendre ses multiples à mesure que la cote grimpe, pour investir finalement dans une toile signée de l’une des têtes d’affiche.

 

[Image en une : Jon0ne. Bride an Booker, 2015. Acrylique, huile et encre sur toile. Dimensions : 100 x 95 cm. Mis en vente par Toledano, le 19 août 2020 à Arcachon. Estimations : 15 000 – 18 000 euros.]

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